Trilogie Bruxelloise

La Belgique, vous connaissez ?

Pour moi, ce charmant pays se résumait à une litanie de clichés bien connus: un accent aberrant, des frites au chocolat,  des pomme de terre,  des diables rouge, le manneken pis, l’Atomium, le tout entrecoupé de quelques peintres fameux en Dyck et saupoudré d’une grosse pincée de bandes dessinées.

Il faut dire aussi, à ma décharge, que mes séjours là-bas se comptent sur les doigts d’un pingouin manchot: une vague excursion à Bouillon, un séjour Astronomie au CIEL et basta, foutre, que diantre, rien de plus. Aussi, en très aimable collaboration avec mes nouveaux copains de #ThePlaceTobe, j’ai monté un chouette programme pour une semaine: découvrir la Flandre, errer le temps d’une semaine entre Bruxelles, Anvers et Ostende, m’imprégner d’une nouvelle atmosphère, admirer de nouveaux paysages et explorer des villes inconnues.

C’est ce voyage, intitulé de façon unilatérale #FlandreTrip, que je vous propose de revivre avec moi, maintenant, tout de suite et sans attendre avec, pour commencer, un premier article sur Bruxelles, la fière et orgueilleuse capitale locale !

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 Trilogie Bruxelloise

 Avant propos: Le cœur a ses raisons…

Autant le dire de suite, pour ne laisser place à nul suspens: je n’ai pas ressenti de coup de cœur particulier pour Bruxelles. Certes, ce verdict est relativement brutal et peu nuancé au regard des deux jours et demis (seulement) passés en ville mais, pour une fois (ou pas), je n’ai pas spécialement accroché avec la Capitale. Ne faisons pas la fine bouche pour autant: cette ville compte bon nombre de belles choses, de fameux musées et reste quand même admirable en bien des endroits. Elle offre de même une intéressante variété culturelle et architecturale et propose indiscutablement des activités, sorties et autres joyeuseries qui justifient sans souci le déplacement depuis l’Hexagone.

Je ne sais pas vraiment pourquoi ce manque d’Amour de ma part: peut-être est-ce du au fait que nous avons eu la (mauvaise) idée d’arriver dans un quartier mort, traversant au passage la fameuse Rue de Brabant depuis la Gare du Nord et qu’ainsi, notre toute première impression a été biaisée ? Peut-être est-ce aussi que j’avais trop idéalisé la Ville auparavant ?

Pour être tout à fait honnête, j’ai plus apprécié les petits quartiers périphériques que le centre historique (superbe, soit dit en passant) et j’ai pris un plaisir intense à bouffailler de la friture assis dans un parc paumé avec les potos-copains pour la vie. Je crois qu’en fait, cette ville ne se livre qu’aux patients, à ceux qui ont (et prennent) le temps de s’immiscer doucement dans les recoins inconnus et qui n’ont pas peur de déserter les lieux touristiques pour s’aventurer dans la « vraie terra incognita », ce que je n’ai eu que trop peu (justement !) de temps pour le faire.

Que tout cela ne vous arrête pas pour autant: Bruxelles est – et reste – LA porte d’entrée pour tout bon séjour en Belgique et j’y ai passé, au final, un très bon moment.

C’est à voir, c’est à faire

Comme tout bon touriste qui se réclame, j’avais coché plein de trukàvoir et de trukàfère (tous validés par la délicieuse DeT, of course !). Comme tout bon touriste qui se réclame, je disposais d’un bien malin sésame en la personne d’une Bruxelles City Card, un chouette pass qui permet de visiter (presque) gratuitement les principales attractions tout en voyageant avec les transports locaux 24, 48 ou 72 heures (à date de première validation). Comme tout bon touriste qui réclame, j’ai échoué lamentablement dans ma quête et j’ai du me résoudre à suivre les conseils avisées d’icelle (DeT donc): « Hey ho, mollo ! » Du coup, on a privilégié le qualitatif au quantitatif et on a erré gentiment dans trois musées: le centre belge de la Bande Dessinée, la maison Autrique et le Belvue, tout en ne faisant que marcher entre iceux, vu que rien n’est loin à Bruxelles !

Le neuvième art

Si vous vous balader dans le centre-ville/la vieille ville/la zone touristique, vous remarquerez un bien sibyllin détail: les principales artères sont renommées (littéralement) et de bien étranges effigies s’affichent gaillardement sur les murs locaux. La raison (et la réponse du coup) de cet audacieux coup de pub se trouve à un jet de pierre de là, au CBBD.

Le Centre Belge de la Bande Dessinée est, comme son nom l’indique si justement, consacré à la BD sous toutes ses formes, monument culturel absolu du pays. Divisé, grosso modo, en trois parties, c’est un passionnant voyage dans l’univers de la création (ou « comment faire une BD de A à Z) suivi d’une plongée dans le monde de Tintin (le Héros et son journal éponyme) et conclu par une impressionnante revue biographique des principaux auteurs/dessinateurs belges (dont je ne connaissais que Franquin en fait).

