Impressions d’Anvers: Plantin-Moretus

Avec DeT, notre programme anversois était prêt bien avant notre départ. Nous avions repéré les endroits à visiter, les trukàfère, les trukavoir, les trokoumanger, les trukaboire, ne nous laissant, au final, que quelques heures de battement avant de bouger vers le Nord (et Ostende). Cependant, une chose est merveilleuse dans ce bas monde: l’imprévu. Ainsi, aucun de nous deux n’avait pensé que nous irions visiter ce musée, que nous plongerions dans le temps et que nous admirerions, dans le calme et la sérénité, des pièces d’une qualité tellement exceptionnelle qu’elles sont inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

C’est que je vous propose de découvrir aujourd’hui, pour ce quatrième volume du #FlandreTrip: le Musée Plantin-Morétus

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Impressions d’Anvers

Une petite présentation

Datant du XVIème siècle, le lieu – Plantin-Moretusmuseum en VO- tient son nom de deux personnes: Christophe Plantin, un relieur-imprimeur-libraire-bibliothécaire-humaniste et Jan Moretus, son gendre (et successeur). Le premier créa le truc en entier, vers 1550 et le second continua son œuvre, qui se poursuivra, de génération en génération jusqu’en 1876 et à la vente des locaux et du matériel à la ville d’Anvers. Pendant tout ce temps, le travail qui se déroula fut le même: des impressions, des reliures, de la vente… avec pour résultat principal que l’imprimerie est considérée, encore de nos jours, comme l’entreprise d’édition et d’impression la plus importante qui ait jamais été établie en Belgique.

Le musée en lui-même est mondialement connu pour la qualité et la diversité des ouvrages qui y sont conservés (plus de 25 000 titres), pour l’exceptionnel état de préservation du matériel de travail (les presses, les jeux de caractères) ainsi que pour les peintures, notamment celles de Pierre Paul Rubens (un petit artiste local assez méconnu).

Enfin, selon l’UNESCO:

Le musée Plantin-Moretus est une imprimerie et maison d’édition datant de la Renaissance et de l’époque baroque. Situé à Anvers – avec Paris et Venise, l’une des trois villes les plus importantes pour les débuts de l’imprimerie en Europe –, il est étroitement lié à l’histoire de l’invention et de la diffusion de la typographie. Son nom rend hommage au plus grand imprimeur-éditeur de la seconde moitié du XVIe siècle : Christophe Plantin (vers 1520-1589). Outre sa valeur architecturale exceptionnelle, le monument contient une importante collection d’objets témoignant de la vie et du travail dans l’imprimerie et maison d’édition la plus prolifique d’Europe à la fin du XVIe siècle. L’entreprise est restée en activité jusqu’en 1867 et son bâtiment renferme une vaste collection d’anciens équipements d’imprimerie, une grande bibliothèque, de précieuses archives et des œuvres d’art, notamment un tableau de Rubens.

Justification d’inscription

Critère (ii) : A travers les publications de l’Officine Plantinienne, le complexe Plantin-Moretus, témoigne du rôle considérable, joué par cet important centre de l’humanisme européen au XVIe siècle, dans le développement des sciences et de la culture.

Critère (iii) : Considérées comme partie intégrante de la « Mémoire du Monde » (UNESCO, 2001), les Archives Plantiniennes, comprenant la comptabilité de l’Officine, les livres de comptes commerciaux et la correspondance avec plusieurs savants et humanistes de renommée mondiale, apportent un témoignage exceptionnel sur une tradition culturelle de premier ordre.

Critère (iv) : Exemple exceptionnel de la relation entre le cadre de vie d’une famille aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, le monde du travail et le milieu du commerce, le complexe Plantin-Moretus présente une valeur documentaire sans égal sur des périodes significatives de l’Histoire en Europe : Renaissance, Baroque, Classicisme.

Critère (vi) : Le complexe Plantin-Moretus est matériellement associé à des idées, des croyances, des technologies et des œuvres littéraires et artistiques ayant une signification universelle exceptionnelle.

