Six mois et moi et moi et moi.

Un seul texte pour deux sites: c’est de la paresse pure mais je vérifie en parallèle que les bébés lapins ne se fassent pas bouffer par le chat (et que celui-ci ne serve pas de pâté au chien en passant).

Sinon, ça fait 6 mois que je suis en NZ.

Youkaïdi non ?

Attention, c’est pas super structuré

Océanie
Nouvelle Zélande
South Island

Cherchez à chaque fois l’intrus (pas sur que vous en trouviez nonobstant).

Cela fait six mois que je suis ici en WHV. Deux mois à Wellington et quatre mois sur la route, sur l’Ile du Sud.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: plus d’habitants à Paris que de par de ici, dans ce petit coin où j’ai élu résidence.

Je fuis toujours les grandes villes – Auckland, Christchurch. J’ai aimé pourtant Wellington mais une fois la Coupe du monde finie, l’appel du Large a été le plus fort. D’ailleurs, en prenant le ferry sous un temps brumeux, j’entendais déjà bêler au loin les moutons (on a le Large que l’on mérite !).

En solitaire, seul et en solo, ne faisant duo qu’avec mon Backpack, je trace ma route, au gré des opportunités, des lifts, des fermes à venir et des trucs entraperçus au détour d’un I-Site.

Comme d’habitude, voir et entendre parler français autour de moi à longueur de temps n’a pas de sens. Je ne suis pas venu ici pour cela. Autant dans ce cas aller en Suisse ou en Belgique voire même au Canada (dis-je sans une certaine mauvaise foi pour le coup). J’aime fréquenter des francophones, des français mais je ne veux pas que ma vie ne tourne qu’autour d’eux et c’est exprès que je me complais dans ma solitude anglophone (d’un point de vue linguistique !).

Le monde du boulot payé m’est toujours (presque) inconnu. La grâce du HelpX (béni soit son inventeur) m’a donné des opportunités professionnelles assez hallucinantes pour le Parisian-born que je suis: de ferme en ferme, j’apprends toujours plus sur ce monde dont j’ignore tant et dont je deviens petit à petit amoureux. Moutons, vaches, veaux et cochons me donnent un Background pastoral inattendu qui fera forcement tâche plus tard sur mon Curriculum Vitae.

Je ne compte plus les endroits où j’ai logé, d’une nuit à une vie. D’une hutte en bois du côté d’Abel Tasman à la chambre d’une ferme perdue dans l’immensité des Sounds en passant les dortoirs des auberges karaméennes, je me réinvente à chaque fois un nouvel espace clos, comme privé, tentant de créer encore et encore de bien illusoires repères (pas facile à 8 dans la même chambre !).

J’ai passé plus de 5500 kilomètres sur les routes du pays, autostoppant, encore et encore, réussissant toujours à atteindre mes pseudos objectifs du jour.

Je rencontre une foule de gens incroyables. Des idiots aussi comme partout (quoique…).

Je ne programme toujours rien et voyage toujours au gré de mes envies, en fonction de l’argent pas gagné mais pas encore dépensé.

Je n’ai pas trouvé ici non plus d’Eldorado ni d’Enfer de Dante.

Je repartirais avec beaucoup de certitudes et surement avec plus encore de doutes.

Mais…je réalise un truc vraiment pas programmé:

Mon WHV dans ma Nouvelle Zélande !

PS: C’est tiré d’un truc déjà écrit, je le sais aussi !

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L’homme du Sud, le seul, le vrai

Comment reconnaître un homme, un vrai, en Nouvelle Zélande ?

Petit florilège de trucs vus sur les pubs de la bière Speigh, la seule, l’unique !

En ces temps de défaite contre les australiens abhorrés, il est temps de se rappeler comment identifier ces hommes (et leurs chiens) qui font de la Nouvelle Zélande un superbe pays.

