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Un Chicken à Tok – Alaska Part One –

Où il est question d’Alaska, de Chicken et de Tok

Laissant dernière nous Dawson la belle et ses lieux de vices, nous embrayons pour aller conquérir le 49ème état des Etats Unis d’Amérique: l’Alaska.

Quelques chiffres pour remettre les choses dans le contexte:

– Le plus grand état des USA: 1 717 854 km², 3 fois la France.
– 683 478 habitants (soit environ 20 fois la population de mon Yukon natal)
– La capitale est Juneau et la ville la plus peuplée, Anchorage.

Pour toutes autres précisions, hop, Wikipédia and co, via le lien ci-dessus.

Bref, pour aller la-bas, faut bel et bien passer une frontière. Et pour aller à la frontière, on prend quoi ? Latopofzeworld Highway bien sur ! Elle sinue toujours aussi haut et est toujours aussi dépeuplé.

Passage de frontière supra relax, avec le grand bonheur de voir la tête d’Obama dans la baraque officielle, une petite blague du douanier qui me réclame $100 000 parce que je me suis gourré dans mon sacro-saint papier vert et youpla, on est en Alaska !

Emotion, on pleure, on rigole, on se prend dans les bras et la vie est belle. Mais bon, comme on a pas que ça à faire, on repart vite fait sur une route bien dégueu, toute pleine de gravier et sans aucun intérêt. En plus, fait pas beau alors hein…

– Pub OCB – (pour ceux qui comprennent pô le rapport, relire l’un de mes précédents billets qui explicite cette blague hilarante) et arrivée au moins triomphale dans le Kudumonde le plus chébran depuis la Création:

Chicken City

Deux boutiques de souvenirs. Un bar, un resto, une drague, une poste et un mini aéroport. 9 habitants. Le nom vient de l’incompréhension d’une poignée de jobards qui voulaient au départ nommer l’endroit Ptarmigan, du nom d’une espèce de dindon locale mais étaient pas foutus de l’épeller correctement. ”

“Vous m’épellez ? Mais vous aussi vous m’épellez beaucoup mademoiselle !”

Donc ils se sont mis d’accord sur Chicken, plus simple. Et ils pouvaient pas savoir, cette bande de joyeux mineurs, que leur inculture allait donner lieu 80 ans plus tard à la plus ébahissante collections de produits dérivés du poulet. Même le camion de pompiers est décoré de son poulet flamboyant avec sa belle hache. Ultra méga chébran. Et pis les slogans “I’ve been laid in Chicken City”, ça dépote Mamie, y a pas à dire.

Gros bref. On a donc décidé de prendre nos quartiers de midi dans ce coin. Et j’ai mangé le meilleur Chicken Burger de mon existence. Tout simplement dément avec la sauce secrète du Patron. J’en bave encore.

J’ai aussi eu l’Illumination. Y a le Wifi à Chicken. Au milieu de nulle part. Avec les appareils numériques, les portables et le wifi, il est bien loin le temps des aventures Paris/Katmandou en stop depuis Porte d’Orléans. Gros soupir.

On a donc bien mangé et on est repartis. Et puis on a fait la sieste. Et puis on s’est réveillés et on est repartis. Et on est arrivés à Tok, nouveau trou perdu, croisement de multiples routes, avec son Bear Supermarket, son Tourism office en gros rondins et ses gens sympas.  On a fait des courses et recherché un lieu pour dodoter en toute quiété. Et on a trouvé THE campground.

Au bord d’un lac. Avec des castors nageant dans le lac. Et avec le soleil se couchant sur fond de castors nageant dans le lac.

Des installations super bien foutues aussi qui indiquaient du genre “Ici ce sont les Usa, p’têt que tu raques 15 bucks pour ton emplacement mais t’inquiètes, tu vas kiffer le lieu”. Et c’est vrai.

Superbe donc première journée alaskaienne dans notre périple qui nous emmenera dès demain vers Fairbanks et Denali.

Pour conclure, un ch’tit morceau de poésie made in de par chez nous:

Eight stars of gold on a field of blue
Alaska’s flag. May it mean to you
The blue of the sea, the evening sky,
The mountain lakes, and the flow’rs nearby;
The gold of the early sourdough’s dreams,
The precious gold of the hills and streams;
The brilliant stars in the northern sky,
The “Bear” the “Dipper” – and, shining high,
The great North Star with its steady light,
Over land and sea a beacon bright.
Alaska’s flag – to Alaskans dear,
The simple flag of a last frontier.

A Native lad chose the Dipper’s stars
For Alaska’s flag that there be no bars
Among our culture. Let it be known
Through years the Native’s past has grown
To share life’s treasures, hand in hand,
To keep Alaska our Great-Land;
We love the northern midnight sky,
The mountains, lakes and streams nearby.
The great North Star with its steady light
Will guide all cultures, clear and bright,
With nature’s flag to Alaskans dear,
The simple flag of the last frontier.