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Coeur de black

Par , 13 novembre 2011 6 h 56 min

 Wellington, finale de la coupe du monde

Soutenir un XV de France, équipe décriée et malheureuse d’un parcours loin d’être héroïque, c’est la mission que nous nous sommes fixés, nous autres valeureux expatriés francophones de par ici.

Le lieu est celui de d’habitude: la fan zone du waterfront, envahie cette fois-ci – et de façon prévisible, par des centaines de kiwis tous de noirs vêtus et prompts à entonner leur éternel « All Blacks, All Blacks ».

Où est Charlie ?

Nous nous glissons de façon furtive au milieu de cette foule pas méchante, habillés aux couleurs de notre drapeau et chantant à qui mieux mieux notre «Allez les Bleus » national. Soudain, l’un de nos voisins fait de même et chante avec nous , avec son plus bel accent, ce qui ne manque pas de nous réjouir.

Le moment des hymnes est grand: l’on entend strictement que nous au beau milieu de cette foule et cette Marseillaise nous laisse espérer un grand match, dur et viril, loin de la branlée annoncée depuis une semaine par les médias locaux, peu habiles à se rappeler les leçons du passé, aux contraires des locaux, assez prompts à se méfier.

L’hymne kiwi passé, le coup d’envoi est donné dans un grand rugissement. Les chants, peu variés, commencent et nous nous sentons biens seuls de par ici, malgré la baguette entraperçue au loin.

Très vite un premier essai est marqué mais les gens sentent que la partie ne sera surement pas aussi facile que prévue, bien loin de ça même… Les français, sans génie offensif mais habité par une hargne peu commune, livrent une véritable guerre de tranchées, rendant coup pour coup et ne lâchant pas une semelle de terrain, aux noirs d’en face, qui semblent légèrement tétanisés par l’événement.

La mi temps est sifflée et nous entonnons un chant glorieux surement jamais entendus sous ces latitudes: «Les corons », commencé par notre Matthieu national et repris avec un chœur gros comme ça par notre colonie (trois personnes en fait).

La seconde mi temps commence et de suite l’on sent qu’un autre match a commencé: essai français et franche domination de nos joueurs. Notre joie – légèrement déplacée – ainsi que le silence ambiant nous font sentir qu’une autre issue est possible: le titre à la maison !

Petit aparté: excellente ambiance et aucune pression sur nous… mais quand l’essai a été marqué, un petit espace s’est fait dans la foule, nous isolant quelque peu. Nous avons aussi perçu quelques petits regards en coin nous laissant penser qu’une victoire ne serait peut-être pas le meilleur de trucs possibles…

La seconde mi-temps dans son ensemble a été un long chemin de croix: de la transformation ratée aux quatre dernières longues minutes, ce ne fut que  tension, palpitations, gémissements et au final, un énorme cri de joie lorsque l’homme en noir a libéré tout un pays…


La vidéo ici présentée est l’œuvre de Matthieu que je remercie humblement pour l’emprunt dont il ne doit pas connaitre l’existence

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J’ai du mal avec ma France

Par , 15 octobre 2011 3 h 56 min

Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas écrit sur notre beau pays mais après la lecture d’un document et le visionnage d’un film, force m’est de constater que la source ne sera jamais tarie en ce qui concerne les soucis à venir…

L’évaluation des minots en école maternelle

Le document se lit ici.

Il concerne l’évaluation et la classification des enfants en trois catégories “Pas chiant”, “Chiant” et ” Emmerdeur en puissance”.

Maud (une fidèle lectrice) a eu un mot très heureux que je paraphrase bassement ici: “Je bosse pas avec des maternelles, et heureusement, parce que leur faire compter des syllabes dans des mots qui existent pas et leur demander de colorier un soleil en vert, pour ensuite si ils se trompent(ou décident de faire un soleil jaune ce qui parait logique) les évaluer comme à “risque”…”

D’autre part, si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’est un ” protocole d’évaluation intégré qui pilote individuellement l’entrainement”, je serais curieux de savoir !

Le recrutement en France (du moins quelque part)

Pas de besoin de faire des grands discours, il suffit de regarder ce truc: La gueule de l’emploi et de se faire sa propre idée.