Le chapeau: Pratique, usé et jamais porté vers l’arrière. Ne sera jamais vu accompagné d’un bandana

Les cheveux: Seulement coiffés par un coiffeur ou le vent du sud. Ne seront jamais traités avec des trucs chimiques et n’ont jamais vu de gel, glue ou autre substance interdite

Le cerveau: Pense à la bière, aux potes et à la physique quantique (juste au cas où).

Les oreilles: Spécialement réglées pour réagir à la composition des All Blacks et aux résultats de rugby. Restent insensibles aux sonneries des portables et aux discours des politiciens.

Les sourcils: Se froncent en voyant des Aucklanders essayer de remonter Queen Street en 4×4.

Les yeux: Jamais cachés derrière des lunettes de marques. Trouvent facilement des chemins dans le bush (si vous avez   besoin d’un GPS, restez chez vous). .

Le nez: Agressé par n’importe quel parfum non achetable en épicerie. Sent instantanément la différence entre la viande fraichement tuée et celle du supermarché. Peut renifler un bon deal à 40 bornes.

La bouche: Là où la bière va.

Les joues: N’ont jamais et ne seront jamais rasées par un truc pourvu de plus d’une lame.

La mâchoire: Est tombée lorsque que la danse de chambre a été faite sport olympique

La gorge: Voir bouche

Les épaules: Suffisamment larges pour supporter le poids d’une défaite des AB ou la victoire d’un avocat comme « Jeune fermier de l’année »

Le cœur: Ancré solidement dans le Sud, même pendant un déplacement au nord de Waitaki. Se brise s’il sort du Southland plus de 3 jours de suite.

Le corps: N’a jamais été recouvert d’un truc comme le nylon,ou le lycra. Porte seulement des trucs qui grattent. Peut être revêtu d’un pull si la température atteint le zéro absolu.

L’estomac: Contient des traces de bière, d’huitres crues, de steaks et de sauces variées. N’a jamais vu de quiche (et n’en verra jamais)

Les bras: Utiles pour jaillir hors de la fenêtre de la voiture et signifier aux autres conducteurs leur incompétence totale au volant.

La main gauche: Sert à boire la bière et peut – très éventuellement et uniquement pour des raisons professionnelles – consentir à tenir un téléphone portable dont la sonnerie ne sera en aucun cas ressemblante à Stars Wars ou l’œuvre d’un compositeur mort depuis plus de 200 ans.

La main droite: Tient, en même temps, un ballon de rugby, un fusil, une tondeuse, le matériel du barbecue et les outils pour la clôture.

Les doigts: Peuvent jouer deux morceaux à la guitare: « Ten guitars » et « The Southern Man Song ».Peuvent également servir à indiquer le nombre de bières désirées dans un bar un soir de fête.

Les jambes: Se lèvent pour l’hymne national. Se dirigent vers la direction opposée si les termes «  Foxtrot » ou « Parade » sont prononcés.

Les genoux: Souvent vus pliés pendant une prière récitée lors des dernières minutes d’un Test Match.

Les pieds: Parfois (voire même souvent) connectés avec la partie arrière des chiens, des moutons, du bétail ou des ouvriers agricoles.

 

Wouf

Le chien

Les oreilles: Réagissent à l’appel de «Dog» ou « Ya bloody Mongrel » (Nd: Patois fermier intraduisible !).

Le nez et les yeux: A l’affut pour les lapins, rongeurs et autres non-buveurs de bière

Les dents: Voir au dessus.

Le corps: Capable de passer au travers d’une cloture à n’importe quelle vitesse. N’a jamais été baigné dans un truc parfumé (sauf si la merde de mouton est considérée comme tel).

Les pattes: Peuvent aller partout, n’importe comment, n’importe quand.

Autres trucs: Pour lécher, renifler ou pisser sur des prétendus 4×4 ou des voitures vraiment trop propres.

