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Voyage en Barbarie

Après quelques jours d’absence, dus principalement à un méchant bug du blog (Maj d’une appli’ qui a planté) et à quelques excursions dans les rades parisiens, je reviens en votre compagnie sur un sujet qui, vous le savez bien, me tient particulièrement à coeur (et bien plus encore…): la peine de mort et l’application de celle-ci aux USA.

Vous n’êtes pas, encore une fois, sans savoir que j’aime ce pays-continent, ses états, ses roadtrips légendaires et la variété de ses ressources. J’y ai fait quelques uns des plus beaux voyages de ma vie, rencontré des personnes incroyablement attachantes, parcouru ses états de l’Alaska au New Jersey et patati patata.

Mais il y aura toujours cette statistique me hérissant les cheveux, me faisant frémir les poils (peu nombreux) de mon dos et hurler devant mon pécé:

38 états dont la législation prévoit la Death Penalty, auxquels il faut ajouter l’armée et le gouvernement fédéral, ce qui nous fait donc 12 états l’ayant aboli (plus le district de Colombia).

A ce jour, 5 méthodes d’exécutions sont légales (ce qui ne signifie pas qu’elles sont appliquées, la nuance est de taille):

– Injection létale
– Pendaison
– Chaise électrique
– Chambre à gaz
– Fusillade

Avant d’entrer dans un peu plus de détails concernant ces méthodes, il faut savoir que l’injection létale est la méthode appliquée par défaut, sauf choix contraire du condamné. Ce qui nous amène à ce recensement suivant:

– L’Alabama, l’Arkansas, la Floride, l’Illinois, le Kentucky, le l’Oklahoma, la Caroline du Sud, le Tennessee et la Virginie, soit 9 états peuvent avoir recours à la chaise électrique.

– L’Arizona, la Californie, le Maryland, le Missouri et le Wyoming, soit 5 états, peuvent avoir recours à la chambre à gaz.

– Le New Hampshire et l’état de Washington peuvent avoir recours à la pendaison.

– Seul l’Oklahoma propose toujours la fusillade dans ses options.

Pour les condamnés par l’armée, l’injection létale est choisie d’office.

Le gouvernement fédéral se base en premier lieu sur l’état où été commis le crime et dans le cas où il s’agirait d’un état abolitionniste, le juge choisit alors un autre état (CQFD).

Il arrive, comble du délice, que ce soit au condamné lui-même de choisir la méthode de sa mise à mort, en fonction de la date du crime qui lui a valu sa condamnation.

Ainsi, pour exemple, au Kentucky, une condamnation échue avant le 31 mars 1998 donne le choix entre électrocution et injection, alors que le date du 15 novembre 1992 a été retenue en Arizona (gaz ou poison dans ce cas…).

Quelques (autres) chiffres:

– 1227 exécutions depuis 1976
– Plus de 130 personnes innocentées avant leur exécution
– 697 condamnées dans les couloirs de la mort californiens, ce qui en fait le Leader du classement.
– 463 exécutions au Texas depuis 1976, le fief des Bush et N°1 incontesté.
– 106 condamnations en 2009 contre 306 en 1998.
– 22 personnes exécutées alors qu’elles étaient mineures à l’époque des faits.
– 61 femmes condamnées, ce qui représente 1,9% du total.

Balade dans le glauquisme

Quelques recherches m’ont amené à atterrir sur les sites judiciaires de certains de ses états. Ces visites ont été surprenantes (pas sur que ce soit le bon mot mais bon…) et relativement instructives.

Ainsi, le Texas Department of Criminal Justice propose à la consultation une fiche par exécution (qui, quoi, comment) avec les dernières paroles consignées (Last statement). Énormément de “I am ready Warden”, “You’re killing an innocent”, “No need to speak”, “Thanks Lord, I have faith”. On note la récurrence des propos religieux, des changements pendant les quelques dix années passées en moyenne dans l’attente de la décision finale (ou de la grâce, bien que ce ne soit pas arrivé souvent au Texas).

A voir également sur le même site les statistiques moyenne des condamnations: année, conté, genre (femme/homme), raciales (blanc, noir, hispanique), nationalité et les prochaines dates d’exécutions. On y trouve aussi une page modestement intitulée Death Row Facts pour ceux qui veulent tout savoir sur la Peine de mort texane: les plus jeunes condamnés, les plus vieux, le délai le plus court entre jugement et application d’icelui, l’âge moyen (39 ans), la composition de l’injection létale, le coût de ces produits (86 dollars) et ainsi de suite.

Mes errances sur la toile m’ont également amené à consulter le site de l’Ohio.

Ce charmant site met à disposition des visiteurs de bien forts intéressants documents, à savoir les rapports de la Commission des grâces, destinés à conseiller l’Honorable Gouverneur sur le choix de gracier ou non un condamné. On y trouve un résumé de l’affaire, l’entier casier judiciaire du larron, les explications détaillés de la commission, des copies de mails envoyés par des gens (directement associés à l’affaire: famille du condamné, de la victime…). C’est assez instructif sur la démarche amenant un groupe de 7/9 personnes à décider de la vie ou de la mort d’une personne – sachant que l’avis émis est suivi dans quasiment 100% des cas.

EDIT: Comme quoi je suis mauvaise langue: Ted Strickland, l’Honorable en charge de la gouvernance de l’Ohio a accordé sa clémence à Kevin Keith, malgré l’avis unanime de la Commission de laisser la Justice suivre son cours (document ici, source de la news via peinedemort.org ici).

Pour information, vous vous rappelez probablement que c’est en Ohio que l’exécution de Romell Broom avait viré au fiasco absolu (regardez les liens dans l’article).

C’est sur ce retour en arrière que je boucle ce petit rafraichissement de mémoire, sans oublier de citer ma source principale d’informations (et d’où sont issus bon nombre des chiffres):

Death Penalty Information Center (english only !)