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Fleur de France

J’ai atterri mercredi dernier, sans fleurs ni couronnes, à l’aéroport international de Roissy Charles de Gaulle après deux jours de vol qui m’ont vu transité par Sydney, Bangkok et Londres.

Ce retour peut paraitre surprenant, décevant, étonnant, anticipé ou même, aux yeux de certains, être synonyme de gâchis. Pourquoi donc en effet ne pas être resté en Nouvelle Zélande jusqu’à la fin de mon WHV, avec 5 mois encore à dépenser sur mon crédit Voyage et continuer ainsi à défendre cette image de vagabond bourlingueur qui me colle à la peau ?

La réponse est loin d’être simple et ne peut difficilement être résumée en quelques lignes. Je vais quand même tenter d’apporter quelques réponses:

– Une certaine fatigue mêlée à une misanthropie légère: 5500 bornes en stop, 23 auberges et 10 fermes en cinq mois, ça n’est pas de tout de repos. Ne pas avoir de vie privée, d’espace clos, être dépendant de la bonne volonté des conducteurs, errer sans  but, tout cela va bien pour un temps. Mais il arrive également où l’on se sent le besoin de se poser, de retrouver un chez soi et d’arrêter un petit peu la vie de bohème, aussi excitante soit-elle.

– Un manque d’envie de me lancer dans une reconstruction personnelle à Wellington: une flemme monstrueuse de devoir à nouveau rechercher une colloc’ et un boulot dont je sais à l’avance qu’il ne sera pas du tout (mais alors vraiment pas) excitant: dishwasher, glassrunner ou autre waiter, cela va quand tu as 20 ans et que tu débarques. Quand tu en as 30, que tu voyages depuis pas mal d’années, tu as peut-être envie d’un peu autre chose.

– Le découragement devant la perspective de repartir sur les routes de l’Ile du nord. Après avoir poussé un gros ouf de soulagement en arrivant enfin à Picton jeudi soir dernier, je ne me voyais aucunement retourner camper sur les routes de NZ pour un nouveau trip. Je pense avoir fait assez de stop pour les dix ans à venir. Et puis la North Island ne m’excite pas (et de toute façon, ne pas y être allé me donne un motif supplémentaire pour retourner là-bas !).

– Le manque de compagnie humaine a joué un rôle important aussi: la superficialité récurrente des rencontres sans lendemain mêlée à mon absolue fuite du genre humain m’a rappelé que mon cercle intime habite Paris. Sans être homesick, je crois que j’ai découvert pour la première fois le phénomène de Lovesick/friendshipsick. En ajoutant à ça que toute ma mafia de Welly était (quasiment) partie…

Bref, tout ça pour dire que je savoure aujourd’hui (et presque à ma surprise) ce retour franco-parisien et que je me suis même surpris à sourire béatement depuis mon hublot d’avion en voyant Paris de haut. Je ne sais pas encore de quoi demain sera fait ni où mes pas me mèneront dans le futur mais toujours est-il que pour le moment, je profite à fond ne porte en moi ni nostalgie ni regret, me tournant fièrement vers des lendemains qui chantent et qui sont forcement prometteurs !