Descobrir el Nou Camp

Six ans que je n’avais pas foulé le sol sacré de la Catalogne. Deux mille cent quatre vingt dix jours que je n’avais pas franchi la barrière montagneuse des Pyrénées. Cinquante deux mille cinq cent soixante heures que je n’avais pas pratiqué, in situ, la délicieuse et délectable langue de Cervantès. Du coup, quand « on » m’a proposé de partir y diriger un séjour et d’en profiter pour visiter le stade local, mon sang n’a fait qu’un tour, mes yeux sont sortis de leur orbite et j’ai entendu résonner dans mes oreilles le grondement légendaire venus des travées blaugranas « Barca, Barca ». Le temps a fait son œuvre, le séjour est désormais fini et c’est donc avec joie, sportivité, fair-play et passion que je vous narre aujourd’hui cette découverte: El Nou Camp !

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Descobrir el Nou Camp

Dans le sport en général et dans le football en particulier, il sont des lieux intiment liés à leur occupant. Si je vous dis Paris, vous me répondrez Parc des Princes, tout comme vous m’auriez répondu Old Trafford, Anfield ou San Siro à Manchester, Liverpool ou Milan. Ces stades sont chargés d’une histoire particulière, porteurs de souvenirs allant bien au-delà de l’aspect sportif, souvent dans le magnifique (une finale gagnée, un match de légende) ou dans le tragique (le Heysel par exemple). On peut ne pas les aimer, les haïr, les abhorrer, n’y voir que le symbole concret d’un beaufisme porté à son paroxysme mais, cependant, une chose est sure: ils ne laissent pas indifférent.

Mon histoire d’amour avec le FC Barcelone ne date pas d’hier. Elle n’est pas contemporaine aux derniers exploits du Sieur Messi ni tout juste récente. Elle remonte, en fait, à une nuit de mai 1992 lorsque, sale gosse de 11 ans pas couché, j’avais fait le mur pour mater la bande à Koeman battre la Sampdoria de Gênes et remporter ainsi la première C1 (Coupe d’Europe des clubs champions en VO) de leur histoire, grâce un coup-franc diabolique du hollandais susnommé. De ce jour, j’ai suivi les aventures des p’tits gars de la Catalogne, de près ou de loin mais toujours avec attention. J’ai regardé les gens se moquer d’eux (époque Van Gaal), s’esbaudir de quelques carnages européens (remember le Dynamo Kiev ?) et, finalement, s’émerveiller.

Enfin, après tant de temps d’attente, l’un de mes fantasmes est devenu réalité: j’ai découvert l’antre magique, le chaudron local, le stade fétiche: le Nou Camp !

L’arrivée

Depuis la station de métro Les Cortes, c’est une courte marche de quelques minutes, dans un quartier sans charme spécial. De l’avenue, on ne voit pas de suite la masse imposante de l’endroit recherché. On ne peut même pas le devenir, tellement caché qu’il est par les constructions environnantes. Cependant, quelques petits indices amènent sur la voie: des panneaux, une profusion de drapeaux et de blasons. Puis, après un carrefour, c’est le choc:

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La première impression, extérieure, n’est pas forcement belle. On n’arrive pas à se plonger dedans, à s’imaginer la ferveur qui entoure le lieu, ni la fièvre qui doit monter les soirs de grand match. Tout au plus arrive-t’on à saisir un instant fugace, volatil, mal défini, comme une braise qui couverait dans un foyer en attendant de tout rallumer. On franchit finalement le grillage, marchons encore quelques minutes le long des fondations, regardant les milliers de Penyas (grosso-modo: un fan club) représentées avant, enfin, de parvenir aux portes du truc, accueillis par un joueur mythique:

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Pour faire court, je cite les particularités du M’sieur:

László Kubala (10 juin 1927 – 17 mai 2002) est un footballeur né à Budapest (Hongrie) de 1,76 m et 82 kg. Tour à tour sélectionné pour la Tchécoslovaquie, la Hongrie, et enfin l’Espagne, il est un des rares footballeurs à avoir porté le maillot de trois équipes nationales. Il est avec 194 buts en 256 matchs le troisième meilleur buteur de l’histoire du FC Barcelone en matchs officiels derrière Lionel Messi et César Rodríguez.
Source

Une fois l’hommage rendu, il est temps de lâcher quelque peu les rêves pour s’intéresser à LA question (dont la réponse n’est pas 42): comment visiter le Nou Camp ?

Money, Money, Money

Sachez-le tout net: la visite coûte un bras et demi et je crois, sincèrement, que si vous n’avez pas au moins un tout petit intérêt pour le sport, les stades ou le football, vous ferez mieux de passer votre chemin. Si je n’avais pas profité du tarif de groupe, j’aurais du lâcher la modique somme de 23€ pour vivre la Nou Camp Expérience (l’appellation officielle de la visite). Honnêtement, si j’avais été seul, je crois que je me serais contenté d’admirer tout ça de dehors et que je serais parti écouler mes euros dans la boutique adjacente (et très, très bien achalandée, merchandising oblige !).

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Pendant que j’y suis, un autre petit détail: la marque FCBarcelona se vend à toutes les sauces et, surtout, à tous les prix. Du paquet de chips aux canettes, des maillots aux bavoirs, je crois qu’il n’y pas un seul produit qui ne soit pas siglé du logo officiel dans tout Barcelone. Les amateurs et collectionneurs seront aux anges, les autres  (et les désargentés) un tout petit peu moins… En dépit de cet aspect très mercantile, aucun souci pour trouver les caisses, se faire comprendre et s’acquitter de la douloureuse. Le staff est pro, disponible et efficace.

