Muses et musées: la culture ostendaise

Pour ce nouvel épisode du #FlandreTrip, je vous propose de continuer la découverte d’Ostende avec 3 visites vraiment sympathiques, qui vous occuperont en  toutes circonstances, quelque soit le temps. De Marvin Gaye à l’art contemporain, du MuZee à l’histoire de la ville dans la peinture du XXIème siècle, Ostende regorge en effet d’un patrimoine riche et surprenant et bien des surprises vous attendent à chaque coin de rue, au détour d’une balade maritime ou encore dans les petits passages du centre-ville.  A la découverte de la culture ostendaise: c’est ici et maintenant !

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Muses et Musées: la culture ostendaise

Marvin, ce local venu d’ailleurs

L’une des grandes surprises de ce voyage fut, pour moi, d’apprendre que l’un des plus grands tubes de Marvin Gaye fut créé, écrit et composé à Ostende. Je ne vous parle d’une quelconque petite chansonnette des 80’s, pas non plus d’un pseudo truc en carton venu de nul part ou encore moins d’un machin-bidule-chouette vaguement formaté pour cartonner. Non, je vous cause d’un hit interplanétaire, relatif aux plaisirs charnels, chanté sur un rythme lent, lancinant, sensuel et qui commence comme ça:

Ooh, now let’s get down tonight
Baby I’m hot just like an oven
I need some lovin’
And baby, I can’t hold it much longer
It’s getting stronger and stronger
And when I get that feeling
I want Sexual Healing Sexual Healing, oh baby


Pour notre plus grand plaisir, il est possible de retracer l’aventure ostendaise de Marvin Gaye, par le biais d’un parcours de deux heures à travers la ville, fort judicieusement appelé le Marvin Gaye Midnight Love Tour.

Ne vous attendez pas à un tour classique, avec un guide et un groupe: l’office de tourisme a décidé de jouer la carte de la modernité, de l’interactivité et de la liberté en équipant les visiteurs d‘un Ipad et d’un programme spécialement dédié à la visite. Autrement dit, vous êtes totalement libres d’effectuer la visite comme bon vous semble (même si le bon sens recommande bien sur de suivre les étapes dans l’ordre chronologique…). Tout au long d’une dizaine d’arrêts, tous indiqués via une carte online, vous regarderez des vidéos, entendrez des témoignages et retracerez le parcours de M.Gaye depuis son arrivée jusqu’à la sortie de l’album bien connu.

Le choix des intervenant m’a paru pertinent et les différents témoignages offrent une vraie (et belle) immersion dans la vie quotidienne de notre héros. On s’attache aux personnages, on rigole avec eux et on se retrouve même un peu triste à la fin, quand l’histoire s’achève – un peu – en queue de poisson (no spoiler !). De plus, la balade permet de découvrir des coins pas connus d’Ostende, comme ce collège/écuries royales en bois (où il a joué au basket !):

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 Bref: si vous êtes musicophile, fana ou encore (comme moi), simplement curieux, ne ratez surtout pas cette géniale promenade/balade/randonnée à réserver à l’Office Tourisme (ou de par ici).

Le surréalisme au MuZee

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Depuis le 6 juillet (et jusqu’au 17 novembre) se tient une exposition assez géniale consacrée, comme son nom l’indique, à Dada, au surréalisme et à l’alphabet d’étoile de E.LT. Mesens:

 L’alphabet d’étoiles d’E.L.T. Mesens. Dada et surréalisme à Bruxelles, Paris et Londres. Découvrez un grand inspirateur et artiste surréaliste de la scène artistique belge et internationale de l’époque : Édouard Léon Théodore Mesens. Il est celui à qui René Magritte doit sa célébrité internationale et qui a fait découvrir le surréalisme en Angleterre !

Édouard Léon Théodore Mesens (1903-1971) est l’un des principaux acteurs internationaux de la scène artistique de la première moitié du 20e siècle. À la fois musicien, poète, éditeur, photographe, commissaire d’exposition, marchand et collectionneur d’art, il est un artiste talentueux et flamboyant. À travers des collages, des écrits et des publications d’exception, l’exposition retrace l’histoire fascinante du dadaïsme et du surréalisme
 