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(Eternelles) Questions

Questions

 

  • Kaikoura ou Cap Farewell ?
  • Est-il normal de trouver des backpackers avec plus de staff que de clients ?
  • Dois-je aller voir l’ile du nord ?
  • De combien de mois dois-je repousser mon départ ?
  • Suis-attendu au tournant ou au pied ?
  • Argentine, Corée, Australie, Tour du monde ou France ?
  • Réponse-Son existe-t’il ?
  • Quel sera la prochaine question ?
  • CQFD ou Dixit ?
  • Quel est la dose de retard maximum tolérée pour rendre des travaux attendus ?
  • Doit-on aimer ce que l’on est, ce que l’on prétend être ou ce qu’on laisse paraître ?
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Karameamea

Histoire de faire un petit clin d’oeil manga – et de caler un jeu de mot d’une facilité inhabituelle en ce lieu et surtout histoire de parler de Karamea, même si cela a déjà été fait (un petit peu), auparavant.

J’y suis allé sans idées préconçues et en suis reparti avec des sentiments mitigés, bien que fort heureux des nombreuses rencontres humaines dans le BackPacker.

Avant de commencer les explications, une petite mise à jour: Karamea est un nid à hippies coupés du monde, festifs, paillards, buveurs et remplis des meilleurs intentions du monde. On y trouve un supermarché, un musée, une école, quelques bars/cafés et plein de belles choses à voir aux alentours (des arches et une Great Walk).

Le Backpacker où j’ai squatté 4 nuits est dénommé le Rongo et est orienté vers un projet plein de bons sentiments: The Living Peace Project que je vous invite à consulter pour vous faire votre propre idée.

L’endroit- bien foutu – a son ciné, sa station de radio et est rempli de superbes décorations réalisées par les artistes étant passés de par ici. Il y a une belle atmosphère dans l’air, les clients sont généralement géniaux (ou presque) et l’on sent que quelque chose de spécial a lieu de par ici avec une volonté de faire un monde meilleur pour chacun.

Là où le bât commence à blesser, c’est lorsqu’on regarde les tarifs: chambres en dortoir: 30 dollars la nuit avec, cependant, la 4ème nuit offerte ( ce qui est alors intéressant au final) ou 20 dollars l’emplacement pour tente (ce qui est carrément cher pour le coup).

Ensuite, il faut savoir que tout ceux qui travaillent ici sont uniquement des Woofers/Helpers, bossant donc logiquement contre accomodation et food.

Et c’est sur ce point précis que j’avoue avoir été un peu choqué/désabusé par ce que j’ai vu: un hôtel entièrement tenu par des volontaires faisant tout, de l’accueil à l’entretien, du nettoyage à l’animation des soirées et ce pour virtuellement rien: pas de salaire et pas de nourriture fournie, pour des journées de boulot (il faut appeler un chat un chat, dépassant allégrement les 3 ou 4 heures prévues dans le deal de base)

On pourra m’opposer à ce dernier point que le potager est en libre accès et que l’on peut se servir dedans sans soucis. J’en ai pris note. On pourra m’opposer également, comme l’a fait la charmante frenchie bossant là-bas, que c’est  » un choix à faire ». J’en prend note également (et j’arrive même à le comprendre, un petit peu).

A côté de tout ça, je n’ai vu personne de malheureux (des emmerdés par contre, plein): je présume que chacun sait donc ce qu’il vient chercher en venant de par là haut, de même que a une vague idée de ce qui l’attend. J’ai également passé de vraiment bons moments avec tous les woofers et il règne entre eux une belle ambiance internationale propice aux multiples échanges.

Il n’empêche au final que l’image du serpent se mordant la queue me semble un cliché assez juste de mon ressenti karaméen.

PS: Impression renforcée lors de mon départ à 8 heures du mat’, lorsque j’ai vu le boss – Paul – donner ses directives pour la journée à sa team de 7 (!!!) woofers et assisté plus tard à leur éparpillement entre balais, brosses, haches et autre ustensiles de nettoyage divers et variés. Il s’avère de par ailleurs que ce Paul est un charmant larron mais dont je n’ai eu le plaisir de partager la compagnie que deux fois dix minutes en quatre jours, ce qui m’est apparu (et m’apparait toujours d’ailleurs) quelque peu léger quand on est le patron d’un backpacker… mais qui suis-je donc pour juger ?

