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D’Argentine en Irlande

Je me suis sacrifié pour vous.

J’ai enduré les pires souffrances et fini ravagé par les crampes.

Je n’ai pas écouté mon estomac grogner ni réagi à l’inquiétant sécheresse de ma gorge

Tout cela dans un seul but :pouvoir fournir à mon aimé lectorat le récit d’un après-midi passé à la Fan Zone de Wellington, à regarder tous les matchs diffusés, à filmer tous les concerts/spectacles et à prendre des photos.

De 14.30 à 22 heures, histoires de Coupe du Monde !

Argentine-Roumanie

Des voleurs de poules opposés à des gauchos: l’affiche ne manquait pas d’envergure ni d’intérêt, que ce soit au stade ou devant l’écran géant. Si les supporters sud-américains se comptaient par dizaines, je n’ai en revanche vu qu’un seul drapeau roumain, dépassant de la poche d’une supportrice légèrement dépité par la succession des essais encaissés et la litanie du commentateur:  » So easy, so easy… ».

La Fan Zone

Je dois avouer n’avoir été marqué en tout et pour tout que par deux choses:

– Le caramel salé que se prend le pauv’ défenseur sur le 3ème essai. Imaginez donc un gros truc blanc et bleu vous foncer dessus puis vous asséner un coup de boule zidanesque pendant que vous tentez vainement d’opposer une once de resistance.

– La beauté des supportrices locales qui n’ont pas leur pareil pour attirer l’œil et qui sont, la nature étant bien faite, d’un naturel fort aimable et préposant à la discussion.

Bref, une petite heure et demie pratique pour s’éveiller et se préparer psychologiquement à la suite…

Afrique du Sud – Fidji

Sans que rien ne le laisse supposer, la scène a été d’un seul coup envahie par une bande de barbus enturbannés et qui ont, je dois bien le dire, fait peur à quelques enfants. Ces charmants personnages nous ont fait la grâce d’exécuter des chorégraphies d’une classe et d’un talent vraiment inédits, venues tout droit de leur bien aimée Fidji (probablement) natale.

Derviches

Nous avons eu le droit à des pirouettes, des cascades, des galipettes et tout cela entrecoupé de magnifiques cris gutturaux, semblables à ceux que poussaient les Diplodocus en période de rut. En tout cas, vu comment ces lascars étaient morts de rire pendant tout leur show, il ne fait aucun doute qu’ils ont pris autant de plaisir à danser que nous à les regarder.

Pour ce qui est du match, je m’attendais à un choc de grand style, avec du jeu, du physique et un score foutrement serré, genre comme en 2007: que nenni, que nada, retournez à la maison et voila, 45 points dans la face, tralalalala.

La communauté locale a sérieusement déprimé et affichait, pour tout vous dire, une expression semblable à la tête de cette pauvre bête:

Wouf

A peine le temps de souffler à la mi-temps qu’on a enchainé sur un truc pas super programmé: la chorale de Wellington, viendue interpréter les tubes machins les plus louches des répertoires gallois, sud-af’ et fidjiens. Comme j’ai rien compris et que je ne vais pas écrire en phonétique, je vous laisse juge de deux clichés bien plus parlants:

Oh ! Un oiseau mort !

Non, je ne vois rien venir.

Vous l’aurez deviné, eux aussi se sont bien éclatés (et ils chantaient bien de surcroit).

Je laisserais volontiers de côté le CR du match pour signaler uniquement que si les Springboks continuent à maintenir un niveau de jeu pareil pendant 80 minutes, et ben ça va être une drôle de sinécure pour s’en défaire.

Irlande – Australie

A la limite, les matchs précédents n’étaient que des hors d’œuvres lorsqu’on regarde l’affiche concoctée ce soir: les redoutables batailleurs irlandais contre la jeunesse dorée d’Australie, le Nord contre le Sud, la patate contre le Kangourou, Dublin contre Sydney.

Autant vous le dire de suite: j’ai pris un panard de fou à mater ce match de déver(t)gondés, immonde techniquement mais qui m’a enchanté par la vaillance de la mélée irish, qui a systématiquement détruit les pauvres techniciens d’en face, les renvoyant à systématiquement bouffer du trèfle. L’intensité dramatique des dernières minutes, la résistance désespérée pour protéger leur en-but et la guerre livrée sur chaque ballon me font penser que ces diables d’Erinois pourraient bien en emmerder plus d’un: on en reparlera en Quart.

Sinon, les spectacles proposés en parallèle valaient eux aussi leur pesant de cacahuètes: tout d’abord une tribu japonocéannie a livré un show des plus réjouissant, alternant entre techno et tribal et ce avec une certaine réussite:

Ceci est un GM en habit de travail.

L’épée qui sent bon.

Puis a débarqué un groupe irlandais qui a littéralement mis le feu à la Fan Zone, grâce notamment à la virtuosité de la violoniste toute de vert vêtue et qui a fait preuve d’une maitre dextérité avec son archet:

 

Irish et fière de l’être.

La gigue fut belle et bien dansée par la grosse centaine de verts présents (à défaut d’être luisants) et a provoqué potentiellement quelques dégâts collatéraux puisque qu’une d’icelle a été prise de vomissements subites…

Enfin, et pour conclure dignement tout ce joyeux bordel, j’ai pris un malin plaisir à tenter de débusquer le couvre-chef le plus folklorique et un a particulièrement retenu mon attention, que je vous montre donc céans tout en vous souhaitant une bonne nuit !

Austr-aliens