Twitter, ce cannibale chronophage

Depuis deux semaines environ, j’explore « pour de vrai » le monde fabuleux de Twitter, cet espèce de réseau social où toutes les vérités sont bonnes à dire, tant qu’elles ne dépassent pas la barre fatidique des 140 caractères.

J’ai découvert un univers à part, un écosystème aux barrières bien définies, un espace-temps très codifié où il n’est pas si facile de se faire une place au soleil mais, ô paradoxe suprême, qui est une mine d’informations, de réseautage et de partage assez fabuleux.

Twitter, ton univers impitoyable !

Pour débuter, il faut saisir le concept (comme dirait La Palisse !) qui est basé sur des notions très simples: en créant un compte, vous devenez un twittos qui va tweeter vers ses followers des tweets incluant des liens, des hashtags, des CC et autres FF.

Parce que ce réseau se dit social, il passe donc par la création d’une communauté: c’est là qu’intervient cette notion de followers: si un autre tweetos  trouve votre contenu intéressant, il va vous ajouter (vous follower). Chacun de vos tweets va donc apparaitre à sa parution sur sa Timeline, lui donnant la possibilité d’y répondre, de le retweeter, de le favoriser… créant ainsi même l’interaction d’où nait de facto le social !

Seul souci: il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’utilisateurs sur Tweeter et, dans un premier temps, il est dur de savoir comment attirer le chaland.

Le Mass-Follow, c’est la solution la plus facile

Késaco ?

La réponse théorique a une équation très simple.

En effet, certains considèrent que le poids virtuel d’un Twittos se compte au nombre de ses followers, faisant ainsi passer le quantitatif devant le qualitatif, avec une priorité donnée, non plus au contenu mais au nombre de gens touchés potentiellement par ce dit contenu (et encore).

Le Mass-Follow va donc consister à cliquer frénétiquement sur follow, encore et encore, en espérant que les gens vont faire de même (le follow back).

Cette solution est très artificielle: vous suivrez sans doute des comptes n’ayant aucun rapport avec vos sujets d’intérêts, écrits dans d’autres langues et souvent nullement entretenus. D’autre part, le gros souci lorsqu’on a un grand nombre de following/followers, c’est qu’on se retrouve avec une Timeline encombrée (5 tweets à la minute) et que l’interaction devient du coup quasi impossible…

Prendre son temps, mon exemple personnel

J’ai décidé pour ma part d’y aller doucement, de ne pas tomber dans l’hérésie du « tout consommer, tout follower« .

Mon compte ne comporte, à l’heure actuelle « que » 138 following pour 90 followers. Cependant, chacun de ceux-ci (ou presque) propose un contenu en adéquation avec ce que je recherche: du voyage, du PVT, du tour du monde, de l’actualité…

Du  coup, je ne me sens pas envahi par du contenu publicitaire, hors-sujet, inintéressant, ennuyeux. Je trouve cela beaucoup plus utile, appréciable et ciblé tout en sachant que je ne suis pas en quête particulière: je me contente de twitter pour le plaisir et nullement dans un but professionnel (ou économique).

En appliquant cette méthode du « ciblage », mon compte a doublé quand même: de 40 à 90 followers en deux semaines, c’est intéressant. J’espère bien passer tantôt la barre de la centaine et j’apprécie toujours autant de voir certains de mes articles retweetés par quelques twittos influents mais ce n’est pas la raison première de ma présence sur ce réseau !

L’enfer des hashtags

Pour être vu, il faut poster du contenu pertinent.
Pour que ce contenu soit pertinent, il faut lui associer un Hashtag encore plus pertinent !

Un Hashtag, c’est un mot/sujet/expression précédé d’un #, tout simplement. On s’en sert pour classifier un tweet, pour faire de l’ironie, de l’humour, pour réagir sur un sujet donné (exemples récents #Paris, #surlarouteen2013…).

Je me suis amusé à lancer des #YukonFact et j’ai été surpris de voir que les francophones de Terre Neuve m’ont repéré grâce à ça !

Un bon hashtag doit être court, subtil, efficace, avoir de l’impact et donner l’envie de cliquer dessus (oui car cela fait aussi office de lien hypertexte pour une recherche sur le même sujet/réseau !).

L’exemple de Geek World Tour est éloquent, avec la création, l’utilisation et l’entretien du #surlarouteen2013, qui lui a permis, en parallèle d’un projet déjà intéressant, de se donner une visibilité accrue sur la toile, de créer un réseau formel développé  et d’interagir avec beaucoup de gens.

Le Copinage virtuel

Très vite, vous allez vous apercevoir que certains comptes se retweetent mutuellement à la sortie d’un nouvel article, qu’il soit extraordinaire ou d’une banalité sans fin, la qualité n’entrant que très rarement en jeu comme premier critère.

Comme partout, il y a une petite part d’hypocrisie: quand je retweete un contenu, j’espère tout aussi secrètement que cela sera remarqué et les autres en feront de même s’ils trouvent le mien digne d’intérêt. C’est (un petit peu) un jeu de dupe.

A côté de cela, vous avez également le souci du contenu spolié/volé/récupéré: tous les jours, de gros comptes médiatiques s’approprient sans vergogne des tweets postés par des « petits » et sans mentionner la paternité première, certains s’en faisant d’ailleurs une spécialité (dans le milieu du sport, c’est monnaie courante).

Ils sont quand même assez vite repérés et exposés à la vindicte populaire, sans pour autant que leur popularité en pâtisse trop, au grand dam des victimes.

Twitter, un acte égoïste ?

Sur certains comptes, 99% des tweets sont à but publicitaires: mise en avant du dernier article, liens vers du contenu interne, communication au niveau zéro…

Pour ceux-là, Twitter est avant tout un outil publicitaire destiné à gagner du trafic et à attirer les visiteurs.

D’autres sont au contraire en mode philanthrope absolu, avec une communication pointue, basée sur l’échange et le renvoi de contenus potentiellement intéressants pour la communauté et créant ainsi la propagation d’informations idoines: c’est la meilleure façon, à mon sens.

Conclusion

Je prends, à ma grande surprise, un certain plaisir à plonger quotidiennement dans les liens, à explorer le contenu, à essayer de trouver des comptes « bien » et à naviguer encore et encore.

Cependant, être accro à au p’tit Piaf bleu demande une présence forte et continue: il faut poster et reposter, vérifier l’impact en terme de chiffres, de fréquentation et l’on se surprend très vite à regarder le nombre de retweets, à surveiller les unfollow, à s’interroger, se questionner et s’arracher les cheveux.

Pourtant, de nos jours, une utilisation efficace de Twitter est un passage obligatoire pour qui veut être présent: de par son concept, son efficacité et son développement croissant, il ne fait nul doute que nous tenons là, d’ores et déjà, le réseau social le plus influent du moment, et surement, des prochaines années !

4 thoughts on “Twitter, ce cannibale chronophage

  1. Salut Cédric,
    Sympa ce petit article à propos de Twitter. Tu gagnes à cette occasion un follower, ainsi qu’un RT !

  2. Hello Cédric.
    En effet, le hashtag #SurLaRouteEn2013 est un véritable succès, mais ce n’était absolument pas calculé. C’était une idée spontanée destinée à rassembler des voyageurs avec un projet similaire au mien.
    Je suis ravi de l’ampleur que ça a pris, mais c’est une grosse surprise 🙂

    1. Hello Guillaume !

      Très bonne surprise alors et une excellente façon de créer une communauté autour d’un projet semblable: j’adhère à fond.

      On va suivre ton Geek-World Tour du monde à l’œil 😉

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