PPS: J’ai parcouru pas mal de blogs/sites parlant de là-haut: les avis sont aussi divers que différents. Le mien n’en fera donc qu’un de plus.

 

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Karamea, cara mia.

Les jeux de mots possibles avec le nom de ce charmant bled sont innombrables et je ne vous ferais pas l’affront de vous en citer quelques uns, ayant suffisamment confiance dans vos capacités drolistiques !

Vous allez me dire, non sais raison, que j’ai encore trouvé le moyen d’atterir dans un endroit pas possible, dont la seule évocation donne des frissons aux plus citadins d’entre vous et, en effet, il y a de quoi.

Kareama donc, charmante petite agglomération sise au nord du nord de la côte ouest, bordée par la mer et un parc nationale, accessible par UNE seule route, icelle sous fréquentée, est un havre de paix que n’a pas encore touché le tourisme de masse qui m’a fait fuir le Fjorland si rapidement.

D’ailleurs, pour parodier un certain Napoléon, je me contenterais de vous citer ceci:

Quand je dirais « J’étais à Queenstown en été », on répondra « Bel est le fol ! »

Mais revenons à nos chers et blancs quadrupèdes bêlants (dont un spécimen se trouve justement attaché en laisse à l’extérieur d’ici, le hasard fait vraiment bien les choses) et donc à Karaméha la Sangokuesque.

Je loge dans une auberge qui est, ma foi, dans mon top 3 des LHF: Lieux Hautement Fréquentables. Dirigée avec amour par un Kiwi humanophile, qui croit en l’espèce humaine, elle est dotée d’un cinéma, de sa radio, d’un chambre « rasta » et d’une autre « rock and roll ». Elle est tournée au maximum vers l’autosuffisance, l’utilisation des énergies propres et le recyclage de tout ce qui est recyclable (et bien plus encore,. D’ailleurs, c’est fou tout ce qu’on peut mettre entre parenthèses des fois, comme ici où le roman que j’écris n’a aucun autre but que de combler un peu plus d’espace, histoire de vous faire croire que j’ai plein de choses à raconter mais pas encore ici ni maintenant. Ceci étant fait et prenant effet de facto, je referme ladite parenthèses qui n’en peut vraiment plus de s’ouvrir).

Le voyage pour arriver ici a été une vraie odyssée et, à vrai dire, le plus long que j’ai entrepris en 4 mois de roadtrippage océanien. Bien que la distance à couvrir fut sensiblement plus longue que l’anatomie d’une certaine personne bien connue (250 bornes environ), il ne m’a fallu non moins d’une demi journée et douze (oui, douze) voitures pour des trajets étant allés de deux minutes à deux heures.


Agrandir le plan

 

J’ai sensiblement l’impression d’avoir poussé les limites de ma chance à leur extrême limite, tellement je me suis retrouvé à me morfondre dans des endroits pas possibles à des heures indues. Je vous promets que Little Wanganui à 8 heures et demie du soir, et bien, y a personne, même pas un chat, un chien ou même un rat. C’est un cuistot rasta et son chien qui m’ont secouru, me trimbalant sur sept des quinze dernières bornes qu’il me restait à parcourir, avant de me lâcher in the fuckin’ middle of nowhere où ce fut ce coup-ci un pauvre couple qui, me voyant galoper le long de la route avec mon gros sac à dos, a eu la délicate intention de me déposer dans le Graal que je m’étais promis d’atteindre – et que j’ai atteindu, comme de bien entendu !

Pourtant, j’ai rarement été si proche de faire demi-tour et de foncer vers l’hostel de Granity qui me faisait de l’œil depuis un bout de temps et qui était, en fait, le seul endroit où je pouvais décemment passer la nuit.

