Paroles de Détour Australien

Il y a quelques semaines de cela, j’ai reçu un mail intriguant, en provenance d’un voyageur souhaitant lier mon blog au sien et me demandant pour ce faire de lui envoyer un petit portrait.

Je me suis plié au jeu et, curieux, en allant voir « un peu plus loin », j’ai tout de suite compris que je tenais là mon prochain interviewé !

De par la dimension humaine de son projet, son implication, sa destination et la qualité des échanges que nous avons eu, c’est aussi humble que fier que j’accueille aujourd’hui, le septième invité de « Paroles de… »: Sébastien de Détour Australien !

La présentation

Bonjour Sébastien, pour commencer, le classique: mais qui es-tu ?

Avant de répondre aux questions, je souhaite sincèrement te remercier pour l’intérêt que tu portes à mon projet et pour cette apparition dans « Paroles de… », j’avais suivi les six premiers et cela me fait plaisir de faire partie de l’un des portraits alors un grand MERCI à toi!!!”

“Sébastien, 26 ans, vivant à Toulouse.

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Après mon DUT Techniques de Commercialisation en poche, mon université m’a  proposé de partir un an en Écosse pour assister les professeurs qui y enseignent le français.  C’était très sympa et intéressant, je travaillais quatre jours par semaine avec une rémunération plutôt convaincante.  Il me restait donc les trois autres jours de la semaine à occuper.

J’ai commencé par aller un peu partout en Grande-Bretagne, les Highlands écossais, les terres irlandaises, Liverpool, Manchester, Londres etc…

C’est là, je pense, que j’ai commencé à sécréter et consommer sans modération la drogue du voyage. N’étant toujours pas rassasié, je me suis installé dans les avions pour voir un peu l’Europe.  D’abord la Belgique, puis la République Tchèque, l’Allemagne, le Luxembourg, la Pologne et l’Espagne.

A mon retour en France en 2007, j’ai eu beaucoup de mal à revenir à la vie Frenchy : métro, boulot, dodo. J’ai quand même réussi à obtenir un job dans l’hôtellerie. Cela devait rester alimentaire, mais aujourd’hui, je suis toujours dans la même entreprise.

Pendant ces quatre années et demi, j’ai tout de même profité de mes congés pour continuer à découvrir le monde : Grèce (2010), Italie (2010), Belgique (2010), Inde (2011), Espagne (2011), Canada (2012), Portugal (2012), Thaïlande (2012)…

Aujourd’hui, j’ai besoin de repartir, de voir le monde, de me ressourcer à travers lui, rencontrer de nouvelles personnes, voir des paysages, des cultures différentes  de la mienne et de me sentir utile…

L’heure a sonné !

Le voyage

Et ensuite, on verra où les rencontres m’amèneront…

Comment as-tu découvert le WHV et pourquoi l’Australie ?

Dans mon entourage, deux personnes ont tout plaqué pour partir à l’aventure. Ces deux personnes ont utilisé le principe du WHV. J’ai donc opté pour la facilité avec ce visa.

J’ai hésité entre deux pays : le Canada et l’Australie. Étant déjà allé au Canada, je me suis dit : « Et pourquoi pas l’Australie ? » En pesant le pour et le contre, tout allait dans le sens australien : le climat, l’histoire, les peuples, la culture, les connaissances et surtout… il n’y a pas de quotas pour les visas vacances-travail. En choisissant l’Australie, je savais déjà que mon projet pourrait aboutir.

De plus, je cherchais un pays anglophone pour continuer à cultiver et apprendre encore plus l’anglais tout en travaillant.

Où en es-tu actuellement des préparatifs “purs” de cette aventure (billets, itinéraire…) ?

A l’heure de Paroles de…, je n’ai pas encore pris mon billet d’avion, ni le visa. Sachant que mon départ est pour 2014, je crois avoir encore le temps. Ces achats se feront fin 2013. Pour le moment, je finalise les partenariats qui seront les fondations de mon projet.

Niveau matériel, j’en ai déjà acquis une bonne partie grâce à mes précédents voyages. Le reste est en cours d’achat.

