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PVT: Pas Vraiment Terminé

Au Canada, en 2009, j’ai cherché, à une certaine époque et en un certain lieu à étendre mon visa.
En Nouvelle Zélande, en 2011, j’ai été sur le point de salement prolonger mon séjour.

Aujourd’hui, en ce 21 octobre 2012, je suis allé sur le site de l’immigration australienne postuler à un troisième et théorique WHV.

Pourtant, je ne suis pas allé au bout de ma démarche, je n’ai pas rempli les champs demandés, je n’ai pas inscrit mon numéro de passeport et je n’ai pas payé les frais demandés. Je ne recevrais donc pas dans les jours qui viennent un nouveau visa alors que c’est demain mon trente et unième anniversaire et que c’est donc aujourd’hui ma dernière possibilité.

Pourquoi donc ?

Si je remonte intérieurement le cours de mon temps, je me revois à l’aéroport de CDG, crevé par l’aventure kiwi (Fleur de France). Si je remonte encore plus loin, je me revois rageux, pestant et endeuilli (La vraie Fin).

Pourtant, cela fait quelques mois que je me promets de repartir sur les routes du Monde, de retourner marcher sur mes traces, de reprendre aussi vite que possible l’avion, le train ou la première voiture venue, histoire de ne pas stagner, de ne pas me reposer sur mes (indument gagnés) lauriers ou encore de ne pas tourner en rond dans une pièce carrée.

Or, un faisceau de circonstances hautement imprévues a quelque peu chamboulé ma vision: rencontre(s), Écosse, Shetlands, boulot. J’ai remis un tantinet en cause mon crédo du voyage en solitaire, du routard dépenaillé et de l’errance sans but ni fin.

Bref, je tire quasiment un trait sur mes années PVT, aspirant désormais à quelque chose d’autre.

Et donc ?

Pour autant, j’ai choisi cette dernière phrase à dessein, comme le signale le quasiment subtilement placé là, absolument pas par hasard.

Si j’espère maintenant trouver un peu de stabilité dans ma vie, je n’abandonne aucunement mes envies de voyage(s): j’espère encore, à court ou moyen terme, vous emmener me balader avec moi dans X² lieux magiques, que ce soit dans les tréfonds de l’Amérique du Sud ou dans les tréfonds glacés du Yukon, d’un continent à un autre, comme nous le faisons ensemble depuis maintenant plus de trois ans.

Et puis, j’ai également mes informations: j’espère voir quelques limites d’âge disparaitre, être repoussées à 35 ans ou – encore mieux – abolies pour les dignes membres de la confrérie des GM.

Tout ça pour dire que…

Si, au final, je n’irais probablement ni en Australie ni en Argentine sous la bannière des PVTistes, c’est aussi – et surtout – une question de temps, d’envie, de moyens.

J’avoue aussi en toute honnêteté ne pas être excité du tout à la perspective de me retrouver fruitpicker en Tasmanie ou Glass Runner à Melbourne. J’avoue de même que de (re)devoir tout plaquer une nouvelle fois pour ne rien rebâtir d’autre que ma légende personnelle est une démotivation présente.

Cependant…

J’ai dans ma valise quelques jolis projets, quelques envies, quelques rêves dont je sais qu’ils existeront un jour ou l’autre. Que ce soit ce trajet Inuvik-Ushuaïa, cette traversée en Transsibérien ou même ce tour du monde à la thématique cachée, j’ai l’intime certitude que mon temps est très, très loin d’être arrivé à son terme et que je (nous ?) vivrai (vivrons ?) encore de belles aventures.

Je suis en deuil de mes Visas mais je fête ce jour le début d’une nouvelle expérience.

A King is Dead…
Long live the King !