Mais quand vous êtes un Backpacker océanien, que vous avez décidé d’être à Karamea le soir, que vous assez supporté d’attendre une heure et demi à Rangona, que vous avez écouté les délires mi-sionistes/mi-facho d’un Clerck Construction local qui voit dans la crise grecque un signe de l’Antéchrist à venir, que vous avez enduré les mille piqures des Sand Fly, que vous avez repéré – au cas où – les tuyaux où vous réfugier pour passer la nuit à venir au sec, que vous allez dans ce trou perdu parce que son nom sonne délicieusement à l’oreille et pour plein d’autres raisons encore, et bien, en vérité je vous le dis:

So be it et Just do it !

PS: Pour renouveler la tradition et me conserver vos faveurs, rien ne vaut mieux que de relancer le petit jeu bien connu du Derrick, qui n’est plus d’Or mais bel et bien de Platine.

Je vous pose donc, pour remporter Ad vitam quasi eternam, ce trophée tant convoité cette sybilline petite question:

Où fut donc prise cette photo ?

Sac à dos sur front de truc.

Indice: Y a une histoire de bouffe quelque part.

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Karamea

Je suis planque a Karamea, au fin fond de l’ile du Nord, apres une journee de dix heures de voyage, de douze voitures et d’un poussage de ma chance dans ses ultimes limites a certains moments, vu les endroits paumes ou j’attendais.

Bref, tout ca pour dire que j’ai du détourner un satellite, kidnapper le patron des telecoms locaux et prendre en otage l’ordi de l’auberge pour écrire ce truc et que donc ca va etre un tantinet complique de donner des nouvelles fraiches pendant les prochains jours.

A bientot donc !

 

 

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Clichés d’ici

C’est une auberge sans réelle classe, une de celles dont on croise le même modèle, cent, mille fois peut être au détour des pays traversés, comme ces motels photocopiés les uns sur les autres et qui s’étendent à perte de vue le long des highways américaines.

Une fois le bureau franchi, une fois les formalités d’accueil dument remplies et accréditées par les charmants Cerbères locaux, le voyageur fatigué de son long voyage se voit remettre l’éternel sésame: la clé de la chambre où il pourra sans vergogne reposer son corps meutri par les kilomètres accumulés.

La chambre elle-même n’a aucun intérêt: c’est un quelconque placard à dormir, doté de deux lits superposés, avec tout juste l’espace nécessaire pour entreposer les amoncellements de bagages, sacs à dos et autres pochettes qui ne manquent jamais de s’entasser dans le plus absolu des désordres.

Comme d’habitude, les murs sont peints d’une couleur neutre, sans fantaisie, sans risque. L’ensemble en lui-même est chaleureux mais ne déparerait pas dans un quelconque service hospitalier.

La fenêtre, dotée de quatre battants, s’ouvre sur une arrière cour où se reposent trois chaises et un barbecue, encadrés par deux parasols à moitié cassés.

La faune de l’hôtel est assez disparate: une famille, des jeunes, des anglais, des bourrés et des pas bourrés, quelques allemands, un écossais de passage, une charmante blondinette et des mecs à lunettes, planifiant les voyages à venir.

Pendant que j’écris ces lignes, deux demoiselles attendent, assises le long du mur, de pouvoir accéder aux ordinateurs  et à l’internet gratuit..

Au dessus d’elles, un vaste puzzle constitué de réclames publicitaires vantant les activités du coin, « New Zealand Most Awesome Tandem Skydive », «  From the mountain to the sea », «  Welcome to our slice of paradise » et autres « South Westland Horse Trek ».

A leur gauche, directement peint sur le mur, une petite touche de fantaisie avec une carte du pays réalisée de façon enfantine, avec moults renforts de petits bonhommes, de drapeaux et d’animaux probablement imaginaires (comme les Kiwis, par exemple).

