Petit retour sur l’activité la plus cliché possible, celle qui fait parler dans le microcosme parisien: bûcheron.
Des hommes dont les muscles se gonflent sous les chemises à carreaux et dont les longues barbes velues valsent au gré des va-et-vient de la longue scie. Une odeur suintante de sueur se dégage de ces concentrés d’hormones travaillant dur au mal et ne se plaignant jamais, isolés au fin fond d’une forêt boréale.
Stop. On arrête de suite et on envoie chier les clichés très vite:
1) Je n’ai pas de chemise à carreaux.
2) J’étais barbu mais pas Gimli quand même.
3) On était pas au fin fond de la forêt, faudrait peut être voir à pas déconner !
Pour situer le contexte, le boss avait été contacté par la société de l’électricité locale pour couper tous les méchants n’arbres qui allaient toucher les fils, quelque part sur la route de Madison Tagish, à une cinquantaine de bornes de WH.
Alors les journées, elles sont pas foutrement compliquées: de huit heures du matin à six heures du soir, tu coupes du bois, tu tasses du bois, tu ramasses les branches de bois, tu fous le bois dans la broyeuse et tu recommences.
Cinq jours par semaine, le plus souvent loin de la ville avec campement sur les lieux du chantier.
Alors pour tous les apprentis qui arrivent ici en cherchant sur Google “Bucheron Canada”, quelques petits points:
En Positif
- Into the Wild: la vie au grand air
- Mens Sana in corpore Sano: tu fais du sport, aucun problème pour ça
- Money, Money, Money: $18/heure. Dix heures par jour, faites le calcul
- I do speak english. Forcement
- T’es couché tôt, t’es levé tôt.
- Les ours et la vie sauvage au large du campement
- Les steacks cuits au lance-flamme par le Boss
- Les veillées “J’apprends à tirer à la carabine et au Shotgun”.
En Négatif
- Pluie, vent, rafale: ranafoot, tu bossses !
- Physique. Vraiment physique. Gaffe à tes os !
- Répétitif: ramasse, coupe, broie, ramasse, coupe, broie…
- Faut aimer la solitude parce que des fois…
- Les squelettes de moutons cachés dans les branches
- Les familles d’ours qui se baladent autour du campement des fois…
- Un repas par jour à fournir.
- Les sandwich Cheddar/Jambon noir au réveil et cuits au Lance-flammes…
- Un investissement minimum dans des Safety Shoes et des gants
Alors ? Plus de plus que de moins ou moins de moins que plus ?

Perdu… nul…
Ils embauchent des femmes de temps en temps ?
Hum… Well…
Rien que “Into the Wild : la vie au grand air” vaut tous les autres points négatifs.
Question de noob : c’est vraiment à déconseiller à ceux qui ont plus ou moins le vertige ou en réalité vous ne montez pas aux arbres ?
Question 2 : ben…heu…. c’est quoi comme arbres au Yukon ?
@Zamo: Tu es sure d’avoir bien lu entres les lignes
@Mumu: J’en ai jamais vu mais ça doit se faire je suppute !
@Tête d’oeuf: J’ai vu que le patron monter avec un équipement bien adéquat. Mais quand tu commences, tu te retrouveras pas de suite en haut.
Pour les arbres, y a des trucs qui ressemblent à des sapins et pis euuuuuh…
tu as oublie en negatif : chier dans les bois… aie aie aie
Zut, un bon point pour toi !
question à Cédric: je voulais te demander quelle était la qualification ou formation à avoir pour éxercer ton métier.
Etait-il difficile d’y acceder ?
merci d’avance…
@Fifou
Pour la formation, strictement aucune, à part peut-être l’Afps/PSC 1 (ou son équivalent canadien).
J’ai été introduit/pistonné par un autre français sur place et on ne m’a rien demandé en dehors de l’investissement dans les affaires de sécurité (gants, chaussures).
Pour ce qui est de la difficulté d’y accéder, l’offre était apparue dans les journaux et sur le net, avec comme seuls critères requis: de l’endurance physique et être capable de bosser en extérieur, avec comme asset , une petite expérience en tronçonneuse (que je n’avais pas mais qui ne m’a pas empêché de bosser nonobstant).