temps de lecture: 3 mn

Rencontres parisiennes

Point encore de roadtrip à l’horizon vu que je suis paumé dans mes mémoires (qui paraitront un jour à la Pléiade – enfin je l’espère !) mais bel et bien un post sur Paris la ville Joker, capable du meilleur comme du pire (même si des fois c’est dans le pire qu’elle est la meilleure, dixit The unknown !).

Mardi soir dans le métro

Je comate tranquillement sur le quai, mon bouquin de S.King à la main, attendant que le métro daigne arriver, jour de grève obligeant ! M’appuyant sur le mur pour assurer la verticalité de ma position (la France venant de battre la Bosnièretgovine, nous avons fêté ça…), je jette de temps à autres un vague regard sur mes comparses de transport lorsque mon oeil accroche la blondeur platinée d’une quinquagénaire rutilante qui n’était autre que ma voisine de siège… trois heures plus tôt. Je souris, elle souris (va savoir pourquoi) puis me balance un truc en anglais et rigole avec ses deux amis en disant en substance, “que je n’avais pas du comprendre”.

L’air narquois, je m’approche et lui répond de mon plus bel anglais que j’avais tout à fait compris et que je pouvais me faire fort de les renseigner si le besoin existait. Légèrement confuse, elle m’a expliqué de suite dans un français très correct qu’elle était canadienne, qu’elle venait de lire le même livre que moi en anglais et patati patata.

S’en est suivi une grosse vingtaine de minutes de discussion d’où il est sorti qu’elle et ses deux amis québécois étaient en vacances en France, que j’étais fou d’avoir été vivre à Whitehorse, que les femmes françaises sont belles, que la Poutine ne fait pas partie de la tradition culinaire québécoise, que le métro parisien est un vrai bordel et qu’il vaut mieux prendre sa voiture, que les français sont de vrais chauffards – mais pas pire que les québécois a-t’elle convenu et plein d’autres belles choses.

Bref, j’ai bien rigolé et cette rencontre canadienne impromptue m’a redonné deux jours de sourire, sans ordonnance !

Mercredi en fin d’après-midi

Nous cherchons avec mon Davidoo un livre quelconque à acheter du côté de Boulinier lorsque je vois un monsieur d’un certain âge galérer pour remettre un bouquin à sa place. Fort civilement, je l’aide rapidement, ce qui me vaut de sa part un discours classique de remerciement sur les jeunes.

Jusque là, rien d’anormal.

Ca a commencé à devenir plus surprenant lorsqu’il a commencé à me parler du scandale des grèves, ce qui a fait fuir Davidoo de par ailleurs.

Ca a tourné au surréaliste lorsqu’il a enchainé sur Mr De Gaulle, ce cuistre éhonté ayant trainé la France dans la boue et qui est crevé, car j’utilise le mot crevé pour designer sa mort, un homme comme lui ne mourant pas mais étant destiné à crever – et dont le seul mérite était de sentir le franc de loin et d’être capable de l’accaparer.

Autant la première partie de son discours/monologue était intéressante – le monsieur était âgé de 80 ans et me parlait de l’appel du 18 juin que personne ou presque n’a entendu en live à l’époque – autant il a commencé à virer bizarre avec cette première attaque puis au franchement mystique quand est venu le temps des jeunes qui ne cherchent plus de nos jours à écouter la BBC.

J’ai finalement très fortement pensé à tourner les talons avec l’évocation du régime de Vichy, de ses relations secrètes avec Londres et du travail considérable effectué par le Maréchal Pétain, qui a été le dernier président d’un gouverment démocratique, le dernier de la IIIème république. Il m’a d’ailleurs invité à effectuer, si le coeur m’en disait, des recherches sur le sujet et à m’inscrire au mouvement pour la restauration de la mémoire dudit Maréchal.

Je n’ai pas eu le courage de rentrer dans une discussion démago-polito avec ce monsieur resté vivre dans une certaine époque mais j’ai été (désagréablement) surpris de voir des résurgences d’un autre âge exister encore de nos jours…

Bref (encore), deux rencontres, deux histoires, pile ou face, c’est Paris bigoût, Paris la belle, Paris la malsaine !