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Ross River ou la fautapascale

Second et probable deuxième volume de cette narration relative à un week-end à thématique alsacienne. Pas besoin de vous rappeller les circonstances de notre départ (Pascaladi…), les routes empruntés (Campbell et cie) et le bled trouvé (Faro).

On est donc samedi aux alentours de 18.00, du côté de Ross River.

Pour présenter la ville, c’est pas compliqué: y a rien. Enfin presque rien. En fait ce troudukul du monde est situé au croisement de quatre routes et si vous regardez une carte du Yukon, ça fait une croix au milieu de nulle part. En plus, y a une grosse rivière – la Pelly . Et qui dit rivière dit pont. Mais dans le Yukon, qui dit pont dit GI. Oui. Et le pont de bois branlant pornographiquement du coin date de 1942. Et je suis terriblement dubitatif sur son rythme d’entretien qui est probablement aussi  fréquent que l’oestrus du brocard et de la chevrette.

En gros: ça parait casse-gueule, ca penche dans le sens contraire des élections françaises et c’est fait de bois. Et ça sert à traverser la Pelly pour aller explorer la Canol North, menant aux Nothern Territories mais fermée, dieu seul sachant pourquoi. A ce propos, je ne conseille pas de camper dans le coin si vous n’avez pas un gros gilet orange: un panneau est positionné au début de la road, demandanta aux chasseurs de faire gaffe avant de tirer car il y a de la vie bipède et civilisée dans le coin (en VO: Attention North Canol hunter ! Please look before you shoot ! There are manies occupied camps within 500 meters on this during the hunting season. Thank you). Faut dire aussi qu’on est en plein dans les territoires First Nation, plus précisement chez les Kaska, tout plein d’infos ici et que ces charmantes personnes ont le droit de chasse et de pêche chez eux. Donc, ceci explique peut-être cela.

Toujours est-il que le truc le plus féroce de ce côté-la de la Pelly n’étaient pas les chasseurs mais bel et bien les moustiques qui nous ont fait courir pour retourner à nos titines (sans passer par le bac, qui est de toute façon soit fermé, soit Hs). Et après, on a remballé, on a tourné, on a vu un tipi et on trouvé un chouette coin où pratiquer notre sport national… Le camping !

Trois tentes et un Van, un feu, des chiens, plein de bouffe et des jus de fruit – surtout pas d’alcool – et on a passé une bonne soirée à la pépére style.

Dimanche matin, le ciel nous est tombé sur un coin de la tronche avec un Nico réveillé presque à un horaire correct. Du coup, après avoir déjeuné (O Nutella, mon Nutella, pourquoi es-tu Nutella ?) et plié les affaires, nous sommes partis vers la route la plus immondement revétue que j’ai jamais faite dans ma chienne de vie: la Canol.

Pas un centimètre de goudron sur 350 bornes. Que de la caillasse, des graviers, des pierres et des nids de poule partout. Et étant donné que l’option amortisseurs était pas encore dispo à l’époque de la création du valeureux Aerostar,  et bien on a pris aussi cher qu’un Homme-qui-aime-les-Hommes pendant un Gang Bang: plein le cul. Mais vraiment. Cahotés, renversés, chahutés. Au début, notre glorieuse et vénérable Paspeurdesours essayait bien de les esquiver mais je crois qu’à partir du 200ème kilomètre, elle a abandonné.

Et pan, rantantan, paf, crack, ouille, bang, ouille. Festival onomatopique, thématique douleur, rubrique maloku.

Bref, on va avoir du mal à s’assoir pendant une semaine ou deux. Mais ça valait la peine. Parce qu’il semblerait qu’il y ait un espèce de justice dans ce coin-ci du monde. Le plus que tu souffres, le plus que ça en vaut la peine. Et là, j’échangerais mes six heures de maloku contre rien d’autre au monde tellement c’était beau.

Des lacs, des canyons, des rivières, des forêts. Comme si le Grand Manitou avait crée une espèce d’Eden dans le coin. Un p’tit bout de paradis pas encore trop contaminé. Le genre d’endroit que tu vois que quand tu rêves (ou dans les films). Et croyez pas que j’extrapole. On a jamais fait autant d’arrêts photos. Et jamais aucun de mes albums FB n’a été autant commenté, c’est vous dire !

Au final et après une roue crevée, retour super pépére sur WH après s’être arrêté pour voir des carcasses automobiles (voitures, moteurs…) à l’entrée de la Canol.

Week-end épique. Grandiose. Superbe. J’en redemande !

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Vous aurez remarqué l’apparition de nouveaux liens dans les rubriques latérales. Les liens anglophones sont spécifiés par la balise [Eng]. Je vous invite à les visiter, ils sont chébrans.

Arrivée demain de Pierréniko. On va pas trainer sur WH, on a du pays à voir !

Gros postage de photos demain en ce lieu. Soyez au rendez-vous !