En attendant…

Allez les Bleus !

 

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Au pays des Bisounours

Par , 3 octobre 2011 7 h 40 min

Grand événement dans ma vie de Cedric exilé aux Antipodes: pouvoir assister à un match de Rugby après avoir, vu le prix du billet, vendu et/ou mis en gage la moitié de mon capital corporel.

Le lieu: Wellington Stadium (vu de dedans)

Le stade

L’intro (qui sert à rien)

L’approche que j’ai du monde rugybstique est bourrée de clichés: je m’imagine volontiers de fiers et poilus gaillards s’envoyer des droites puis des bières, selon la mi-temps. J’imagine ces mêmes mecs venant du sud-ouest et voyagent en fredonnant en permanence quelques belles chansons propre à faire rougir Fanchon (ou ses copines).

De même, mon passé de spectateur n’est pas riche: un France-Italie en 6 nations au Stade de France ainsi que pas mal de visionnages de matchs dans ma beloved Taverne. C’est d’ailleurs dans ces circonstances que mon vocabulaire s’est enrichi de belles expressions typiques: aller à dame ou au charbon, mettre un tampon, un taquet, un caramel, pick and go, compter le décollage à rebours de ses dents, prendre le large, etc etc.

C’est donc (plus ou moins) en novice que je suis allé voir ce dernier match de la Poule X, quasiment décisif pour les quarts de finale, sous le doux patronage de Céline et Matthieu, l’une venant du Bearn et l’autre pas et maitrisant infiniment mieux que moi l’art du Supporter.

Il se trouve en effet que le supporter se rendant au stade se doit de porter une tenue adéquate, affichant pleinement ses préférences patriotiques. Dans notre cas, nous étions affublés de maquillages, perruques et même d’un Alien (qui commence à être connu de par ici d’ailleurs) prénommé Mister A.

Mister A incognito

Le Match

L’ambiance sur le chemin est carrément cool et détendue: les français gueulent, les tongiens gueulent et les locaux se marrent en nous regardant. On longe le Ouaterfront, on traverse la gare puis l’esplanade avant de gagner le stade et nos places attitrées.

Corsica

Rien à voir ici avec les débordements inhérents à d’autres sports: aucune velléités aagressives dans les airs, ce ne sont que accolades, chants et gros calins de partout. Il faut croire qu’on est plus détendus aux alentours des Antipodes que dans notre bonne vieille Europe (à moins que ce ne soit le fait de voir des sélections nationales et non pas des clubs ? Peut-être moins de choses à défendre au prix de son sang…).

Toujours est-il que la sono crache de la variété française (On ira tous au Paradis) et tongienne (Shawahadahaha) en alternance pendant que les joueurs s’échauffent sur la pelouse et que les supporters, répartis sans distinction de nationalité dans les tribunes, s’échauffent la voix.

Mélée ?

Le cérémonial suit son cours: tout le monde rentre au Vestiaire puis le Maori du jour se positionne à l’entrée du tunnel, souffle dans son espèce de trompette, tire la langue (aka J’fais la guerre) lorsque les équipes apparaissent. Icelles se positionnent sur le champ et attendent les Hymnes, entonnées par les choristes locaux. Pendant tout ce temps, le speaker nous fait gentiment savoir ce qu’il se passe et ce que nous devons faire, à base de “Please, stand up now for the national anthem” et autre blablas de circonstance.

Les hymnes

Nous avons donc fièrement hurlé gueulé chantonné notre pacifique Marseillaise sous le silence respectueux de nos confrères océaniens, vu que nous avions fait de même pour eux auparavant et qu’aucun sifflet ne se fit entendre.

Vint alors le Grand Moment: celui où quinze mecs en colère font une chorégraphie à la mords-moi-le-noeud pour prouver à ceux d’en face qu’ils sont plus forts, mieux montés, bourrés de testostérone et que ça va viander sec dans les gencives dès le coup d’envoi: le Kailao-Sipi Tau

(W)haka (W)haka ?

Puis, ça a été le carnage.