Devant cette carte, et assise sur la seule chaise disponible de l’endroit, je discerne le dos d’une autre jeune femme, aux cheveux longs, tombant sur les épaules, une bière posée à côté d’elle, regardant quasi-fixement un jeu de puissance 4 arrivé ici sait-on comment.

Doucement ce soir, chacun regagnera sa chambre une fois l’heure venue, le DVD regardé, les boissons bues et les joints fumés.

Le bruit s’atténuera et viendra le silence, seulement entrecoupé par les sons de la nuit.

Ce sera une nuit de plus passée loin de chez soi, une nuit de plus à rêver, une nuit de plus à insomnier, une nuit de plus à…

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Brut de décoffrage

Wanaka, le 29 janvier de l’an de grâce 2012

Encore une journée de voyage dans l’Otago, dans cette région qui me voit vadrouiller depuis maintenant 3 mois au travers des fermes et des auberges, sans savoir où mes pas me mènent.

Si le voyage aller fut une longue agonie, déjà contée de par ici, j’ai eu l’impression aujourd’hui que la main d’Hermes s’est posée sur moi, tellement ce fut facile et rapide de me faire embarquer par les véhicules.

Aurais-je dégagé un quelconque charme spécial ? Paraissais-je de bonne compagnie ? Fut-ce donc mon drapeau qui attira aussi bien l’attention que les intentions ? Ou bien était-ce la fête nationale des autostoppeurs, avec pour objectif pour chaque automobiliste d’en transporter quelques uns ?

Mon voyage a été inauguré par un Kiwi fort bavard puis par un couple de suisses, poursuivi par une famille avec ses deux enfants et enfin achevé par un charmant koweitien étudiant à Dunedin.

A chacun de ses lifts, je n’ai qu’à poser sur la voiture arrivant un regard venu du plus profond de mon âme, déchirant la carrosserie et atteignant le conducteur en plein coeur. Je semblais communiquer au-delà de l’enveloppe charnele, directement d’esprit à esprit, en mode Wifi cérébral.

Pour preuve, alors que je patientais depuis 3 minutes au large de Crownwell, j’ai décidé, en voyant un bolide arriver, que ce serait celui-ci qui me prendrait et non pas un autre.

Et que croyez-vous donc qu’il arriva ? Ce fut ce char qui s’arrêta !

L'arrêt décisif

Au-dessus de ces considérations métaphysiques, force m’est de constater que mon compréhension du patois local a enfin atteint le niveau souhaité, sans même que je m’en fusse rendu compte. A force de baigner dans un environnement uniquement anglophone, à force de tenter d’esquiver les coins trop francophones, mon anglais s’est affûté d’une façon fort remarquable, qui parvient même à m’attirer des compliments de la part des rudes travailleurs agricoles, pourtant peu porté sur la flatterie, surtout envers les français de voyage.

Il m’a été demandé de par ailleurs  par un charmant Dal’ de passage, quelle pouvait bien être  la signification de cet étrange drapeau érablé dont mon sac à dos se trouve affublé et si cela sous-entendait que je reniais quelque part mes chères racines hexagonales ?

Que nenni, que nenni !

Il faut savoir que la Nouvelle Zélande est le paradis du HitchHiking et que la demande est bien souvent plus élevée que l’offre.

Ainsi, pour me dégager des masses laborieuses et peu originales, j’ai eu l’idée un tantinet saugrenue d’accrocher sur mon dear backpack ce beau drapeau visible de loin, me démarquant ainsi des autres, des pas beaux, des poilus et des puants.

De plus, cela me donne des occasions de pratiquer un humour quelque peu douteux  puisque, lorsqu’on me demande si je suis canadien, je ne trouve rien de mieux à répondre que « Non, je suis chinois » (ou autre nationalité dont la pensée me vient à l’esprit).

Ironie, ironie puisqu’avant d’être français, canadien ou même néozélandais, je ne suis que ce que je prétends être: un simple Cedric errant, citoyen du monde et habitant de la Terre !