E.L.T. Mesens fait partie des principaux fondateurs du mouvement surréaliste, auquel il adhère dès le début. Par ailleurs, il joue un rôle actif dans le monde artistique européen et, à partir des années vingt, il compte parmi ses amis le poète roumain Tristan Tzara, l’artiste néerlandais Théo van Doesburg et le compositeur français Erik Satie.  
C’est grâce à lui que René Magritte acquiert une notoriété internationale et que l’Angleterre découvre le surréalisme ! Il se lie d’amitié avec de nombreux artistes, tels que Roland Penrose, Lee Miller, Max Ernst, Kurt Schwitters, André Breton et Man Ray. Entre 1938 et 1950, il dirige la London Gallery où des artistes comme René Magritte, Paul Delvaux, Giorgio de Chirico et Pablo Picasso exposent leurs œuvres. Sa vie est entièrement placée sous le signe de la fantaisie et de la poésie. Dans les années cinquante, il revient au collage et organise de grandes expositions au casino de Knokke.
 
Découvrez Dada et le surréalisme à Bruxelles, Paris et Londres. L’exposition L’alphabet d’étoiles d’E.L.T. Mesens présente d’innombrables œuvres d’art, écrits et photographies de René Magritte, Man Ray, Lee Miller, Paul Klee, Max Ernst, Pablo Picasso, Salvador Dali, Paul Delvaux, Yves Tanguy, Amadeo Modigliani, Desmond Morris, Kurt Schwitters, et bien d’autres encore !
Source
Ayant fait, dans ma folle et impétueuse jeunesse, de longues études d’histoire de l’art, j’avais eu la chance (ou pas) d’étudier quelque peu le surréalisme et le bordel incroyable qui gravitait autour de ce mouvement artistique majeur du XXième siècle, tout en démesure, folie et réinterprétation des normes existantes. Détournement, folie, remise en cause, foutage de gueule ouvert et autres hallucinations: c’est, pour moi, le surréalisme dans tout ce qu’il y a de plus beau.
Mouvement Immobile II 1960 by E.L.T. Mesens 1903-1971
Il se trouve, par un heureux hasard, que l’expo présente ce courant sous plusieurs intéressantes facettes, sans se limiter à l’un ou l’autre de ses aspects. De plus, la variété des oeuvres, nullement limitées à des peintures, offre une vaste perspective artistique, ne limitant donc nullement le champ des expérimentations. De plus, la mise en avant des ouvrages de notre ami Mesens (que je ne connaissais pas, honte sur moi !) offre de belles découvertes et un contrepoint bienvenu pour mieux saisir la naissance et l’évolution internationale des surréalistes. J’avoue avoir été scotché par la lecture de quelques journaux de l’époque et avoir adoré la douce folie qui s’en dégageait, tout comme dans certaines séries photographiques assez gratinées…

Le reste du MuZee est l’avenant, avec une impressionnante collection de tableaux et œuvres diverses couvrant l’art belge depuis 1830. Le bâtiment est grand, spacieux, lumineux et aéré. C’est un vrai plaisir que de déambuler dans les allées, de se perdre d’étages en étages de découvrir toutes les facettes de la créativité nationale, qu’elle soit passée ou présente:
Les pièces maîtresses de la collection du Mu.ZEE datent de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Elles portent la signature d’artistes du nom de James Ensor, Léon Spilliaert et Constant Permeke. La collection compte 3500 numéros d’inventaires. Elle comporte un important ensemble de Léon Spilliaert (160 œuvres) et de Constant Permeke. La collection retrace en outre l’émergence de l’expressionnisme, à travers des œuvres de Jean Brusselmans et Paul Joostens (plus de 350 collages).
Source
N’hésitez pas, en tout cas, si vous avez l’occasion, de vous y rendre: ce n’est vraiment pas du temps de perdu et l’on ressort de là avec l’envie de se mettre, aussi, à l’art !

James Ensor

Si vous avez apprécié la visite virtuelle en compagnie de Marvin Gaye, ne ratez l’offre expérience interactive Parfum d’Ostende, consacrée au Baron James Hensor. D’une durée équivalente à la première citée (soit environ 2 heures), c’est, je cite, « Une agréable surprise pour ceux qui connaissent Ostende, une découverte insolite pour ceux qui souhaitent faire la connaissance de la Reine des Plages ».

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Quoi de mieux que les mots de notre héros pour conclure cette revue culturelle ?

Ostende. C’est ma muse, mon inspiration. Les touristes qui pullulent, le bruit de la mer, l’animation du port, la lumière sur les toits ostendais. Et l’odeur inimitable de ma ville. Le parfum d’Ostende… »

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