80 minutes à voir les Bleus se faire pourrir sur chaque ballon, chaque coup de pied, chaque mêlée tout en entendant des Let’s go Tonga autour de nous. On a bien essayé de donner la réplique mais la qualité du spectacle ne donnait vraiment pas envie de se détruire pour encourager. On s’est même demandé à plusieurs reprises si on assistait vraiment à un match de Coupe du Monde, tellement le niveau de jeu a été indigent et proche du néant.

Au coup de sifflet final, deux attitudes radicalement opposées (forcément !) malgré la similitude des équipes:

Z'ont gagné

 

Z'ont perdu.

L’après-match

Une fois le coup de sifflet libérateur lâché, une douce folie s’est emparée des joueurs qui se sont rendus compte que l’exploit réalisé ce jour méritait un traitement particulier. Ça a donc été 45 minutes de communion pure entre une équipe et ses fans avec un Haka Hommage puis un long (et vrai) tour d’honneur avec moults photos, autographes et poignées de main et pas qu’aux locaux, bizarrement !

Et le Quinze de France ?

Rien ou presque. 3 ou 4 valeureux sont passés vite-fait lever les bras, tout en restant à bonne distance des tribunes, semblant ne pas avoir grand chose à faire des quelques 15 000 personnes venues les soutenir en dépit de leur faiblesse latente.

Tour "Donneur d'autographe".

Quoi ? Perdu ?

L’amorale

En fait, y en a deux:

  • On a peut-être perdu ce match mais on a gagné la troisième mi-temps
  • Comme je disais à une copine escroquée par son copain “Ton gars, il t’a bien eu !”

 

 

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Parlons la France

Par , 7 juin 2011 12 h 37 min

Petit florilège photographique de quelques merveilles croisées lors de mes errances françaises.

Quelque part sur les Grands Boulevards

Pas forcément plus loin…

Vers la Gare d’Austerlitz

De même

Les bonheurs de la Traduction

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Un p’tit salon

Par , 17 novembre 2010 17 h 16 min

Retour sur le salon Destination Canada où j’ai eu le privilège d’être invité suite à une sélection sur CV.

Pour faire (très vite), la matinée a été longue. Très longue. Trois heures à entendre une zentille demoiselle de l’Ambassade expliquer les différents processus d’émigration temporaire ou définitive au Canada, alors que vous maitrisez le sujet, y a de quoi vous faire compter les carreaux qui composent la troisième rangée de la huitième colonne (ce que j’ai fait en fait).

Ensuite, et plus intéressant, le temps du salon en lui-même: j’ai revu avec grand plaisir quelques anciens yukonnais et, surtout, tous mes potos de l’asso’ francophone de Terre Neuve. Le mec avait grillé que je le regardais avec un grand sourire pendant tout son speech et a du me prendre pour un psychokwak mais les doutes ont été vite levés et je suis reparti avec un Macareux Moine Miniature.

Beaucoup de contacts intéressants, notamment avec les TNO et le Nouveau Brunswick, à développer plus avant dans les prochaines semaines.

En fait, le vrai scoop de la journée, ça a été mon interview pirate du patron de PEI (Pôle Emploi International), qui rodait à l’extérieur en se grillant une clope. Après tout le mal que j’ai dit de ses services, le minimum était d’aller le confronter à mes questions, auxquelles il a fort aimablement répondu.

Voici donc, pour la toute première fois dans l’histoire de VY.net, une interview exclusive (et retranscrite selon ma bien faible mémoire. Il se peut donc et même fortement que les propos ne soient pas exactement ceux prononcés mais le sens est conservé).

Moi: Je peux vous poser une question ?

Lui: Bien sur.

M: Vous savez que votre site est vraiment immonde ?

L: Oui ! Nous disposons d’un siège fabuleux à Bastille, avec des pc équipés de webcam pour la vidéoconférence, d’une équipe efficace mais en effet, le site est vraiment inadéquat. D’ailleurs (scoop !), une équipe d’informaticiens est en train de travailler sur la prochaine version.

M: Etes-vous une branche indépendante de Pôle Emploi ?

L: Tout à fait. Nous disposons d’un réseau d’agence uniquement internationales dans toute la France.

M: Est ce que l’inscription sur le site envoie votre dossier sur un lieu aléatoire ?

L: Non. Vous êtes affectés à la zone géographique dont vous dépendez.