On croise, au détour d’une salle ou d’un couloir, quelques objets mythiques (le sceptre d’Ottokar, le manteau du Schtroumpfissime ou encore le fétiche Arumbaya) ainsi que quelques héros venus vous saluer le bonjour: Lucky Luke, Tintin, Gaston, Boule et Bill, Spirou ou encore ce bien sympathique Compte de Champignon Champignac…

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Je ne sais pas pour vous mais, moi, j’ai toujours voulu être comme eux…

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Bref: que vous soyez un aficionado-mordu-gaga (comme moi) ou un simple amateur éclairé (comme DeT): foncez-y (et si vous trouvez une City Card par terre, sachez que c’est la mienne !)

La Maison Autrique

Située aux antipodes du centre, cette maison au nom bien graveleux est un joyau bien planqué dont le secret se transmet de générations en générations, au cours d’une cérémonie incluant des chiens roux, des druides, de la bière et des tripes. J’avoue bien humblement que je n’en avais jamais entendu parler de toute mon existence et je ne savais strictement rien (mais alors rien de rien) de son Histoire et de son importance dans l’architecture belge du XIXème siècle car il se trouve en effet que cette maison n’est rien d’autre que la première réalisation majeure de l’architecte Victor Horta, le chef de fil national du mouvement Art Nouveau.

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Je sais bien, que présenté ainsi, cela ne doit guère vous causer (je n’étais franchement pas excité à l’idée de faire cette visite…) mais, faites-moi confiance, ça vaut bel et bien le coup car la Maison Autrique c’est:

–  Un aménagement intérieur  juste superbe.
–  Une restauration approfondie ET récente.
–  De géniales expos temporaires en parallèle.
–  Un lieu de paix et de calme absolu.

Je cite, de plus le site off’:

Dans ses Mémoires, Horta évoque la joie qu’il ressentit lorsque Eugène Autrique lui confia la construction de sa maison. Les deux hommes se connaissaient en raison de leur appartenance à la loge maçonnique des Amis Philanthropes. Le programme fixé par Autrique était simple : « aucun luxe, aucune extravagance : souterrain habitable, vestibule et escalier honorables, salon et salle à manger agréablement unis, premier étage avec bain et toilette et deuxième étage mansardé pour enfants et personnel ».

Cet édifice aujourd’hui ressuscité est pour nous une œuvre émouvante : c’est la première réalisation importante d’un jeune architecte qui y mit tout son cœur, soutenu par la bienveillance de son client et par le désir d’affirmer un tempérament original. Stylistiquement, la Maison Autrique relève de l’éclectisme, mais l’usage des matériaux industriels et l’élaboration d’un langage ornemental basé sur la courbe annoncent l’Art Nouveau. À lui seul, le jeu des couleurs – minutieusement reconstituées à partir de nombreux sondages – permet de porter un nouveau regard sur le travail du jeune Horta.

Source

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Enfin, et sans trop en dire pour ne pas gâcher la surprise, notez bien que la visite tient presque du récit, tellement elle vous incorpore et vous fait interagir avec les lieux, les objets et le décor. Pour moi, sans exagérer, une vraie et belle découverte !

Une Histoire belge

Si je vous dis que la Belgique n’existe que depuis 1830 et que Baudouin a été, de loin, son roi le plus populaire, que l’un de ses descendants s’est tué en faisant de l’Alpinisme ou encore que le premier Monarque a été « récupéré » à l’étranger, qu’en déduisez-vous ?

Que je suis allé visiter le BelVue bien sur !

Situé dans de classieux locaux juxtaposés au Palais Royal, ce bien sympathique musée offre une remontée aussi chronologique qu’exhaustive de l’Histoire Nationale belge, ne semblant laisser aucune zone temporelle dans l’ombre (qui a dit Congo ?) et fournissant bon nombre d’intéressants documents historiques (et non pas hystériques).

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Tout au long de la (grosse) dizaine de salles composant l’exposition permanente, chaque souverain est représenté dans le cadre de son époque, son bilan mis en exergue et sa vie savamment résumée. J’ai ainsi beaucoup apprécié le film sur la vie du King Baudouin, qui m’a presque donné envie de voir un Suzerain en notre belle France. Les différentes correspondances échangées au moment de la seconde guerre mondiale sont également des documents précieux dont la lecture offre un éclairage nouveau sur les relations internationales en temps de guerre, surtout lorsqu’on les explore avec le recul et la connaissance précise du contexte.

En sortant de là, profitez-donc du superbe parc adjacent, pour une halte bien méritée après un tel bouillon de culture !

A suivre dans le prochain article: Bruxelles la méconnue, toute en anecdotes, friteries et Trucs-qui-pissent…

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