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Sandwood Beach

Pour voyager dans les contrées nordiques de la belle Ecosse, le voyageur non-motorisé n’aura guère le choix : ce sera le pouce ou le bus (ou une variante des deux).

Pour notre part, le choix fut vite fait, sachant que j’avais en douce repéré (via Couchsurfing) une délicieuse randonnée sise au beau milieu de nulle part et promettant, ô bonheur, la plus belle plage du RU ainsi qu’une solitude absolue. Pour ce faire, il suffisait (selon le post), de prendre un p’tit bus au départ d’Inverness et de se diriger gaillardement vers la rieuse bourgade au nom si poétique :

Kinloch’

Le voyage en soi ne fut pas spécialement exaltant : il suffit de prendre le bus N°804 de la compagnie DeCoach, d’allonger 23£ à deux et de se laisser emporter par le rythme paisible du ronron motorisé.

L’on passe par des petits ports, des petites anses, des petites routes, tout en croisant de petites voitures, d’autres petits bus et en s’arrêtant de temps à autres pour des petites pauses, le plus souvent dans des coins dont le nom est composé de plus de voyelles que de consonnes (Laeriidkeiajjrodj par exemple).

Force est cependant de constater que le paysage de ces – pas encore – Highlands a quelque chose de spécial, de vaguement indéfinissable : l’oeil est accroché par un petit détail (un cromlech, un cairn), petit détail en amenant un autre, puis un autre, de plus en grands, finissant par donner un tableau d’ensemble assez déroutant; les collines succédant aux collines et les châteaux aux châteaux

Rocks, Cows and Hills

Parfois, on croise quelques blancs moutons égarés : ils ont la priorité, de surcroit sur ces diaboliques OLR (One Lane Road) où un espace est aménagé tous les X² mètres afin de permettre des dépassements/croisements propres.


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Une fois arrivés sans heurts ni encombres à Kinlochmachin, mon itinéraire nous intimait fort sympathiquement l’ordre de nous diriger gaillardement vers Oldshoemore puis de randonner vers l’Eden.

Las !

L’erreur étant humaine, je n’avais pas pris en compte le sibyllin petit message écrit tout en bas, en minuscule et avec astérisque (mais sans obélix): you may hitchhike to the departure.

Ce may, bien loin de nous faire faire ce que vous voulion,s nous a obligé à trainer nos guêtres, sacs et dos endoloris sur 4 longs et fatiguants miles, alternant montées et descentes et me faisant très amèrement regretter à chaque pas de ne pas avoir pris un peu plus de temps pour recouper les informations.

Stairway to heaven

Le reste n’est que bonheur, poésie et volupté: 4 miles de plus à galoper à partir du point de départ (logique !) sur un sentier très bien entretenu, pas trop vallonné et, à vrai dire, remarquablement ennuyeux (trois lacs, des moutons, quelques vaches et aucune clôture à sauter) tout en ne croisant que de (rares) personnes et des (nombreuses) gouttes de pluies.

L’arrivée est épique : on ne voit rien de la plage, juste la mer au loin et un vaste champ de dunes bloquant toute perspective. Le paysage est cependant fort sympatique, verdoyant et regorge d’endroits où planter sa tente (oui, Campins Sauvage Powa).

Il suffit simplement de prendre tout son temps afin de choisir THE spot, celui qui est bien abrité du vent, présentant des conditions de sécurité optimales, pas trop loin de la plage, de la mer, pas trop ensoleillé, pas trop en pente, pas trop près des lapins, des moutons, des vaches (je cite de mémoire les conditions énoncées par Madame à l’arrivée et Dieu m’est témoin que j’en oublie).

Le résultat est quand même pas dégoutant:

Maison !

Maison cachée

De surcroit, on a été bien chanceux, soleil, soleil et encore soleil, ce qui nous a permis de faire une belle balade le long de la plage (deux kilomètres quand même), de nous balader dans les dunes et de bouffer de délicieux haricots (sans lapins, j’ai pas réussi à en choper).

Le coucher de soleil a répondu aux attentes et la nuit fut aussi douce que longue (pour moi en tout cas).

Sun

Le retour fut sans histoires, à part peut-être le fait que ma volonté de hitchhiker a volé en morceaux devant la détermination de Madame a tout refaire à pied sans que je ne sache pourquoi.

Bilan des courses : plage superbe, randonnée facile, truc vraiment bien et sans personnes autour avec, pour les plus psychopathes, la possibilité de continuer sur 18 miles jusqu’au Cape Wrath, tout au nord du nord.

A suivre: Durness, Tongue, le Haggis et le boucher !