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Utrecht, la dolce città

Explorations familiales, citadines et Utrechtoises (et un guide pratique)

Il y a des logiques qui ne s’expliquent pas, qui ne peuvent être comprises que par ceux qui les façonnent. Ainsi, pour notre premier voyage aux Pays-Bas, nous n’avons pas mis les pieds à Amsterdam. A la place, un seul nom sonnait à toutes volées et revenait, encore et encore, au cœur de nos discussions et de nos projets : Utrecht. Pourquoi donc Utrecht et non pas Amsterdam, Rotterdam, Eindhoven ou la Haye ? Tout simplement parce que, en une époque immémoriale, l’unique et magnifique #DeT est venue en ces lieux traîner ses guêtres universitaires l’espace de quelques mois. Rendue toute nostalgique par ces souvenirs et le temps passé, elle voulait nous faire partager cette ville, nous la faire explorer à l’aune de son vécu. Elle le voulait, nous le voulions et nous le fîmes donc, en famille. Utrecht, en famille et en douceur, c’est ici et maintenant !

Utrecht, kesaco ?

Sise aux Pays-Bas, à une vingtaine de minutes de Rotterdam en train, Utrecht (prononcez Hutrèèèèètre) est une charmante ville habitée par 344 384 âmes (en juin 2016), capitale (officieuse) du vélo et (officielle) de la province éponyme, parcourue par de paisibles canaux et dotée d’un nombre impressionnant d’attractions diverses et variées qui en font un lieu de villégiature idéal si, tout comme nous, vous trimbalez des enfants dans vos valises de par le monde (avec des trous pour l’aération, n’est-ce pas). Facile d’accès en transport en commun, Utrecht se découvre très aisément à pieds le temps de quelques jours. On y trouve suffisamment de choses à faire pour que tout un chacun y trouve son intérêt, quelles que soient les raisons (avouables ou non) de son séjour !

Utrecht, la dolce città

Découvrir Utrecht, c’est être happé dès l’arrivée à la Gare par la folle frénésie cycliste, avec ce parking des Géants, ce garage des Titans, où sont offertes pas moins de 12 500 places, destinées aux 43% de voyageurs qui arrivent et repartent en vélo de là. C’est prendre pleinement conscience de la possibilité d’une autre Ville, où les moteurs ne sont pas rois et où les déplacements doux sont un mode de vie avant d’être un argument politique de bon aloi. C’est également être frappé par la rupture entre l’architecture moderne entourant la gare et les vieilles pierres du centre historique, qui cohabitent toutes deux sans que la transition ne soit trop tranchante, trop violente, trop marquante.

La Dolce Vità à l'hollandaise, c'est Utrecht, c'est la Dolce Città, la ville où il fait bon se la couler douce.

Tout comme ses amies de Flandre, Utrecht ne révèle sa beauté historique et patrimoniale qu’à ceux qui prennent le temps de marcher, de se promener, d’explorer. Il faut savoir se perdre dans les ruelles pavées, suivre les méandres des canaux, au gré des envies, des panneaux, de l’instinct. Chaque nouveau croisement est susceptible d’amener vers de nouvelles beautés, de nouvelles surprises, de nouveaux rires. J’aime ce désordre urbain un peu désuet, où il fait tellement bon se planter de chemin, les yeux levés au ciel et les narines humant l’air du temps. Avancer tout doucement, pas à pas, en essayant de ne pas trébucher sur les pavés inégaux, pencher la tête pour décrypter les indications, sourire devant des scènes de la vie quotidienne : comme bien souvent, leur banal est (un petit peu) mon exceptionnel.

Exceptionnelle, Utrecht l’est sans aucun doute. Les discussions avec #DeT, enjouées et pleines de promesses, avaient dessiné une ville festive, jeune, riante et insouciante. J’ai trouvé, en même temps, cette insouciance tant vantée, aux côtés d’un calme bienvenu. Il suffit de s’éloigner un petit peu, la nuit venue, pour voir cohabiter toutes les facettes de la Vie nocturne, entre bandes de jeunes en goguette, refaisant mille et fois le monde et familles se promenant main dans la main, avec l’Amour en bandoulière et les enfants dans les bras.