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Carnet de route

Votre mission, si vous l’acceptez, sera de parcourir le chemin reliant Wanaka à Te Anau sans bourse délier en utilisant au maximum les ressources locales, favorisant se faisant les rencontres et l’immersion dans un milieu purement anglophone (ou germanophone, c’est selon).

Vous passerez obligatoirement par Queenstown, Athol et Mossburn, sans aucun autre chemin possible.

Si vous veniez à être baladé dans un endroit imprévu, nous nierons avoir connaissance de vos activités.

Ce message ne s’autodétruira pas.

Wanaka. Le nom sonne océanien et évoque des idées de rugby, de Maoris et de montagnes. La petite soeur de Queenstown m’a accueilli 4 nuits, dans son atmosphère démentiellement mortelle une fois la nuit tombée, dans la chaleur crade d’un été sans pluie, sous les auspices hypocrites de l’exploitation outrancière des Workers for accomodation, devant récurer sans jamais faillir les amoncellements de merde déposés là par les touristes enivrés.

Je pars pour Te Anau, là où j’aurais pu, où j’aurais du aller 15 jours auparavant mais dont je me suis éloigné pour une de ces raisons stupides appelée bassement Connerie, Tourisme, Vacances.

Posté en bord de route, c’est un tapissier qui s’arrête en premier et me donne un lift de 3 kilomètres pour me déposer en dehors de la ville, à un croisement poussiéreux où convergent les routes et les destins, certains allant vers l’ouest, d’autres vers le sud. Je prends pour ma part la voie du bas, repoussant à plus tard l’appel Légolasien de l’Amer.

 

Arrêt 1

Quinze minutes passant, c’est un charpentier en goguette et tout de salopette vêtu qui m’embarque dans sa camionnette à destination de Crowmwell la déserte. Nous devisons de la bonne marche du monde, des concours de chiens de berger et des perspectives de sa journée de travail dont la fatigue à venir se lit déjà dans son regard, teinté d’un voile opaque dont je ne sais pas trop s’il est du aux effluves de ses produits ou à une surconsommation de substances prohibées.

Arrêt 2

Vite déposé sur le parking d’un marché pas super, hanté par des cohortes de touristes nippons, j’observe et j’attends, patiemment posté le long de la Highway, qu’une voiture daigne s’arrêter pour que je continue ma quête intérieure, ma randonnée intime, mon chemin de Croa, comme disent les grenouilles.

Après une grosse quarantaine de minutes, c’est un Alpha sans roméo qui m’alpague et nous casent, moi et mes sacs, dans une petite voiture déjà remplie de deux charmantes asiatiques, malaisiennes de leur état. L’Alpha en question s’avérant être un collègue de la Verte Erin, notre discussion s’engage vite sur le pays, le voyage, la vie. Nos amies bridées nous regarde d’un air goguenard, mi-moqueur et mi-sérieux, tout en s’échangeant de temps à autre une bordée de mots incompréhensibles pour nous autres (mais qui s’avéreront être, après explications, des détails sur le paysage nous entourant).

Arrêt 3

Lâché à Queenstown selon mes désirs, dans cette ville où l’argent règne en roi, Dallas de l’Otago, et où le tourisme fait office de Derrick à Dollars, je me dépêche de m’enfuir, effrayé par les suceuses de flouzes que sont les réclames publicitaires, prêtes à me faire dégorger jusqu’à la dernière petite goutte de semence financière pour un simple envol au premier ciel ou un chute élastique au fond d’un abime.

Arrêt 4

Alors que je pensais être pris dans la minute comme à ma dernière tentative, c’est ce coup-ci une heure que j’attends, recouvert de la poussière soulevée au gré des roues, balayé par le vent des poids-lourd et maltraité par mon égo, me demandant si ma face hirsute d’homme chevelu et barbu fait peur aux Al Locaux des Tavernes locales.