M: Donc ce n’est pas normal que résidant à Paris, mon dossier se soit retrouvé à Pontarlier ?

L: Bug informatique. Je ne vois que ça.

M: Comment se passe l’inscription sur le site ? Est-ce un script ou une validation humaine ?

L: Chaque dossier est étudié au cas par cas et cela nous arrive de refuser des inscriptions, comme dans le cas d’un CV inadéquat, d’aucune langue parlée en-dehors du français… Mais nous ne sommes pas figés et pouvons revenir sans souci sur une décision.

M: Les Cv sont-ils gardés sur une base de données ? Archivés ?

L: Ils sont gardés un mois puis tout est effacé en fonction de l’activité de l’utilisateur.

M: Comment est jugée cette activité sachant qu’il n’y pas besoin de login pour accéder au site ?

L: Le Webmestre étudie les connections et décide de l’activité, selon la fréquence de la connection, des recherches d’emplois…

M: Et d’autres moyens ? Le mail ?

L: Aussi. Si vous répondez aux mails, vous êtes considérés comme actifs.

Ça a été la dernière question de cette interview surprise et inattendue mais dont je me suis délecté pendant un petit moment (même s’il n’y pas forcement de quoi…).

Fini pour aujourd’hui !

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Un goût bizarre

Par , 22 septembre 2010 21 h 13 min

Comme un petit quelque chose avec une pointe d’amertume, un peu acide, un peu piquant, assez désagréable, avec une forte teneur nostalgique et une certaine de rancœur doublée d’un zeste d’incompréhension.

Où donc me suis-je planté depuis mon retour pour tourner en rond à ce point ? D’entretien en entretien, d’envoi de cévés et de LM, d’aller-retour aux quatre coins du pays (et c’est pas une image !) pour finalement avoir le plus laconique des mails:

Mr Yukon,

Comme convenu, je reviens vers vous pour vous signifier notre décision pour votre recrutement au poste de Coordinateur/Chargé de séjour/Trucmuche – rayer la mention inutile

Nous avons pris la décision de ne pas retenir votre candidature pour ce poste mais nous vous remercions d’avoir fait la démarche de vous déplacer pour nous rencontrer et vous souhaitons de trouver rapidement un poste qui correspond à vos attentes.

Cordialement

J’ai quand même reçu ça après un entretien du côté de Marseille et un A/R depuis Panam’ dans la même journée. Ça coutait quoi de passer au moins un coup de fil ?

Sinon, sympa aussi:

Monsieur Yukon,

Vous avez bien voulu répondre récemment à notre annonce concernant l’offre d’un emploi  et nous vous en remercions.
Malgré vos qualités professionnelles, nous avons le regret de vous informer que votre candidature n’a pas été retenue.

En vous souhaitant de trouver rapidement un poste conforme à vos aspirations, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Cordialement,

Ainsi que quelques dizaines d’autres, souvent automatisés et pré-formatés, où la teneur est toujours la même: “Blablabla – y a rien pour vous – blablabla – bonne chance – blablabla”.

Pourtant, je m’applique à ne postuler que dans des jobs où je sais avoir les compétences, où je sais ce que je peux faire ou ne pas faire, où je sais que je corresponds parfaitement au profil recherché.

Mais (avec mais, fais ce qu’il te plait !) il y a toujours la petite bricole qui fait mal: expérience, diplôme, trop/pas assez d’assurance, pas le budget, poste qui n’existe plus, poste qui a changé, poste à créer, poste introuvable, poste introuvé, poste pas budgétisé, poste trop budgétisé, conditions salariales indécentes et ainsi de suite.

Alors je sais bien que ça ne va pas faire avancer le schlimbicl bordel de venir encore gueuler que j’en ai quelque peu ma claque, que mon niveau de blasitude atteint de nouveau des sommets improbables, que je ferais bien de me bouger le cul au lieu de déblatérer des monceaux d’immondices sur ce blog, que c’est pas constructif, que vous ne viendez pas ici pour lire ça (enfin à voir…) et tout le toutim habituel.

Donc pour ce soir et pour boucler cet article qui frôle l’inutile: Malabar.