Source

Labore et Constantia

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La visite commence, fort logiquement, par le rez-de-chaussée et un passage parmi les différentes salles de travail. Une charmante (quoique un poil longuette) vidéo permet de se familiariser avec le maitre de lieux et de comprendre (beaucoup) mieux les usages de l’endroit. Soit dit en passant, merci au charmant vigile d’avoir foutu le film en français, c’est plus facile à comprendre que le flamant ! C’est même en regardant ce truc que j’ai enfin compris le fonctionnement d’une presse à imprimer et le bordel incroyable que cela était de créer un livre à base de caractères de plomb.

L’immersion, durant cette première partie, est vraiment profonde. On a la sensation d’avoir pénétré dans un espace temps différent, d’avoir fait un saut 400 ans en arrière et, pour tout vous dire, je n’aurais pas été surpris de croiser le Sieur Plantin au détour d’un couloir, empressé d’aller corriger quelques épreuves tout en surveillant attentivement le travail des rotatives (tout comme dans le film en fait !).

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Au fur et à mesure de l’avancée, on découvre de nouvelles machines, de nouvelles fonctionnalités et de nouveaux artefacts, témoins d’une époque révolutionnaire où rien (ou presque) n’était infaisable et où la seule barrière concrète était les moyens technologiques. J’ai ainsi été littéralement scotché par la diversité des polices d’écriture différentes, notamment cette incroyable collection de caractères de plombs… grecs !

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 La bibliothèque d’Anvers-sandrie

Une fois l’escalier monté, c’est vers le papier que la visite s’oriente. Des incunables, des almanachs, des bibles et des enluminures: le bibliophile ne sait plus où donner de la tête tellement la collection est vaste (rappelez-vous: plus de 25 000 ouvrages !). On déambule avec joie et gaité, en essayant de déchiffrer des langues d’un autre temps, d’un autre ton, reconnaissant de ci, de là, un caractère connu, une tournure habituelle, immergée dans un galimatias du meilleur aloi.

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Au beau milieu de tout cela se trouvent quelques merveilles absolues: deux (oui DEUX) bibles de Gutenberg (le seul, l’unique, celui-là même qui vous permet de lire vos journées papiers en ce moment) ainsi que l’unique exemplaire connu, à ce jour, de  l’Index Librorum Prohibitorum qui est, je cite:

L’Index librorum prohibitorum (index des livres interdits) — aussi appelé Index expurgatorius, Index librorum prohibitorum juxta exemplar romanum jussu sanctissimi domini nostri — est une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire, des « livres pernicieux », accompagnée des règles de l’Église au sujet des livres. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de livres jugés immoraux ou contraires à la foi. Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral.
Source

Ci-dessous, l’une des fameuses Bibles dites « à 36 lignes ».

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Le reste est du même acabit: des livres, des étagères et des rayonnages qui se suivent, se coupent, se recoupent, se mêlent et s’entremêlent pêle-mêle, pour le plus grand régal des visiteurs (et la plus grande frustration aussi: Dieu sait que j’aurais aimé pouvoir feuilleter tous ces ouvrages !).

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Dit: « Verse, curiosité ! » (et elle versa, de facto)

Nous n’avons point eu – Hélas ! – le temps de nous attarder sur chacune des pièces présentes. Le fait que beaucoup de notices soit en flamant n’aide pas toujours, tout comme notre regrettable choix d’avoir dédaigné avec bassesse l’audioguide (en même temps, je HAIS être l’esclave d’un outil qui me dit où aller, où m’arrêter et qui me saoule à parler tout le temps). Pour autant et, car il faut bien l’avouer, quand la visite a commencé à être juste un petit peu trop longue, j’ai quand même pris les opportunités photographier quelques curiosités:

– Une mappe-monde bien spéciale, à faire hurler la #TeamGivrés

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– Le diplôme officiel du Musée, décerné par l’Unesco.

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Et, enfin, le buste du Héros !

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Toute chose a une fin

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A suivre tantôt: Anvers et contre tout !

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