Unknown Praha

Voici donc le second article de la série sur la République Tchèque. Après vous avoir fait part de mon ressenti sur Prague, je vous propose aujourd’hui de me suivre dans les chemins de traverse, dans les petites histoires (qui font la Grande) et de découvrir quelques aspects méconnus de la capitale locale !

 

Unknown Praha

 

Da Island
Da Island

 

Not (just) another brick in the Wall

 

Pendant les longues années d’occupation soviétique, quand la défunte Tchécoslovaquie était encore sous le joug de l’occupant, tous les moyens étaient bons pour protester, manifester, se révolter. Ainsi, la mort de John Lennon, en 1980, donna lieu à un l’un des plus surprenants mouvements populaires jamais vu en ces latitudes et qui fut l’un des actes fondateurs de la future indépendance.

The famous Wall
The famous Wall

Tout a commencé là, vers Velkop?evorské nám?stí,  sur ce mur aujourd’hui taggé de partout. Quelques jeunes, émus par le décès de leur Idole, commencèrent à lui rendre hommage via des graffitis, des inscriptions ou encore des messages de paix et d’amour.

Le Mur en 1981
Le Mur en 1981

Au fur et à mesure du temps qui passait, les messages et témoignages se sont multipliés, évoluant cependant vers des inscriptions politiques qui visaient clairement le gouvernement en place.

En 1988, celui-ci décida qu’il était temps d’intervenir et décida de prendre des mesures énergiques pour lutter contre cet insupportable mouvement d’opposition: il envoya la police effectuer un gros ménage. Or, vous vous doutez bien que les étudiants n’allaient pas se laisser faire…

Police VS jeunes = ?

John is watching.
John is watching.

Si vous avez pensé à une grosse lutte, une répression sanglante, une bagarre de rue: vous avez tout faux car nos jeunes tchèques, pas fous, décidèrent simplement de s’assoir par terre et de faire tinter leurs clés, choisissant ainsi de passer par la non violence.

Résultat des courses: ils gagnèrent leur combat et le mur, malgré quelques tentatives d’effacement, continua à être un moyen d’expression pour la jeunesse tchèque.

Le Drame...
Le Drame…

De nos jours, le mur est devenu une destination privilégiée pour toutes sortes de touristes et suit toujours sa vocation, bien loin cependant des combats politiques qu’il connut jadis !

 

Cachez vos femmes, v’la le Vodnik

 

Gnark !
Gnark !

 

Personnage typique des légendes slaves, le Vodnik (vodnici au pluriel) est un personnage étrange !

Tout d’abord: le le bougre est immortel (tant qu’il n’est pas eu sec).

Pour le reconnaitre, ce n’est pas compliqué: il a de longs cheveux verts coiffés d’un grand chapeau, est habillé en habit vert et chaussé de bottes rouges, qu’il confectionne au clair de la Lune, perché sur un saule. De plus, ses doigts sont palmés et se finissent par de petites boules.

La spécialité de notre ami, habitant des lacs, rivières et marais, est de collectionner les âmes des personnes noyées pour pouvoir ensuite les enfermer dans de petits pots de verre (ce qui n’est vraiment une situation enviable vu que, dans ce cas-là, vous êtes tout ce qu’il y a de plus mouru !).

Quand il veut agrandir sa collection, le Vodnik sait se montrer rusé, malsain et vicieux. En effet, il va laisser flotter, à la surface de l’eau, quelques beaux rubans chatoyants propres à embellir la coiffe de la première Damoiselle viendue. Celle-ci, apercevant lesdits rubans, se penche à l’eau pour les attraper… jusqu’à ce que le Vodnik la chope, la foute sous l’eau et la noie, sans autre forme de procès.

Vodyanoy

Notre ami de Prague, dénommé Kabourek, n’entre heureusement pas dans cette catégorie vu qu’il prend plus de plaisir à fumer sa pipe pépére sur les rives de la Vltava, dont il sortait des fois pour aller boire une bière avec les humains du coin (qui laissaient fort aimablement une bassine d’eau à sa disposition).