Niveau travail, j’ai déjà des pistes intéressantes grâce à mes connaissances australiennes ce qui m’enlève une bonne part de stress et qui m’assure une douce arrivée à Melbourne 🙂

Sais-tu déjà pour combien de temps tu vas partir ?

Exactement ?  Non. Pour le moment je pars sur une base d’un an minimum, faut rentabiliser le visa jusqu’au bout.  Ensuite, je pense faire un deuxième WHV pour rester en Australie, y travailler et faire des voyages d’un mois ou deux en Asie. Et ensuite, on verra où les rencontres m’amèneront.

 As-tu déjà une idée d’itinéraire ?

J’ai déjà commencé à feuilleter les guides LP et Routard et bien sur PVTistes.net et Australie-Australia pour me faire un tracé de route. J’atterirai à Melbourne où mes amis m’accueilleront pendant les premiers mois et où je travaillerai. Melbourne est aussi le siège où se déroulera la majeure partie de mon projet avec les enfants. Ensuite j’irai tel un vagabond vers l’Est pour longer tout le Nord et resdescendre par l’Ouest.”

Le projet

On est tous plus ou moins touché par la maladie autour de nous. Que l’on soit enfant ou adulte, personne n’est épargné. Aussi, pour ce nouveau projet, j’avais envie, encore une fois de m’adresser aux enfants qui sont touchés par le cancer.

Contrairement à beaucoup d’autres voyageurs, ton aventure est axée autour d’un projet médical. En quoi consiste-il ?

Pour la petite anecdote, faisons un petit flashback sur une ancienne expérience:

En 2007, à la fin de mes études, j’ai organisé un projet auprès des enfants de l’hôpital de Tarbes.

Ces enfants étaient tous en rémission et certains étaient revenus de loin.

Ce projet était d’organiser une journée entière, en dehors de l’hôpital, afin de leur apporter quelque chose de nouveau, quelque chose qui leur apporterait un sourire. Nous avons pris le train depuis Tarbes jusqu’à Biarritz où nous sommes allés visiter le musée de la mer, avons pique-niqué sur la plage et nous avons fait le tour de Biarritz en petit train. Le retour en train s’est fait en fin d’après-midi. Ce fut des choses simples mais qui, pour eux, ne l’étaient pas. Et le bonheur peut parfois se résumer à peu de choses.

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A la fin de la journée,  j’ai demandé aux parents (qui accompagnaient leurs enfants) si les bambins avaient aimé cette excursion. Un des parents m’a remercié pour avoir dessiné un sourire sur le visage de son enfant, chose qu’il n’avait pas vu depuis deux ans.

L’ensemble de ce projet a été financé grâce à des dons des particuliers et entreprises comme la SNCF, Bouygues Telecom, la ville de Biarritz … L’ensemble des dons restants ont été envoyés au Téléthon pour aider à la recherche de soins pour les enfants atteints de maladies orphelines.

On est tous plus ou moins touché par la maladie autour de nous. Que l’on soit enfant ou adulte, personne n’est épargné.

Pour ce nouveau projet, j’avais envie, encore une fois de m’adresser aux enfants qui sont touchés par le cancer.

A ces enfants là, j’ai d’abord envie de leur apporter un soutien moral, mais aussi de leur apporter un sourire.

J’ai d’abord contacté le CHU, l’Hôpital des enfants et l’APECO (Association de parents d’enfants cancéreux d’Occitanie) à Toulouse qui soignent et accompagnent les enfants atteints de cancer ou tumeur afin de leur expliquer mon projet. Ce dernier est passé en commission le lundi 13 mai 2013 et la rencontre avec l’équipe médicale se fait le 31 mai 2013.

Grâce à ce partenariat, je vais aller à la rencontre de ces enfants et leur expliquer mon projet. Ensuite, un petit film va être réalisé sur chaque enfant où ils décriront leur quotidien, ce qu’ils aiment, ce à quoi ils aspirent … Cette vidéo sera accompagnée d’une photo avec les coordonnées de chaque enfant.

Une fois en Australie, je ferai un échange de vidéos et coordonnées avec les enfants australiens via le CCIA (Children’s Cancer Institute of Australia), afin qu’ils puissent établir une correspondance.

Le but de ce projet est de favoriser l’échange franco-australien, de leur permettre d’apprendre une langue étrangère, de correspondre avec quelqu’un qui comprend ce que chaque enfant vit et bien sur d’apporter un sourire à chacun de ces visages.

