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Viens là que je te manipule…

Petite leçon de manipulation journalistique ou comment gagner un Godwin avant même le début du débat

Le titre de l’article: Pour la réalisatrice de la La Rafle, tous ceux qui ne pleurent pas devant son film sont des nazis

Premier paragraphe (celui qui nous intéresse):

“Rose Bosch est sans doute allée trop loin. En pleine promo du DVD de La Rafle , la réalisatrice a eu des mots très durs envers les spectateurs qui n’auraient pas pleuré devant son film : “Je me méfie de toute personne qui ne pleure pas en voyant le film explique-t-elle au magazine Les Années Laser. Il lui manque un gène : celui de la compassion”.

Aucune utilisation du mot nazi n’est ce pas ? Peut-être tout au plus l’impression que ces personnes seraient insensibles, dénuées de tout sentiment humain.

Mais attendez, le journaliste (ça me pèse d’utiliser ce mot pour définir l’auteur de ce truc) a un avis à donner:

“En gros, pour Rose Bosch, ceux qui ne pleurent pas seraient donc des nazis.”

Et voila. Fermez le ban, la messe est dite, le débat est conclu.

Plus loin, par contre, un parallèle déjà beaucoup discutable sur lequel je ne me prononcerais pas (mais qui, pour le coup, est vraiment une position alakon…).

Je n’allais quand même pas priver le public de ces émotions fortes et justes ! On pleure pendant La Rafle parce que… on ne peut que pleurer. Sauf si on est un « enfant gâté » de l’époque, sauf si on se délecte du cynisme au cinéma, sauf si on considère que les émotions humaines sont une abomination ou une faiblesse. C’est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisse-froid rejoignent Hitler en esprit, non ?”.

La source: Première. fr
PS: Lisez les commentaires, ils valent aussi leur pesant de cacahouètes…