Zero Dark Limerick

6ème épisode des Chroniques Irlandaises avec, pour ce jour, ma découverte de Limerick, fière et rude capitale du Munster…

J’ai quitté Galway un matin d’avril, sous une douce pluie printanière. J’ai laissé derrière moi des monceaux de souvenirs et, comme à chaque fois, un lambeau de mon âme.

Je suis parti vers une nouvelle ville, inconnue, située à deux heures de route de là.  J’en ai souvent entendu parler auparavant, dans des termes peu élogieux: gangs, chômage, agressions.  C’est l’un de ces lieux dont en cause à voix basse, au détour d’une conversation, en mettant l’accent sur un passé politique sulfureux et avec une petite nuance de respect dans la voix.

Je suis donc allé, envers et contre tout à Limerick !

50 nuances de gris

La première impression a été mauvaise. A peine sorti du bus et de la gare routière, je me suis trouvé plongé dans un mauvais trip: ciel nuageux, crachin glaçant et, partout, du gris, sous toutes ses formes possibles.

Limerick Skyline
Limerick Skyline

En allant à mon hôtel, je suis plongé dans un trip temporel, ayant l’impression de marcher dans les rues d’une cité ouvrière du XIXème siècle. Je me demande franchement « Mais qu’est ce que je fous là ? ». Je prends des rues, des passages, des allées et encore d’autres rues, toutes bordées par le mêmes bâtisses à un étage, comme photocopiées à l’infini par un architecte dément.

Another one
Another one

Enfin, je trouve mon hôtel, sis dans le quartier géorgien. L’endroit est pas mal, avec sa façade en briques rouges et son accueil tout riquiqui. M’enquérant de la disponibilité de la chambre, j’apprends qu’elle ne sera pas prête avant 16 heures, ce qui me fait donc une longue journée à occuper: tant mieux, il faut bien que j’aille explorer la ville.

Je pars donc vers O’Connel Street, la plus grande artère du coin. Une longue avenue bordée de magasins, située en parallèle du Shannon, le (beau) fleuve local.

Petit à petit, mon impression change: la foule est là, la vie est présente et en fait, Limerick ne parait pas si moche, bien que la grisaille soit foutrement omniprésente et la monochromie ambiante tourne presque à de l’agression visuelle.

Sorry, your princess is in another Castle !

J’avais prévu d’aller explorer le Château, dont les mérites et la beauté sont vantés maintes et maintes fois dans les guides touristiques. J’aurais ensuite du continuer à chercher des choses à faire, simplement et tranquillement.

Las !

Les (très peu) charmantes dames de l’OT local m’ont douché, froidement, létalement, en m’apprenant que le Castle était en travaux et donc totalement inaccessible. Leurs petits yeux reptiliens m’ont longtemps fixé pendant que sortait de leur bouche une langue fourchue, tout cela avec une légère odeur de souffre quelque part.

Bloody Castle
Bloody Castle

Je suis donc ressorti de là passablement déprimé et pas plus avancé, n’ayant coché sur mon agenda que deux autres choses: le Stade et les Pubs.

Comme l’option N°1 était programmée pour l’après-midi et la N°2 pour le soir, j’ai donc pris une courageuse et déterminante décision: direction les Musées !

The Hunt for a Man

Nulle question de chasse au Hunt Museum, qui est en fait une collection d’œuvres d’art assemblées au fil du temps par la richissime famille éponyme puis offerte au Gouvernement irlandais.

Je m’attendais à un poussiéreux musée de province, rempli de trucs sans intérêt, dont les légendes seraient écrites en gaélique et où tout serait accumulé dans un fatras bordélique.

Aussi, telle ne fut pas ma surprise au commencement de mes déambulations: c’est propre, clair, net et intéressant. La variété des pièces présentées, leur qualité ainsi que les interactions possibles m’ont redonné le goût de la vie.

Au détour d’un tiroir, j’ai ainsi croisé deux Picasso, un Renoir et un Gauguin dont la présence en ces lieux n’a cesse de m’étonner.

Picasso
Picasso

Le Musée est certes relativement petit mais je ne peux que conseiller, fortement, d’aller y faire un tour: c’est une très, très bonne surprise.

Less is More

Une matinée d’écoulée et un bilan très peu flatteur, nuancé quand même par le musée précité:

– Château fermé.
– Chambre pas accessible.
– Temps pourri
– Ville grisâtre
– OT infernal

Je savais que ce n’était pas possible, qu’aucune ville digne de ce nom en Irlande ne pouvait être comme celle-là, qu’il y avait forcement anguille sous roche, murène dans le corail, dindon dans le poulailler !

Pensez-vous que la suite m’a donné raison ?

A suivre dès lundi !

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