Parce que quand y en a marre, y’a…



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Rencontres parisiennes

Par , 10 septembre 2010 0 h 21 min

Point encore de roadtrip à l’horizon vu que je suis paumé dans mes mémoires (qui paraitront un jour à la Pléiade – enfin je l’espère !) mais bel et bien un post sur Paris la ville Joker, capable du meilleur comme du pire (même si des fois c’est dans le pire qu’elle est la meilleure, dixit The unknown !).

Mardi soir dans le métro

Je comate tranquillement sur le quai, mon bouquin de S.King à la main, attendant que le métro daigne arriver, jour de grève obligeant ! M’appuyant sur le mur pour assurer la verticalité de ma position (la France venant de battre la Bosnièretgovine, nous avons fêté ça…), je jette de temps à autres un vague regard sur mes comparses de transport lorsque mon oeil accroche la blondeur platinée d’une quinquagénaire rutilante qui n’était autre que ma voisine de siège… trois heures plus tôt. Je souris, elle souris (va savoir pourquoi) puis me balance un truc en anglais et rigole avec ses deux amis en disant en substance, “que je n’avais pas du comprendre”.

L’air narquois, je m’approche et lui répond de mon plus bel anglais que j’avais tout à fait compris et que je pouvais me faire fort de les renseigner si le besoin existait. Légèrement confuse, elle m’a expliqué de suite dans un français très correct qu’elle était canadienne, qu’elle venait de lire le même livre que moi en anglais et patati patata.

S’en est suivi une grosse vingtaine de minutes de discussion d’où il est sorti qu’elle et ses deux amis québécois étaient en vacances en France, que j’étais fou d’avoir été vivre à Whitehorse, que les femmes françaises sont belles, que la Poutine ne fait pas partie de la tradition culinaire québécoise, que le métro parisien est un vrai bordel et qu’il vaut mieux prendre sa voiture, que les français sont de vrais chauffards – mais pas pire que les québécois a-t’elle convenu et plein d’autres belles choses.

Bref, j’ai bien rigolé et cette rencontre canadienne impromptue m’a redonné deux jours de sourire, sans ordonnance !

Mercredi en fin d’après-midi

Nous cherchons avec mon Davidoo un livre quelconque à acheter du côté de Boulinier lorsque je vois un monsieur d’un certain âge galérer pour remettre un bouquin à sa place. Fort civilement, je l’aide rapidement, ce qui me vaut de sa part un discours classique de remerciement sur les jeunes.

Jusque là, rien d’anormal.

Ca a commencé à devenir plus surprenant lorsqu’il a commencé à me parler du scandale des grèves, ce qui a fait fuir Davidoo de par ailleurs.

Ca a tourné au surréaliste lorsqu’il a enchainé sur Mr De Gaulle, ce cuistre éhonté ayant trainé la France dans la boue et qui est crevé, car j’utilise le mot crevé pour designer sa mort, un homme comme lui ne mourant pas mais étant destiné à crever – et dont le seul mérite était de sentir le franc de loin et d’être capable de l’accaparer.

Autant la première partie de son discours/monologue était intéressante – le monsieur était âgé de 80 ans et me parlait de l’appel du 18 juin que personne ou presque n’a entendu en live à l’époque – autant il a commencé à virer bizarre avec cette première attaque puis au franchement mystique quand est venu le temps des jeunes qui ne cherchent plus de nos jours à écouter la BBC.

J’ai finalement très fortement pensé à tourner les talons avec l’évocation du régime de Vichy, de ses relations secrètes avec Londres et du travail considérable effectué par le Maréchal Pétain, qui a été le dernier président d’un gouverment démocratique, le dernier de la IIIème république. Il m’a d’ailleurs invité à effectuer, si le coeur m’en disait, des recherches sur le sujet et à m’inscrire au mouvement pour la restauration de la mémoire dudit Maréchal.

Je n’ai pas eu le courage de rentrer dans une discussion démago-polito avec ce monsieur resté vivre dans une certaine époque mais j’ai été (désagréablement) surpris de voir des résurgences d’un autre âge exister encore de nos jours…

Bref (encore), deux rencontres, deux histoires, pile ou face, c’est Paris bigoût, Paris la belle, Paris la malsaine !

