Perdu(s) dans le Grand Nord

Après notre sympathique excursion à la beach, c’est avec deux potes nommés entrain et volupté que nous sommes remontés avec DeT dans notre petit bus en direction du nord et de deux bleds spottés sur la carte : Durness et Tongue.


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Au programme théorique : du désert, des collines, des moutons, du camping et de l’imprévu, histoire de respecter la tradition.

Le trajet de Kinlochvernie à Durness est tout juste splendide. C’est même à vrai dire les plus paysages que j’ai croisé durant le voyage, avec l’Ecosse dans tout ce qu’elle a de plus beau et de desespéré, avec la solitude infinie des Highlands, l’étendue bleutée des lacs endormis dans lesquels se reflètent les ruines (surement) millénaires de châteaux  et où paissent gaillardement les moutons.

Pas super parlant mais ça fera office, faute de mieux.

Durness n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un lieu de charme: une rue (unique) où se suivent diverses battisses allant du supermarché à l’épicerie en passant par le Camping et le Tourism Centre. Etant cependant situé sur le littoral, le village offre une superbe plage propice à la détente et à la balade ainsi quelques petites randonnées sympathiques et pas trop ardues. Elle est également connue pour avoir été le lieu de villégiature de John Lennon, himself, qui en parle même dans sa chanson In my life (plus d’infos ici).

A ce propos savez-vous pour les religieuses asiatiques adorent les Beatles ?

Pas mieux que la précédente.

Le camping est vaste, plus ou moins bien tenu, avec des infrastructures honnêtes à défaut d’être exceptionnelles. La réception n’est ouverte que deux fois par jour (le matin et le soir en fait) mais vous pouvez choisir le pitch qui vous sied et vous installer tranquillement. Cependant, gaffe, car le coin est terriblement venteux. Je faisais de gros yeux en voyant la tente ployer à 110° (au moins) et prête à se transformer en cerf volant à la moindre rafale… ce qui s’est au final avéré être une crainte inutile, Quechua faisant quand même du bon matos.

Le soir (et la pluie) venant, DeT se mit en tête, lassée par ma Procrastination chronique, de détailler toutes les étapes à venir, de vérifier chaque bus, chaque trajet, chaque machin-bidule-chouette, histoire que nous ayons pour planning autre chose qu’un « humpf, on verra bien, on s’en fiche, on y arrivera bien » pour référentiel.

Elle passa donc une soirée entière à dépouiller le Routard, les horaires de bus, les prospectus et ainsi de suite avant de gaillardement me sortir une feuille de route minutée au dixième de seconde près et destiné à répondre à toutes mes questions, même les plus inattendues.

Où aller ?

Le résultat fut à la hauteur de l’effort investi: une catastrophe d’une ampleur insoupçonnée. et inattendue.
Tout, absolument tout, s’est avéré faux, foireux, raté, mal compris, mal lu, mal interprété, mal compris.

A la décharge de ma DeT (enfin façon de parler hein !), il est vrai que les infos du guide étaient relativement inexactes, que ni le school ni le postal bus ne passent en dehors des vacances scolaires, que la nana de l’office nous a refourgué des horaires de train et que nous avions choisi d’aller à Tongue.

Il n’empêche que voir sa tête déconfite à chaque nouveau raté, lire son désarroi dans ses yeux de biche et l’entendre maudire à chaque seconde tout un Panthéon de dieux méconnus fut un délice assez malsain et ironique pour que je m’en délecte encore aujourd’hui avec moult plaisir (et une très extrême mauvaise foi).

Langue de Tongue

Etant donné la tournure des événements, c’est donc bien logiquement que nous nous sommes tournés vers la solution alternative la plus logique: tendre le pouce !

Postés en bordure de l’office, nous avons attendu, attendu, attendu et encore attendu, sans que rien ni personne ne daigne s’arrêter. Force m’est à ce propos de constater que DeT n’en a absolument pas profité (mais alors pas du tout) pour se moquer de mon inexorable confiance en l’humanité et ses automobiles. Elle a même plutôt arboré un splendide sourire, prenant les contretemps avec philosophie et bonne fortune, ne m’accablant pas d’épithètes qui auraient pu être mérités voire même légitimes.

Après avoir attendu juste 4 heures et demie pour une voiture, nous avons finalement décidé de plier bagage et de marcher, loin de cette Durness inhospitalière, tentant ainsi de provoquer cette chance supposée disparue.

L’ironie est simple : c’est en marchant sur une route déserte que nous avions en fait le plus de chances de nous faire prendre (si je puis dire ainsi), vu qu’aucun écossais digne de ce nom ne laisserait deux pauvres voyageurs errer à la tombée de la nuit

C’est donc ainsi que nous nous fîmes embarquer par un délicieux boucher d’Inverness (que je baptise Jim) pour une sympathique ride de 50 bornes. Ce charmant Jim s’enquit, pendant sa conduite, des moyens dont nous disposions pour cuisiner, ce qui alluma dans ma tête une petite lueur du genre « se pourrait-il que… ? »

Et bien oui !

Une fois arrivés, c’est avec les yeux effarés que je l’ai vu nous offrir quatre steacks hachés, autant de saucisses et… un Haggis, un vrai de vrai (autrement dit: une panse de brebis farcie avec les entrailles dudit animal).

Tongue Castle

Pour conclure dignement, il s’est avéré que le camping prévu était à 4 miles de la ville et que nous devions donc aller ailleurs avant d’explorer le lendemain ce petit coin de paradis… mais c’est une autre histoire à suivre au prochain épisode !

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2 thoughts on “Perdu(s) dans le Grand Nord

    1. Y en a déjà quelques unes de par ici mais je vais peut-être compiler un best-of à l’occasion.

      D’ailleurs, j’ai cru lire que tu avais usité du pouce vers Terre Neuve non ? 🙂

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