Le Pukarà de Quitor

Pour ce second article de la (toute nouvelle) série Chili, je vais vous parler d’un endroit situé à trois kilomètres de San Pedro de Atacama, un endroit aride, sec, ensoleillé et comme perdu, loin de tout, au nom délicieusement exotique : El Pukarà de Quitor. Cependant, avant de vous raconter ce que j’y ai vu et fait, il faut que je vous dise quelque chose : je n’ai PAS aimé le village de San Pedro. Véritable Mecque du tourisme, les agences succèdent aux agences, les hôtels côtoient les auberges sises à côté des lodges situés à proximité des campings, le tout dans des rues de boues et de poussières, où dorment les chiens et passent les locaux, avec un ratio de 1 pour 10 (un chilien pour 10 touristes). Pendant mes quatre jours dans la région d’Atacama, je n’ai trouvé l’authenticité et la solitude que loin, très loin du « centre ». Soyez donc prévenus : pour un Chili authentique, il faut partir dans l’arrière-pays ou savoir précisément où chercher.

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Pas cher, pas loin, pas (si) fréquenté

Si vous êtes à Atacama, c’est que vous savez (plus ou moins) ce que vous faites la. Vous êtes attirés par les merveilles naturelles, par la promesse de décors impériaux, d’un soleil terrassant et de nuits étoilées d’une beauté infinie. Vous êtes aussi, normalement, doté d’un budget conséquent car toutes ces excursions ne sont pas gratuites et coûtent chacune un sacré poids en dizaine de milliers de pesos. Si tel n’est pas le cas, si vous préférez commencer votre aventure en douceur ou si vous êtes, comme moi, du genre à fuir gentiment les foules alors consacrez donc un après-midi au Pukarà de Quitor, en ayant en tête trois arguments conséquents

1) Il est à trois kilomètres de la ville donc accessible à pieds et en vélo.
2) L’entrée ne coûte que 3000 pesos.
3) Peu de gens s’y rendent.

Je rajouterais, en passant, que la balade pour y aller est plate, pas ombragée et offre quelques sympathiques moments d’aventure, comme avec ce pont permettant aux piétons et aux vélos de passer outre la route immergée.

Pont San Pedro

Aucun souci pour vous diriger : suivez la rivière en la laissant toujours à votre droite, ne traversez jamais et roulez jusqu’à ce vous voyez ce petit abri, qui est l’abri à vélo ET la guérite où le sympathique gardien va accepter votre argent, vous remettre un petit prospectus et vous montrer ce que vous pouvez faire. Temps total depuis le franchissement de la rivière : dix minutes à pédaler doucement.

Puqua de Quitor

Le site archéologique

Autant vous le dire de suite : le site archéologique du Pukarà de Quitor n’est pas d’un intérêt extraordinaire si vous vous contentez de regarder les ruines. Le long d’une pente (bien penchée) se dressent des murs, des fondations, des amas de pierre. On peut entrer dans certaines mais 99% du chemin se fait en montant un chemin abrupt.

Le Pukara de Quitor

Il s’agit en fait des restes d’une forteresse atacamène (d’où vient le nom Atacama) construite au XIIème siècle et qui avait une vocation essentiellement défensive. La position, éminemment stratégique, tint jusqu’en 1540 et une bataille contre les conquistadores espagnoles à l’issue de laquelle le commandant Francisco de Aguirre fit massacrer 300 indiens. Les ruines ont été restaurées à deux reprises, en 1981 et 1992. Le site est un monument national et il vaut mieux que vous fassiez attention à vos gestes : pas de souvenirs ni de graffitis et aucun franchissement des barrières. D’autre part, soyez vigilants quand vous faites des selfies au bord du chemin : le précipice est de type vertigineux ET mortel (mais le panorama sur la vallée de San Pedro est très sympa).

La vallée de San Pedro
Un petit conseil de bon sens, en passant : prenez de l’eau, un chapeau et tartinez-vous de crème solaire écran total avant de partir. Le soleil tape (très) dru et les coins ombragés sont aussi présents que les hordes de caribous à Paris (et c’est pas rien que de le dire).

Le mirador

Si vous avez du temps, que vous avez envie de marcher sous le cagnard, au milieu des rochers et que vous voulez être récompensés par des vues sublimes sur le monde qui vous entoure alors ne ratez surtout pas la seconde option de visite qui consiste à monter vers le Mirador, en contournant ce coup-ci les ruines de la forteresse sur leur gauche. Profitez de la zone ombragée (et des WCs) avant d’entamer la montée !

Le chemin vers le Mirador

Le premier secteur serpente follement et la tentation est grande de couper les virages. Bien sur, en touriste(s) respectueux des lieux, vous ne le ferez pas et suivrez le chemin, quitte à baver quelques fois jusqu’à arriver à la première étape où vous pourrez faire quelques superbes clichés.

L'arche du Pukara

La chaine des volcans vue depuis l'Arche

A présent, la suite de l’Aventure ne dépend que de vous, sachant que vous n’êtes qu’à une grosse poignée de minutes du Mirador et que le reste du chemin est très facile, bien que ne présentant toujours qu’un intérêt panoramique.

Le dernier secteur de Quitor

Une autre vue depuis le chemin

Une fois arrivés là-haut, vous constaterez que vous êtes en terrain religieux, avec la présence de quatre croix massives, plantées au sommet de la colline. L’atmosphère est silencieuse, empreinte d’un certain recueillement et m’a semblé propice à une certaine introspection, prolongée par la contemplation du paysage. L’endroit serait parfait pour assister à la création du monde !

L'arrivée vers le sommet

detail des croix

Là-haut, admirez le panorama, profitez des tables installées à l’ombre, buvez, détendez-vous et préparez-vous à la redescente vers la vallée et le Rio San Pedro !

Vue depuis le sommet du Puraka de Quitor

Seconde vue depuis le sommet

Panorama sommet

Pour le retour, prenez le même chemin et vous serez à San Pedro de Atacama en dix minutes environ. Le site est ouvert de tôt (8 heures le matin jusque 19h30 le soir, en fonction de la saison) et permet donc de profiter pleinement des lieux en toute tranquillité. Si vous avez donc quelques heures à combler dans votre emploi du temps, je recommande donc fortement la visite du Pukarà de Quitor !

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