La Dolce Vità à l’hollandaise, c’est Utrecht, c’est la Dolce Città, la ville où il fait bon se la couler douce. Une parenthèse enchantée, quelques lignes vierges à écrire tout calmement dans le Grand Livre du Voyage.

[Galerie d’Instantanés]

Les anecdotes de #DeT au gré des rues. La montée du beffroi en solitaire. Un simulateur de chemin de fer qui fait pleurer Fils. Le même fils endormi pendant la croisière sur les canaux. Un débat enflammé au restaurant sur le fait de laisser une enfant commander un plat adulte en sachant qu’il ne sera pas fini. Des gens qui courent en portant des cartons immenses pour une émission de télé. Un parking à vélo d’une taille hallucinante. Les retrouvailles de #DeT et d’une vieille amie. Se perdre la nuit en essayant de suivre un parcours Street-Art. Sentir des effluves étranges sur une pelouse et se dire que l’herbe est plurielle. Expliquer, à mots choisis, la déportation à Pitchoune au musée des locomotives, devant un wagon. Regarder la vie défiler, en ayant Fils dans les bras. S’émerveiller d’une architecture futuriste. Lever les yeux de plus en plus haut à l’approche du Beffroi. La vie citadine hollandaise le long des canaux : s’imaginer y vivre, siroter un verre entre amis tout en regardant passer les bateaux. Essayer de compter les vélos et perdre le fil en deux minutes. Admirer une ville où la voiture ne règne pas. Les sourcils circonspects de #DeT quand elle s’aperçoit que certaines choses ont changé, malgré ses souvenirs. La foule le long des canaux, jeune, festive, folle. Une glace léchée tout en admirant quatre fous sur une bouée. Un saxophone qui égrène ses notes dans la nuit, comme un fil d’Ariane à suivre pour mieux se perdre. #DeT arrêtée dans la rue, le regard perdu sur un lieu quelconque pour nous mais précieux pour elle, dont nous n’aurons pour explication qu’un sourire nostalgique accompagné d’étoiles dans les yeux. Le hollandais, purement et simplement indéchiffrable. Les hollandais, ce peuple bilingue.


Utrecht en famille : le Guide Pratique

Comment aller à Utrecht ?

En Thalys (ou en voiture, vélo, autostop…) depuis Paris puis en train régional hollandais. Efficacité garantie ! Le réseau ferroviaire hollandais est pratique, pas cher et très facile à emprunter. 

Que faire à Utrecht ?

La plus simple et la plus évidente des activités utrechtoises est limpide : se promener, encore et encore. Suivez les canaux, empruntez les chemins de traverses, laissez-vous guider par votre instinct. Cela ne coûte rien et la diversité architecturale de la ville saura occuper quelques précieuses heures (supposément) creuses. Le centre historique n’aura cesse de vous surprendre et, si d’aventure vous étiez lassés, il ne tient qu’à vous de profiter des innombrables bancs, terrasses et autres pour vous reposer ! Une fois apaisée votre soif de marche, peut-être aurez-vous envie d‘aller parcourir l’offre culturelle locale. Tirées de notre expérience sur place, voici quatre recommandations très, très fortement recommandées pour les familles:

1) Le Museum Speelklok

Une incroyable collection d’instruments de musique (parfois) centenaires qui jouent d’eux-même, cela vous dit ? C’est ce que vous allez découvrir dans ce grand musée où résonnent sans cesse les notes les plus gaies, les plus folles. Avec des écouteurs et une carte spéciale (à insérer un peu partout), vous allez faire un immense voyage musical à travers le temps et les sons. Les enfants ont adoré la variété des instruments, la possibilité d’en manipuler certains (dans des ateliers dédiés) ainsi que la création d’une bande perforée pour orgue de barbarie, pour un morceau forcément unique (ou horrible, comme le mien). C’est spectaculaire, coloré, plein de vie et ça donne le sourire aux grands comme aux petits !

