L’angoisse de la page blanche.

L’angoisse de la page blanche

Vide.
Néant.
Immobilité.
Lassitude.

Trente minutes que je suis assis devant mon écran, les yeux fixés sur un point imaginaire, dans un horizon bouché par le rideau du salon. Mes mains reposent sur le clavier, tapent quelques mots. Réflexion. Retour arrière. Mes doigts tapotent la table blanche, entre exaspération et fatigue. Un thème vient, un tournure apparait pour mieux partir. Aucun style, aucun intérêt dans le contexte présent. Les minutes s’égrènent, le temps passe.

Une tasse de café.
Quelques tirées électroniques.
Goût de menthol dans la bouche.

Page blanche

Je feuillette mon carnet de voyage. J’essaie de décrypter mes notes précédentes, de retracer les traces d’un voyage récent. Quelques idées fusent. Pas de moyen d’en tirer quelque chose de propre. Je saute d’onglet en onglet, regarde ma TL, surfe vaguement sur le Web. Je ressasse une expression que je tente de polir, comme un caillou. Efforts vains. Les minutes sont devenues des heures, le temps passe.

Un film sur l’ordinateur.
Des sous-titres en anglais.
Une discussion via un tchat.

Je me rassieds. Je me cale. J’inspire. Je trouve un titre que j’efface une nouvelle fois. Je m’exaspère, je m’agace, je m’énerve, je vitupère. Je veux écrire, je veux décrire, je veux parler, je veux raconter. Intentions louables pour un résultat nul. Aucune lettre n’est encore apparue sur l’écran. Je me lève, cherche un but. Je tourne. J’erre. Je reviens. Les heures sont devenues journée, le temps passe.

Page blanche

Une porte qui s’ouvre.
Les rires d’un enfant.
La chaleur d’une voix aimée.

Je souris extérieurement et boue intérieurement. Aucune avancée franche, aucun travail entamé. La procrastination élevée en mode de vie. Toujours remettre à après-demain ce qui aurait pu être fait avant-hier. S’assoir à une table. S’enquérir de la journée écoulée. Sourire. Mégoter. Se moquer. Embrasser. Caresser. Les heures se sont amassées, le temps passe.

Le silence de la nuit.
La lune dans le ciel.Une place vide.

La journée est terminée. Le temps est passé.

5 thoughts on “L’angoisse de la page blanche.

  1. Tu devrais méditer 😀
    Créativité garantie 😀
    (bon, je dis ça mais je dessine des bonhommes bâtons dans un « carnet » de voyage ^^)

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