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Prends ARE à ton derrière

Par , 3 septembre 2010 0 h 09 min

Un Pôle Emploi dans Paris un jeudi après-midi. Une situation bizarre nécessite des éclaircissements. La première personne rencontrée m’avoue qu’elle ne sait pas trop ce qui se passe et me renvoie sur le 3949.

(Après moult *, 5, code secret, code client, n°abonné, département de résidence…)

- Bonjour, j’aimerais comprendre pourquoi le montant de mon ARE a baissé de près de 50% depuis que j’ai déclaré ma SM.

- Parlez plus fort monsieur, si je ne vous entends pas, je ne peux pas vous répondre et je devrais raccrocher.

(pose le combiné directement sur la bouche)

- Je disais donc que je touche l’ARE depuis un mois et qu’après avoir actualisé ma situation mensuelle, j’ai eu la surprise de voir le montant de celle-ci baissé de près de 50%.

- Ce n’est pas possible monsieur, vous me dites n’importe quoi.

(La feuille reçue le matin même sur mon mail et imprimée, parlant de reprise d’emploi et de cumul)

- Euuuuuh… Je ne mets pas en doute votre bonne foi ni votre compétence mais je sais encore qui lire ce qui est écrit sur votre site… J’essaie juste de comprendre le pourquoi du comment mon ARE a pu être divisée par deux alors que je n’ai travaillé  en août que huit jours en CEE avec un taux horaire calqué sur la CCA et dans la limite des 80 jours ouvrés sur une année roulante…

- Mais enfin monsieur, je vous le redis, ce n’est pas possible ! On ne fait pas ce genre de choses ici ! Vous vous fichez de moi !

- Qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? Le versement…

- Ah mais stop, le montant et le versement ne sont pas la même chose, c’est là que vous vous trompez !

- …………….. (Gros blanc) Donc c’est normal que je ne reçoive pas sur mon compte le montant indiqué sur le site ?

- Mais tout à fait Monsieur, enfin, vous ne savez pas ça ? En suivant le prorata du montant annualisé par la déduction forfaitaire de la majoration individualisée, nous recalculons suivant une courbe aléatoire le montant des trop-perçu entièrement déductibles de la somme versée en fonction de la déclaration pré remplie AJ-56 que vous du recevoir, qui annulait et amendait la circulaire précédente en date du 24 février 1997. Comment pouvez-vous ignorer ça ?

- (étonnement sincère et perdition absolue) Bon bah je dormirais moins con… Au revoir…

- Au revoir Monsieur.

La dame m’ayant reçu précédemment me jette un regard étonné puis s’approche de moi

- Vous avez obtenu votre réponse ?

- La personne que j’ai eu au tel m’a dit en substance que je racontais des conneries.

- Bon (gros soupir et prenant mes papiers dans les mains, elle disparait dans un bureau adjacent)

Dix minutes passent

- Voila Monsieur, il y en a en effet une erreur dans le calcul du au fait que vous avez déclaré le chiffre brut.

(Pas chercher à comprendre, elle est gentille)

- Vous allez donc recevoir un nouveau versement bientôt.

(Ah ça, j’ai compris !)

- Merci et au revoir.

- Au revoir Monsieur.

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Un enfant en 1900

Par , 8 juin 2010 20 h 16 min

Oublions l’espace d’un post toutes les aventures et les récits qui vous font en temps habituel venir de par ici. J’ai en effet retrouvé hier soir en fouinant dans les strates de ma bibliothèque, une merveille dont l’existence m’avait totalement échappé.

Il s’agit d’un Mémento pratique du Certificat d’Etudes primaires, écrit par Messieurs Coudert et Cuir, édité par la Librairie Armand Colin ( 5 rue de  Mézières, 5 ) paru en 1903 et vendu au prix de 2 francs 80.

Il renferme, selon le Sommaire, le contenu suivant (avec la typographie respectée):

1° Le texte des dictées
2° La solution raisonnée des problèmes
3° Le développement des sujets de rédaction
4° Les figures de dessin linéaire ( avec démonstration)
5° Le dessin des objets usuels
6° Des conseils pour les dessins d’ornement
7° La réponse à toutes les questions
8° