temps de lecture: 2 mn

Mes quatorze juillet

Je m’aperçois, en ce jour de fête nationale, que c’est la première fois depuis 2002 que je suis à Paris en juillet, ayant plutôt eu l’habitude de m’exiler dans de lointaines contrées (in)hospitalières pendant l’été.

Nonobstant l’envie de déblatérer sur l’éternelle envie de bouger, inhérente à cette époque, je me fais plutôt fort de vous conter trois petites anecdotes de ces Bastille Day passés, pour ce qui est le 601ème article !

Ballina, Irlande, 2003

J’encadre un groupe d’adolescents français en séjour linguistique dans cette charmante petite ville irlandaise. La tradition (ou le sens pratique) veut que l’on se retrouve tous les soirs au Meeting Point, une statue située non loin du centre.

D’habitude, nous y sommes seuls. La surprise fut donc d’autant plus forte quand nous arrivâmes et vîmes tout un attroupement d’officiels bardés d’écharpes plus ou moins tricolores et accompagnés d’une fanfare jouant la Marseillaise.

Il se trouve en effet que Ballina est jumelé avec une petite ville d’ile de France et que c’était l’anniversaire dudit jumelage.

Le maire, qui avait fait le déplacement, apprécia très moyennement notre arrivée ainsi que la formation spontanée d’un chœur adolescent qui reprit avec moult entrain et à moults reprises notre hymne, tout en y introduisant quelques subtiles modifications (dont je vous ferais grâce ) très politiquement incorrectes…

Castlebar, 2005

Encore en Irlande mais dans une autre ville: Castlebar la riante. La tradition, cette fois, nous demande de faire un barbecue en bordure de rivière.

Seul souci: nous n’avons pas de barbecue !

Ce fut donc une course effrénée dans les 3 supermarchés de la ville où nous trouvâmes un truc en kit monté sur des vagues roulettes, pourvu d’une pseudo-grille et d’un tout petit foyer mais ressemblant incontestablement, une fois monté, à l’objet de nos désirs les plus fous.

Cela n’aurait pu être qu’une péripétie mais une invitée surprise est venu nous dire bonjour: la pire tempête jamais vue depuis dix ans.

Ce fut donc débandade, barbecue cassé, courses éparpillés, monos et ados trempés et soirée partie en… fumée !

San Francisco, 2006

Même histoire que précédemment avec l’encadrement d’un groupe mais, ce coup-ci, sous le soleil de la Californie. Notre directrice propose, en cette belle soirée, d’aller nous balader en ville et d’aller passer la soirée dans le quartier français, si tant est que celui-ci existe…

Las ! Ledit quartier s’est résumé à une seule ruelle, encadrée par X² restaurants franchouillards hors de prix et sans rien de bien abordable ni de convaincant.

Résultats des courses: on a passé plus de temps dans le métro à faire le trajet que sur place à regarder les gens…

Finlande, Islande, Espagne ou Cuba

Strictement rien à en faire !

C’est fou comme, des fois, les traditions immuables de la Maison apparaissent inutiles lorsqu’on voyage à l’étranger. Donc, dans 90% des cas, on se contente d’un vague « Oh, c’est le 14 juillet ! » et basta.

Et vous, vos 14 juillet ?