En plus de cette action, j’enverrai des photos de mon périple australien aux enfants français de sorte qu’ils puissent voyager eux aussi et découvrir le pays de leur correspondant via mon voyage.

Pourquoi avoir décidé de thématiser ton WHV ?

 J’ai envie de me faire plaisir avec ce long voyage mais j’ai tout autant envie de me sentir utile et de le partager.

Pour résumer cette idée, je citerai Sœur Emmanuelle qui disait: « Le véritable amour, solide, durable, est celui qui cherche le bonheur des autres en même temps que son propre bonheur.»

Travailler avec des enfants atteints d’un cancer doit être émotionnellement assez compliqué. Comment gères-tu, personnellement, cette dimension particulière ? Es-tu préparé à cela ?

Ce qui est le plus difficile à gérer, c’est de ne pouvoir rien faire pour les guérir. Émotionnellement parlant, je me sers de ma carapace pour me protéger et surtout ne pas leur faire ressentir mes émotions. J’avoue qu’il est difficile, parfois, quand un enfant vous raconte son calvaire, qu’il vous dit qu’il souffre, de rester impartial et stoïque. Finalement on n’est jamais assez préparé!

J’ai déjà eu cette expérience avec les enfants de Tarbes, cela fut très dur au début et puis à force de les rencontrer, de partager des moments avec eux, vous vous attachez.

Devant leurs soins, leur maladie, leur détresse, la seule chose que je peux faire c’est d’essayer de leur donner un sourire, de leur faire penser à autre chose que leur quotidien d’où ce projet.

 As-tu un souvenir particulier que tu voudrais nous faire partager ?

Il y a beaucoup de souvenirs que j’aimerai vous faire partager donc il est dur d’en choisir un seul 🙂 Si cela est possible, j’aimerai faire ce partage en photo.

Pour l’anecdote, cette photo a été prise en Inde (2011) à Khajuraho, ville des temples Kamasutra. Mon partenaire et moi-même étions en train de se promener dans la ville et nous avons aperçu un parc dans lequel des centaines d’écoliers jouaient. On décide alors d’entrer dans le parc et de s’asseoir sur un banc. Même pas cinq minutes après, une horde d’enfants nous a rejoint. Voyant nos appareils, ils voulaient être pris en photo et voir le rendu. Ce fut l’un des meilleurs souvenirs indiens.

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Comment penses-tu concilier WHV, travail sur place et la menée à bien de ton projet ?

A mon arrivée à Melbourne, un travail m’attend déjà avec le logement. J’ai prévu de m’installer dans cette ville pendant trois à six mois pour gagner un maximum d’argent pour la suite du voyage mais aussi pour accomplir mon projet vu qu’une unité du CCIA est présente là-bas. Cela me laissera assez de temps pour faire la correspondance entre les enfants, travailler pour gagner assez d’argent et profiter de cette ville.

Enfin, concrètement, où en-es tu, à l’heure actuelle, dans la conception et l’avancée ?

Honnêtement, tout se déroule très bien pour le moment et les portes s’ouvrent sans même devoir les forcer. La rencontre avec l’équipe médicale en France a lieu le 31 mai 2013 et la rencontre avec les enfants devraient suivre sous peu. Le CCIA m’ouvre les portes de leur unité australienne et veut même me recruter pour ouvrir une branche française. Ils sont déjà présents à Hong Kong, aux USA, en Grande-Bretagne et en Nouvelle-Zélande et veulent s’étendre.

Financièrement parlant, je reçois déjà des dons de particuliers et entreprises voulant soutenir ce projet. Je pense donc que j’arriverai à combler les 13 000€ manquants.

Pour la communication via les médias, les portes s’ouvrent également et les articles devraient tomber sous peu.

Enfin pour le projet du site web pour les enfants, qui leur permettra d’apprendre l’anglais et le français, est également dans une bonne lancée. Il reste à obtenir le partenariat d’école de langue pour leur obtenir des cours gratuitement.

Le blog, la communication

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Chaque événement, chaque étape, chaque rencontre…. Tout sera centré sur le blog. Le but final est d’en faire une plateforme d’échange.