2) Le SpoorWegMuseum

Un musée de chemin de fer, avec un guichet dans une (ancienne) gare bâtie en 1874 et où on va (justement) en train (via une ligne dédiée), cela vous dit ? C’est exactement ce que vous allez découvrir dans ce qui fut l’activité préférée de Fils : le Musée du Chemins de Fer d’Utrecht. Grand, très grand même, avec une vaste partie intérieure et (une toute aussi vaste) partie extérieure, richement doté en matériel, le musée mérite vraiment que vous y consacriez (au moins) une bonne demie-journée, ne serait-ce que pour faire le tour de toutes les attractions

Au programme des réjouissances : d’innombrables zones dédiées chacunes à un univers spécifique. Ainsi, vous voyagerez dans le temps, découvrirez les monstres d’acier d’antan, ferez de vrais petits tours de (petit) train, apprendrez l’Histoire des chemins de fer, conduirez (virtuellement) une locomotive dans un scénario un peu fifou et très lolilol (©Solcito), quoique effrayant pour les plus petits. 

J’ai particulièrement été ému, à titre très personnel, par la présence d’un wagon (re)découvert en Roumanie en 2002, utilisé pendant la seconde guerre mondiale et dont la destination est tristement évidente : Auschwitz.  Une visite donc à ne pas rater, avec cependant un élément à garder en tête : le prix d’entrée à 17€50 par personne (gratuité pour les moins de 4 ans) qui peut refroidir certains. Enfin, le musée est facilement accessible à pieds depuis le Domtoren, via un joli parc. Comptez une quinzaine de minutes sur les mains (ou une dizaine sur les pieds).

3) Domtoren

Je triche un petit peu en citant cette attraction vu que je l’ai faite en solitaire, sans la famille mais la vue depuis le sommet de la cathédrale, à 112 mètres (et 465 marches) est simplement superbe. Attention cependant à plusieurs points : la tour est en restauration jusqu’en 2022. Cela ne généra pas forcément votre visite mais il y a aura (forcément) quelques échafaudages à proximité immédiate. Ensuite, il est interdit d’emporter le moindre sac pendant la visite (obligatoirement) guidée. L’office de tourisme met des casiers (gratuits) à disposition mais si vous ne voulez pas, comme moi, vous retrouver à gravir les escaliers avec un appareil en bandoulière et deux objectifs dans les poches, soyez prévoyants. Pour le reste, rien de spécial à signaler. L’entrée coûte 9€ pour les adultes et 5€ pour les enfants (de 4 12 ans). 

4) Trajectum Lumen 

Explorer le centre historique de nuit, via un parcours artistique lumineux, c’est l’idée géniale mise en place depuis le printemps 2010 à Utrecht, tous les soirs dès le crépuscule. Il suffit d’une carte pour se lancer dans une très agréable expédition nocturne, un petit peu chasse aux trésors, un petit peu errance (pour les moins doués comme nous) et totalement placée sous le signe du plaisir, tout au long des sept œuvres réparties ici et là. Il est possible de le faire par soi-même ou de réserver une visite guidée : c’est à votre (bon) goût ! N’oubliez pas : la carte du trajet est disponible sous forme d’application.


Et encore…

Il y a de nombreuses autres activités possibles à Utrecht : fouinez donc chez Visit Utrecht pour y trouver votre bonheur. Notez que si vous décidez de faire un tour en bateau sur les canaux, certains d’entre eux (les bateaux) n’offrent pas de fenêtres ou de pont extérieur. Regardez bien avant d’embarquer, sous peine de passer toute votre croisière enfermés.

Où manger à Utrecht ?

Une adresse très sympa, testée et approuvée façon #VieDeParent : Stan and Co. Un chouette restaurant où les enfants sont les bienvenus (avec chariot rempli de livres et de coloriages à disposition), un beau menu où la viande règne en maître et de très solides burgers (qui ont fait l’unanimité). C’est sympa, central et pas si cher !

Autre adresse, testée lors des retrouvailles internationales: Jozef. Un accueil sympathique, un grand espace dédié aux enfants (avec jouets, livres…) et une belle carte avec de très bonnes bières. Pas forcément super méga bon marché (environ 100€ à 5) mais une très bonne nourriture et de bon souvenirs !

Le bilan

Il faudra y retourner !

Cette découverte des Pays-Bas a été organisée sur l’invitation de Visit Holland, avec l’aide logistique de Visit Utrecht et de Thalys. Le contenu éditorial ne se trouve nullement affecté par cet apport et reste totalement mien.