Arrêt 5

C’est de facto une charmante quinquagénaire pas bulgare qui m’a recueilli alors que je commencer à sombrer dans la dépression du voyageur bloqué. Et il s’est avéré que cette vigoureuse pré-retraité, ancienne fermière de son état, a parcouru lors de sa jeunesse, au siècle précédent, les routes bitumées du Yukon et de l’Alaska à la tête d’un convoi d’une quarantaine de RV, chose dont je me suis extasié à voix haute et honni dans ma tête. Plus fort encore, elle a reproduit le même schéma ici-même, faisant se rallier à Auckland une folle bande de tracteurs amenés tout droit depuis Invercargil et ayant voyagé ainsi à travers les deux iles.

Heureux de la rencontre, c’est pimpant que je me retrouve buvant un café à 5 Rivers, dans la dernière ligne droite avant Te Anau.. Seul souci: les nuages accumulés, non pas au dessus de ma tête, mais bel et bien dans le ciel soudain ténébreux d’HobbitLand et ayant décidé brusquement de déverser leur trop plein de liquide au moment exact de ma sortie du lieu.

Maudissant et jurant de plus belle, dressant un point vengeur et insultant Taranis comme le Gaulois moyen, mon salut est venu de l’absolument pas gironde serveuse qui m’a proposé fort galamment, au sortir de sa journée de turbin, de m’amener jusque Mossburn d’où les probabilités de trouver un lift et un shelter étaient acceptables.

Arrivé au lieu idoine, sous la pire averse subie en 5 mois, c’est en courant que je me réfugie dans ce qui ressemble très vaguement à un arrêt de bus, profitant des 3m² sec pour poser mon foutoir et tenter de faire s’arrêter une voiture sans me mouiller (c’est le cas de le dire).

Arrêt 6

A mon grand étonnement, l’attente fut aussi courte qu’un zigouigoui de palmipède et ce fut avec une joie non-bornée que je pris place dans un espace encore plus exigü que ma cachette précédente, sur la banquette arrière d’un truc ayant probablement fait le tour du monde quinze fois, dépourvu de la moindre amélioration technologique mais présentant l’immense avantage de rouler plutôt vite et d’être conduit par une délicieuse institutrice d’Invercargil accompagnée de sa sympathique Mama.

C’est donc après 7 heures et quelques minutes que je suis – enfin – arrivé dans mon auberge de Te Anau, accueilli dans ma chambre par une bande de soiffards irlandais dont la consommation individuelle de bière aurait fait peur à un clandé au temps de la Prohibition.

Mais pour cela et bien plus encore, ce sera pour la prochaine fois !

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If you wanna quoi ?

You wannaka !

Bien sur que cette blague est drôle, je ne vous permets même pas de vous poser la question, vous sentant venir de bien loin, bande de petits lecteurs indiscrets.

Je vous fais grâce de par avance du récit des mes escalades du coin, sachant que j’ai gravi des pentes d’au moins 90 degrés pendant 3 heures pour pouvoir profiter du délicieux panorama local et obtenir des photos à peu près aussi jolies que celle-ci:

Gné bô

Vous remarquerez que les paysages des alentours sont constitués pour 99% de montagnes et de lacs et que ceux-ci sont agencés d’une façon à faire rugir l’âme du premier poète venu.

Pour ceux qui auraient envie de faire la même randonnée, bien verticale et casseuse de chaussures, ça se passe de par ici (et ça s’appelle Roy Peak).

Cela étant dit, écrit et certifié et tandis que je me vois ma chambre se faire envahir par un drakkar de suédois (notez bien le masculin de la chose), je me bouge dès demain sur Te Anau et Milford Sound, histoire de faire un peu le touriste et de profiter du pays.

Pour conclure, je vous annonce que je suis le nouveau détenteur du tournoi de Killer Pool du Base de Wanaka, titre remporté hier soir et qui m’a vu gagné 30 dollars de consommations que j’ai aimablement partagé avec de girondes canadiennes (et de gironds brésiliens aussi).

A tantôt !

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