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Dempster Attitude – Volume Second –

D’Inuvik à Dawson, Jours 4, 5 et 6

3 lieux, 3 histoires.

La Dempster Highway, un Ours, des caribous et une visite du fossé local.

Tombstone: une nuit mouillée, une rando démente et des rencontres surprenantes.

Dawson: La ville déchéante.

Let’s go !

Dempster Attitude

Lundi matin. Après une nuit ensoleillée – Midnigh sun oblige ! – nous avons fait quelques courses bien onéreuses chez l’épicier tunisien du coin, acheté de l’anti-moustique en spirale et dit au revoir à cette ville bizarre qu’est Inuvik, qui restera plus dans nos mémoire pour son éloignement de tout que pour sa beauté… Inuvik est le bout du monde !

Sur le retour, un arrêt programmé: Fort MacPherson,en pays Tetltit Gwich’in, mondialement connu pour sa fabrique de Tipis, tentes et sac en toile et pour son cimetière follement bucolique, remplis d’herbes folles et de tombes abandonnées, où sont enterrés les membres de la Lost Patrol, un groupe de la RMCP qui a eu la très mauvaise idée d’aller se perdre dans les plaines des NWT en plein mois de décembre 1901… Les corps ont été retrouvés 10 ans plus tard et rapatriés pour être mis en terre ici.

Après cette pause-hommage-café-burger, nous reprenons vaillament la route, traversons les deux fleuves locaux, la Peel River et la Mackenzie River, qui est la plus longue rivière du Canada (1738 kilomètres) et continuons notre périple vers le sud et la nuit. Sur cette route interminable et poussiérieuse, nous croisons des renards, plein de lapin et un bel ours rentrant dans la catégorie « Gros nounous peureux courant devant la voiture ». Il est sorti du bois, il nous a vu, il a couru, il est partu. Et Pierre et Nico étaient tout contents d’avoir aperçu un si beau plantigrade, non photographiable nonobstant.

Après cette rencontre hautement amicale, nous roulons et arrivons à notre étape d’Eagle Plains. Et la, ça a été la folie. On est rentrés dans le bar et on en n’est plus resortis avant la nuit tombée. La faute à un billard, à un jeu de curling sur sable, à des bières pas chères et à des rencontres supers cools avec un géologue québécois, un garagiste colombo-britannique et tout plein de gens supers. On a été autour du feu, on a bu, on a chanté et on a campé sur la rocaille… Réveil le lendemain avec la tête en Skaï,les cheveux poussants à l’intérieur et un castor dans la bouche. Comme deux zombies, Pierrémoi sommes allés bouffer du hamburger au P’tit déj’, surfer sur le net et sur la vague d’énergie, prendre une douche, laver des affaires… en attendant que Nico sorte lui aussi du cirage/colletard.

Eagle Plains a été une oasis alcoolisée sur notre chemin, étape non prévue mais vraiment enjoyable. Faut dire que l’ambiance est vraiment bien, avec des grosses têtes de caribous, des peaux d’ours et des copains motards de Victoria.

Bref, nous repartons donc pour Tombstone, sous un temps pas exceptionnel… Et on re-roule encore et encore -à force de rouler, on va finir par croire que je fais de la pub pour OCB – Et soudain, alors qu’à notre gauche se trouve une rivière et à notre droite un joli fossé, un véhicule arrive d’en face, bien centré au milieu de la route. Notre Nico se déporte un peu pour ne pas avoir de problèmes.

Et là, c’est le drame.

Gauche, droite, gauche, droite, gauche, Gravier-Planning et vlan, une titine dans le Fossé. Je lache un des pires jurons de ma vie, Nico check si tout va bien et Pierre essaye tant bien que mal de sortir de ce bordel ambulant pendant que mon second reflexe est de prendre mon AN.

Résultat des courses: rien. Strictement rien. Tout est intact et on se retrouve comme trois guignolos à prendre des photos de nous devant la voiture… Sachant qu’un truck de pécheurs nous a vu nous crouter, s’est arrêté et a été cherché de suite à un chantier voisin une grosse chaine et un gros truck pour nous dégager de la. Ils ont même pris le temps de sortir leurs cannes à pêche et d’aller taquiner le goujon en attendant. Donc, c’était même pas un vrai accident mais ça fait genre « On a failli être tous mourus, vous vous rendez compte ! ».

Rebref, – pub OCB – et on arrive à Two Mooses Lake. On se marre devant le nom jusqu’à qu’on se rendent compte que c’est pas si stupide car il y a effectivement deux mooses nageant telles des cétacés moyens. Un coup la tête dans l’eau, un coup la tête pas dans l’eau. On fait nos Wild Photographers, faisons la MAP sur l’oeil moosesque – émotion gnagnagna et on atterit, dans un déluge torrentiel au Campground local. Plantage épique-tac de tente, repas dans un Shelter ouvert aux quatres voire même cinq vents, à croire qu’Eole a organisé un after ici, tentative de drague foireuse et nuit humide qui se finit sur la banquette arrière de la voiture…

Reprise du récit et de la rando à Tombstone demain !