temps de lecture: 5 mn

Dix questions sur le Blogging

Vous vous rappelez surement que j’ai déjà eu l’occasion de m’étendre à de nombreuses reprises sur les vastes sujets des blogueurs voyages, de la Blogosphère,  ou encore sur l’avenir d’un « petit » blog personnel. Aujourd’hui, je vous propose de continuer à réfléchir sur ce sujet, par le biais de dix questions qui m’interpellent. Certaines sont très sérieuses, d’autres plus ironiques. Elles ont – probablement – déjà été publiées ailleurs et je ne suis surement pas le seul à me les poser. Cependant, comme cela fait du bien de formaliser par écrit des doutes, interrogations (et que cet espace est le mien), laissons-nous aller !

 

Dix questions sur le Blogging

 

1) Quel est le plus important: le contenant ou le contenu ?

Autrement dit, c’est une question que je me pose souvent devant certains blogs au design absolument magnifique mais au contenu aussi vide que celui d’une moule décédée. A contrario, je tombe plus souvent qu’à mon tour sur des perles dont l’écrin s’apparente à une huitre baveuse, sale et laissée de côté trop longtemps. Sur quoi faut-il donc miser en priorité ?

 

2) Bloguer pour voyager ou voyager pour bloguer ?

Sur le même mode que l’œuf et la poule, une sempiternelle question qui revient en permanence. Faut-il créer un blog pour voyager ou est-ce le voyage qui crée (et legitimise) le blog ? L’un est-il nécessairement lié à l’autre ou sont-ils deux éléments aussi éloignés que possible, en dépit des apparences ?

 

3) A partir de quand un blog n’est-il plus un blog ?

Quand je vois que certains « confrères » disposent d’une armada de rédacteurs bénévoles (ou pas), constituant un staff allant de 3 à 20 personnes, fournissant un contenu varié, diversifié et forcement actualisé en conséquence, je ne peux m’empêcher de me gratter la tête. Est-ce qu’un webzine professionnel (mais ne portant pas ce nom) peut, en toute justesse, continuer à être considéré comme un blog ?

 

4) Les gros sont-ils des modèles à suivre ?

Nul besoin de se cacher, les locomotives qui tirent les wagons de la blogosphère se comptent sur les doigts d’une main et demie (et encore). Cependant, aussi efficaces et rodés soient-ils, faut-il nécessairement vouloir appliquer leur(s) méthode(s) pour réussir et acquérir le même statut, la même reconnaissance ? Ne vaut mieux il pas, a contrario, tenter de tracer son propre chemin vers des territoires vierges et inexplorés ?

 

5) Quel est le nom idéal pour un blog de voyage ?

Il fut un temps où tout bon blog devait être une déclinaison construite autour du terme voyage (voyager, voyageur, voyageuse, voyage-destination, etc etc). La « mode » s’est ensuite dirigée vers les variantes axées « tour du monde » avant de s’orienter vers les bagages (les innombrables sac à dos). On voit désormais des parties humaines, des ânes avec des clés USB pour l’orifice, des carnets, des jeux de mots… Quelle est donc LA formule idéale ?

 

6) Faut-il sacrifier son originalité pour trouver la réussite ?

Quitte à y revenir plus tard, cela est-il pertinent d’abandonner son ton, son humour et sa ligne éditoriale le temps d’appliquer quelques bonnes grosses recettes industrielles, propre à ameuter du trafic et des statistiques ? Faut-il plutôt travailler son image et se fabriquer un nom, une réputation en utilisant – subtilement – ces mêmes techniques ?

 

7) Le rythme de publication idéal doit-il être réglé comme du papier à musique ?

Certains blogs sont tenus quotidiennement, d’autres mensuellement et d’autres chaotiquement. Je m’efforçais, à une époque, d’aligner les articles à un rythme effréné, écrivant sur tout et n’importe quoi, avant de jouer aux montagnes russes (en fonction du contenu que je peux et que je veux partager). Le lecteur doit-il se voir proposer un rythme et une cadence de publication ?

 

8) Les collectifs de blogueurs représentent-ils l’avenir ?

Le collectif des blogueurs voyage, le collectif belge Bescape, la Team Givrés: trois collectifs (plus ou moins) récemment créés, tous à portée et à buts différents. Cependant, même si ces créations sont nouvelles, elles n’en sont pas moins symptomatiques d’une évolution du blogging. Le temps des cowboys solitaires arriverait-il à son terme, laissant sa place à des associations très calibrées et armées pour de réaliser de gros travaux ? A moyen ou long terme, je pense que c’est un passage inévitable. Vers où ? C’est une autre question !

 

9) Les agences sont-elles des partenaires obligatoires ?

Agence de voyage, de pub, de presse, de communication… Tout blogueur ayant un tout petit d’existence derrière lui sait (et expérimente quotidiennement) que les liens entre les blogs et ces univers sont aussi forts que compliqués. L’impression permanente de devoir se battre pour chaque euro, de ne pas se sous-évaluer, de vouloir garder de bonnes conditions de travail, de protéger son intégrité éditoriale. A un moment où la blogosphère semble vouloir se professionnaliser, il faut se demander si ces liens doivent être réévalués. Si oui: comment, pourquoi, dans quel but. Si non: quid du statut quo ?

 

10) Bloguer, c’est quoi ?

Être blogueur, c’est être à la fois webmaster, écrivain, community manager, commercial, représentant, voyageur, designer, responsable éditorial, inventeur, influenceur, créateur de tendance, vendeur de rêve… Et le tout en parallèle de la « vraie » vie !