Pourquoi avoir choisi d’utiliser Wix pour ton blog ? Et au fait, pourquoi un blog ?

Je voulais trouver une interface qui soit facile d’utilisation, gratuite et qui me permet un bon référencement sur le web. Je n’ai pas de connaissance en HTML et autres pour faire un site.

J’ai testé sous différents fournisseurs mais seul wix m’a paru simple et clair et surtout qui ne me mange pas le temps que j’ai pour réalisé ce projet.

Pourquoi un blog? Avant, pendant, après l’aventure australienne, l’objectif est de rester en contact régulier avec la famille, les amis, les enfants et parents du projet et les globe-trotters du web qui suivent mon aventure.

Pour cela, Internet se veut être un vecteur de communication incontournable et mon blog « Détour Australien » est la vitrine sur le web de mon projet.

La question financière se pose forcément. Comment la prends-tu en compte ? Quelles sources utilises-tu ?

J’ai chiffré un budget annuel de 20 000€ grâce aux retours d’expériences de voyageurs en WHV en Australie avec le coup moyen par jour, le matériel nécessaire et les formalités administratives. Dans ces 20 000€ il y a déjà 6 000€ acquis par les économies actuelles à savoir qu’elles grandiront.

Les dons des particuliers et des entreprises se rajoutent au fur et à mesure ce qui diminue le montant restant à trouver. Et puisque je vais travailler en Australie, je devrai atteindre facilement le budget estimé voir le dépasser ce qui me permettra de prolonger 😀

Comment gères-tu toute la communication autour de cette opération ? Comment pouvons-nous t’aider ?

Avant de lancer ce projet,  je ne connaissais pas ou peu de choses sur la communication autour d’un projet. J’ai acheté des livres expliquant les méthodes à utiliser et comment créer un genre de “buzz” autour pour faire connaître ce projet.

A part le blog, une grande communication va être lancée par les journaux locaux et les journaux nationaux (en cours de négociation). De plus, des flyers vont être créés et distribués dans les principaux points touristiques toulousains et dans la région Midi-Pyrénées.

Une tombola va également être créée ce qui permettra de financer une partie du voyage mais aux gagnants de remporter des box plaisirs, détente, gastronomique….

Comment m’aider? Diffuser un maximum le blog et en parler autour de vous.

Envisages-tu d’utiliser le blog comme outil dans ton projet ou sera-t’il plus axé “Carnet de voyage” ?

Le blog est un véritable outil dans ce projet. dont il est la vitrine. Et il servira également d’interface pour l’accès aux cours de langue des enfants, l’accès aux photos, le suivi façon “carnet de voyage”.

Chaque événement, chaque étape, chaque rencontre…. Tout sera centré sur le blog. Le but final est d’en faire une plateforme d’échange.

Les mots de la fin

Si tu devais écrire quelque chose, maintenant, dont tu espères qu’il se réalisera pendant ton voyage ?

J’aimerai me retrouver intérieurement mais aussi professionnellement, pouvoir assister à une guérison complète d’un enfant et avoir ne serait-ce qu’un sourire en échange et j’aimerai être subjugué, surpris, étonné par toutes les choses que je verrai, par toutes les personnes que je rencontrerai.

Que pouvons-nous te souhaiter ?

Que ce projet aille au bout voir au delà, un bon voyage et la rencontre ultime!

Et je souhaite à tous de trouver le bonheur et le sens du mot heureux.

Le mot de la fin ?

Je terminerai par une citation de Mark Twain qui est ma philosophie de vie et qui résume bien mon départ et mon projet.

“Dans vingt ans, vous serez plus déçu par ces choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors larguez les amarres. Mettez les voiles et sortez du port ô combien sécurisant. Explorez. Rêvez. Découvrez. »

Mark Twain

 Et enfin, un grand MERCI à toi, Cédric! J’espère ne pas avoir été trop bavard. Merci à toi, Merci encore!

Retrouvez Sébastien et son superbe projet sur Facebook et Twitter !

2 thoughts on “Paroles de Détour Australien

  1. Très beau projet Sébastien. Je te souhaite d’aller au bout de celui-ci.
    Merci Cédric pour ce nouveau « Paroles de ».

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