Las ! Le temps passa, les auberges fermèrent, ses potes moururent et le pauvre Kabourek jugea que cette époque ne valait pas la peine d’être vécue: il se retira donc dans un trou fluvial dont il ne ressort que de temps à autres, pour quémander une binouze auprès des passants, qu’il échange alors contre une anguille ou un brochet.

Si vous êtes chanceux, peut-être le verrez-vous ?

 

Jan Palach

 

Jan Palach
Jan Palach

Au détour d’une rue, la guide nous a montré ce portrait incrusté dans un mur, celui de Jan Palach, un étudiant tchèque qui s’immola en signe de rébellion contre l’invasion du pays par les forces du Pacte de Varsovie, suite au Printemps de Prague.

Je laisse Wikipedia vous raconter son histoire:

Jan Palach, né le 11 août 1948 et mort le 19 janvier 1969, est un étudiant en Histoire tchécoslovaque qui s’est immolé par le feu sur la place Venceslas à Prague le 16 janvier 1969 pour protester contre l’invasion de son pays par les forces du Pacte de Varsovie en août 19681 afin de s’opposer aux réformes du Premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque Alexander Dub?ek.

Étudiant à l’École supérieure d’économie de Prague puis à l’université Charles, il est mort trois jours après son geste, des suites de ses brûlures extrêmement importantes1. Jan Zajíc et Evžen Plocek, deux autres jeunes tchèques, suivent l’exemple de Jan Palach respectivement le 25 février1 et le 9 avril de la même année.

En janvier 1989, le 20e anniversaire de la mort de Jan Palach provoque une semaine d’importantes manifestations contre le régime communiste1, appelée « Semaine de Palach ». Le 16février1989, l’auteur dramatique Václav Havel, un des dirigeants du mouvement de la Charte 77, est arrêté par la police de la dictature communiste pour avoir voulu déposer une gerbe de fleurs à la mémoire de Jan Palach.

Le 20 février suivant, il est condamné pour ce geste à neuf mois de prison ferme et le 22 février, sept autres opposants sont aussi condamnés. Quelques mois plus tard, la dictature s’effondre à la suite de la Révolution de velours.
Source

Sachez seulement que notre guide ne fut pas la seule émue quand elle nous raconta, avec ses mots, ce récit. Cette vie, sacrifiée pour un idéal, trouve encore bien des résonances de nos jours.

 

Le Karluv Most

 

Tant de choses ont déjà été écrites sur ce pont mythique qu’il serait bien orgueilleux de ma part de vouloir en rajouter. Aussi, autant par flemme que par (mal)honnêteté morale, je vais me contenter de vous expliquer comment récupérer Chance, Amour, Richesse et Jeunesse Éternelle pour le reste de votre vie.

La plaque
La plaque

 

Si vous souhaitez donc profiter des avantages décrits ci-dessus, un seul geste à faire: aller sur le pont et vous diriger, aussi gaillardement que possible, vers l’une des statues sise, environ, au trois quart d’icelui puis de repérer ces deux plaques:

Richesse, toussa toussa...
Richesse, toussa toussa…
Bonheur, toussa toussa...
Bonheur, toussa toussa…

 

Vous les frottez et youpla: c’est fait !

Autrement, le pont est foutrement sympa mais nécessite presque un article à lui tout seul, chose que je ferais peut-être dans un futur proche…

 

Le conseil du Jour

 

Si vous voulez découvrir la ville sous un œil différent, avec une super guide aussi anglophone que francophone, essayez de dénicher Lucie et de demander un « Non Standard Tour of Prague »: résultat garanti !

Je rajouterais le contact dès que je l’aurais (re)trouvé…

Je vous donne rendez-vous en début de semaine prochaine pour venir découvrir la région d’Ostrava avec une visite… haute en couleurs !

3 thoughts on “Unknown Praha

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