Vous passez donc votre billet dans le lecteur adéquat et vous entrez, enfin, dans le Saint des Saint !

Le Musée

Un tunnel à franchir, quelques escaliers à gravir et c’est LA baffe dans toute la splendeur. Pas fous, les concepteurs du musée ont décidé de donner leur best shot au visiteur dès ses premiers pas, en la personne d’une incroyable salle entièrement dédiée à l’histoire du FC Barcelone et avec TOUTES les coupes remportées par TOUTES les équipes de la ville (foot, basket, hand, natation, épluchage de patates, etc etc).

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Logiquement, au vu de l’affluence, il est un peu difficile de prendre le temps de tout regarder, surtout que les pièces exposées sont vraiment (du moins pour les fans) assez fabuleuses. Du maillot de Kubala aux chaussures de Romario (je crois) en passant les xx autres souvenirs, c’est une véritable épopée en mode Voyage dans le Temps qui est offerte aux chanceux.

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Parfois, quelques uns de ces trophées ont droit à une exposition particulière, comme les 4 coupes « aux grandes oreilles »…

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Ou encore les Ballons d’Or et Souliers d’Or du Sieur Léo Messi (et il a une belle collection le bougre) dans son espace dédié.

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Entre les séances photos, le slalom et la contemplation béate, comptez entre vingt et cinquante minutes pour couvrir la salle avant de passer à l’extérieur et de voir, enfin, le Stade !

El Stadio muy magnifico

En 2013, j’ai eu la chance de mettre le nez dans pas mal de stades européens: le Stade de France, Thomond Park à Limerick ou encore l’Aviva Stadium de Dublin. De tous, le Nou Camp/Camp Nou est le plus grand avec pas moins de 99 354 places (qui partent entre 200 et 600€ pour certaines grosses affiches). Comme les chiffres ne parlent pas toujours, je vous propose quelques clichés:

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C’est gros, massif et ça donne des petits frissons quand on s’imagine assis là-dedans un soir de match… La visite, bien foutue pour le coup, propose successivement plusieurs points de vue: des gradins (cliché du haut) ou au niveau de la pelouse (cliché du bas).

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La grosse inscription Més que un club, devise du Fc Barcelone, est immanquable, tout comme la virgule de l’équipementier en vigueur, que je ne citerais pas ici. J’ai été surpris par la dimension de la pelouse (105×68) que j’ai trouvé petite. Cependant, comme je n’ai guère de chiffres de comparaison et que j’ai une flemme terrible de chercher, je présume que cela est fait à dessein afin de favoriser le fameux jeu du Barca, conçu en mode « je prends la balle et je la lâche plus ».

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Plus surprenant que mes considérations tactito-techniques, la présence d’une Chapelle dans l’escalier menant les équipes à la pelouse, sans que je sache ou puisse expliquer ce qu’elle fout là-dedans et quelle est son utilité dans le cadre d’un match de futchébol (ami lecteur, si tu le sais, signale-toi !  Merci Loïc: Pour la chapelle: Les origines du Barça sont religieuses, c’était le club de l’église, par opposition au club du roi (le real). Une messe était célébrée dans cette chapelle avant les matchs jusque dans les années 70. Et certains brésiliens (qui a dit Edmilson?) goûtent fort la présence de ladite chapelle.).

Le fin mot

Après quelques deux heures de visite, des montées et des descentes et un passage par le (remarquablement) bien foutu espace multimédia, la visite se termine par la boutique du club. Impossible d’esquiver ou de réussir à s’échapper, c’est un passage obligatoire. Soyez (derechef) prévenus: tout est fait pour vous arracher vos euros et il faut une grosse force de caractère (ou un jemenfoutisme absolu) pour ne rien claquer.

Puisqu’un lien de confiance nous unit depuis toujours, je me dois de vous le dire: la visite est excellente sans être exceptionnelle. Les pièces exposées dans le musée sont rarissimes et feront le bonheur de beaucoup, beaucoup de fans. Cependant, le prix globalement élevé du tour, le merchandising ambiant et quelques petits trucs en sus font que je conseille cette étape à ceux qui apprécient l’architecture sportive et/ou le football. Les autres seront probablement rebutés et regretteront d’avoir dépensé leur argent là-dedans…

Ma prochaine histoire avec le Camp Nou: assister à un match… ce qui risque de me faire dépenser beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher mais, quand on aime, on ne compte pas ?

 

 

4 thoughts on “Descobrir el Nou Camp

  1. Pour la chapelle: Les origines du Barça sont religieuses, c’était le club de l’église, par opposition au club du roi (le real). Une messe était célébrée dans cette chapelle avant les matchs jusque dans les années 70. Et certains brésiliens (qui a dit Edmilson?) goûtent fort la présence de ladite chapelle.

    concernant la pelouse c’est en fait relativement grand… La fourchette fifa étant 90-120 sur 45-90, le nou camp est plus grand que le sdf…

    1. Hello Loïc

      Je savais bien que certains auraient la réponse et répondraient ainsi à mes (il)légitimes interrogations !

      D’autre part, la stat’ sur la pelouse est intéressante.

      Merci bieng !

  2. Hey,

    J’ai eu la chance d’assister à un match de LDC contre Bâle il y a quelques années, c’était quelque chose d’entendre l’hymne à l’entrée des joueurs.

    Je n’ai pas visité le stade mais j’avais fait celui des jeux olympiques à côté du stade de l’Espanyol, c’était bien sympa aussi.

    Et pour la chapelle, oui, certains joueurs aiment bien y prier avant de jouer.

    Léon

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