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From Connemara with love

5ème volume des Chroniques Irlandaise, avec le récit du second jour passé entre Galway et Connemara…

Mercredi matin.

Le soleil brille sur la ville, le Beau Russia a réalisé un exploit la veille et je m’interroge sur le déroulement de la journée à venir: musées, excursions, frites, bières ?

Pour tout cela, il ne manque qu’une chose, en la personne de ma beloved CB, que je me languis de serrer à nouveau contre mon petit cœur de voyageur. La veille au soir, j’ai passé quelques longues minutes à me demander si je devais faire opposition et quels étaient mes éventuels recours pour survivre sans thunes.

Au final, tout s’est réglé en très exactement dix secondes et 5 étapes:

1) Entrer dans la banque
2) Cwédit Card eaten by bad ATM, mee craying very much.
3) Passport ? ID ? What’s your name ?
4) Sweetie, Sweetie, you’re back !
5) Sortir et courir vers les agences de tourisme.

Las ! Si j’ai bel et bien ma carte, tous les bus de toutes les agences sont d’ores et déjà partis: je passerais donc la journée à Galway.

Grandeur et Décadence

Première étape de la matinée: le Galway City Museum, sis au cœur de la vieille ville et pas loin de Spanish Arch. Tout ce qu’il y a de plus gratuit, c’est une agréable batisse moderne renfermant sur 3 étages une belle collection d’artefacts divers et variés.

On passe allégrement (comme dirait Claude) de l’époque celtique aux fermiers du XIXème, sans oublier le cinéma et la culture irlandaise contemporaine.

Mon attention a été spécialement attirée par les affiches de propagande militaire datant de la WW1, incitant spécialement les irish à rejoindre l’armée anglaise, au nom des veuves belges, du Lusitania et de la fierté nationale:

C'on !

C’on !

For wife(s)

For wife(s)

Hear, Hear !

Hear, Hear !

Pour la petite (voire même la grande) Histoire, j’ai même appris qu’un certain Louis Napoléon, membre de la Famille Impériale et dernier survivant de la dynastie Bonaparte, est allé se faire tuer en juin 1879 chez les Zoulous alors qu’il servait au sein de l’armée… anglaise !

I sorcha a lot for it

Comme une âme en peine, j’ai cherché ensuite à faire quelque chose. Doté d’une solide paire de gambettes, j’ai donc décidé de les mettre à contribution et je suis parti marcher, me promener, me balader, errer.

C’est une activité que j’affectionne particulièrement, ne visant rien de spécial, juste à profiter du soleil et de la mer, autant que faire se peut.

Seulement, après une heure et demie à longer la côte, ses phares et son aquarium, j’ai commencé à avoir sacrément l’estomac dans les talons (la randonnée, ça creuse !). Je me suis donc apprêté à faire un vaste demi-tour lorsqu’une voiture s’est successivement arrêtée, garée et qu’en ai sorti la délicieuse Sorcha (pour savoir qui c’est, relisez le billet d’hier !).

Non sans une petite lueur amusée dans l’œil, elle s’est enquis de l’état de mes finances, de mes projets à court terme et m’a proposé, contre toute attente, de m’embarquer faire un ch’tit tour dans le Connemara !

– Ici je stoppe à dessein le récit pour une petite mise au point: je connais foutrement bien ce damné Connemara. Cependant, n’y étant pas retourné depuis x² années, j’étais curieux de voir où en étaient rendues les choses. Revenons donc à nos moutons ! –

Vous imaginez donc que ma réponse a été un net « Oui », saupoudré d’un franc « Oui » et nappé d’un délicieux « Oui » massif: « Let’s go ! »

Du Marbre à l’Abbaye

Je me suis donc laissé entrainé dans une superbe balade, au travers des légendaires décors de ce Connaugh que j’aime tant. J’en ai de même profité pour m’assurer de deux points qui prêtaient à confusion:

  • Le Connemara n’a aucune existence officielle (ce n’est pas un comté, ni une région, queudchi).
  • Il n’est aucunement lié à la Province du Connatch.

Comme d’habitude, je suis resté ébahi devant la beauté brutale de ces paysages désertiques. Aux montagnes succèdent les montagnes, aux lacs succèdent les lacs et l’impression de solitude s’accentue un peu plus à chaque minute.

Les routes zigzaguent au creux des vallées, les moutons paissent en toute liberté et le ciel ressemble à une immense aquarelle créée de la main d’un artiste fou.

Connemara

Connemara

Ainsi, nous nous promenâmes: de la marbrerie locale à l‘Abbaye de Kilemore en passant par le délicieux Fjord de Killary Harbour, long de 16 kilomètres et où l’innocent voyageur n’a qu’une seule envie: s’arrêter, se baigner et se balader, encore et encore.

How do you spell "Heaven" ?

How do you spell « Heaven » ?

I wanna climb it.

I wanna climb it.

La fin de l’excursion fut moins drôle: pluvieuse, embouteillée, m’étant tombée dessus comme une merde du d’un pigeon.

Wanna come back !

J’ai une relation très particulière avec cette partie de l’Irlande: vacharde, ambigüe, un peu salope sur les bords. J’aime y aller et je déteste en partir. Je souhaiterais que nulle n’y pénétrasse afin que je puisse y jouir seul d’un égoïste plaisir malsain.

Dans le même temps, je hais devoir sauter de tourbière en tourbière, je hais me retrouver embourbé jusqu’aux genoux, je hais me voir recouvert de boue et je hais ces moutons bêlants qui se foutent ouvertement de ma gueule.

Pourtant, je sais que j’y retournerais (hein DeT !) et qu’une fois de plus, je rentrerais silencieux, le cœur en berne et les tripes à l’air, intimement bouleversé et bien décidé à poursuivre ce cercle vicieux de l’éternel retour.

Fin de l’épisode de ce jour ! Pour l’fun, j’ai bouffé un Fish’n’Chips dément, bu plein de Smithwicks et maté le foot dans un un p’tit pub sympa avant de quitter Galway pour Limerick: à suivre dans le prochain article !