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Le sauvage n’est pas toujours celui que l’on croit

Une semaine sans rien écrire ?

Voila que je m’étonne donc moi-même ! Où sont donc passés les récits de voyage, les histoires foireuses et autres top qui ont fait de ce lieu ma légende et de mes écrits mon (futur) boulot ?

DTC me répondront certains (I can’t wait seeing that written as a comment…), paresseux me diront d’autres (idem) et d’aucun ne se doutera que j’ai été un tantinet actif ces derniers temps, rédigeant une espèce de dossier sur le PVT au Yukon m’ayant obligé à remettre à jour toutes mes sources, à replonger dans des latitudes géographiques quasi glaciaires et à m’esbaudir devant des photos que je croyais perdues.

Si l’activité épistolaire me permet d’occuper un peu de mon temps, je profite de l’immense vacuité d’icelui pour errer dans les rues de ma chère Capitale, le regard persan (ah ça iran, ça iran, ça iran…) et l’âme fière, repensant à cette Nouvelle Zélande qui me parait si éloignée.

Je visite également des musées (www.mavie.com) et les expositions de ceux-ci, ayant notamment trainé mes guêtres du côté du Quai Branly (où j’ai rusé comme un chacal de basse zone pour ne pas payer l’entrée).

J’ai ainsi pu voir de mes propres yeux la très, très médiocre exposition sur la Patagonie.

Escroquerie étatique

Celle-ci ne comprend aucune photo et est consacrée à la région comme terre fantasmée/fantasmagorique. C’est surement très intéressante mais en lisant « Images du bout du monde » sur l’affiche, je m’attendais à voir des trucs beaux, propre à me faire bêler de joie et à me donner envie de traire un bouc.

Que nenni, que nenni !

S’en est suivie fort logiquement une petite attente pour aller explorer le second truc organisé en même temps

So vague

Déjà plus consistante en terme de contenu, cette expo souffre quand même de quelques petits trucs vraiment bizarres:

– Une disposition archaïque dans l’organisation: c’est étroit et en forme de goulet. Super pratique dès que 3 personnes s’agglutinent devant un écran.Le sauvage se transforme vite en freak, avec tous les documents à l’appui, principalement en provenance de Barnum and cie: femme à barbe, nains, géants, siamois et j’en passe et des meilleurs.

– Il y a un petit côté voyeurisme assez malsain à regarder les vidéos diffusées, notamment celles sur la Venus hottentote. C’est bien beau de vouloir expliquer le regard porté sur le prochain et de montrer comment (et pourquoi) celui-ci est passé au statut de sauvage/freak. Par contre, appliquer la recette dénoncée, ça manque un poil de classe.

– Y un passage sur les indiens d’Amérique qui est assez space (et dont je n’ai pas toujours saisi le rapport forcément évident avec le reste de l’expo).

– La visite se termine avec la projection sur 3 écrans (genre triptyque) d’un machin assez inattendu et d’assez mauvais goût: le film Qui est votre sauvage ? de Vincent Elka. C’est un espèce de truc moralisateur qui fait se suivre diverses témoignages de personnes « pas comme les autres » (si j’ai tout suivi): une femme voilée, un couple homo, une grosse, un juif, etc etc. J’étais assez incrédule en regardant ce machin-là, me demandant quel était le message subtil que les commissaires essayaient de faire passer en projetant ça. J’ai tenté de m’accrocher et j’ai finalement décroché très vite, tout comme les quelques pèlerins paumés à mes côtés. Si j’ai rien contre les messages à caractère politico-bisounours, je ne vois  toujours pas ce que ça avait à foutre là, dans ce contexte et à cet endroit. En plus, j’aime pas qu’on me dise ce que je dois penser (oui, j’suis un rebelle trop ouf qui prend des positions extrêmes !).

Pour ceux qui voudraient avoir un point de vue plus développé (et professionnel aussi) là-dessus, vous pouvez jeter deux yeux sur cet article: http://osskoor.com/2012/01/05/exhibition-linvention-du-sauvage-au-quai-branly/ sans oublier de lire les commentaires, qui valent leur pesant de cacahuètes.

De mon côté, ce sera tout pour ce soir !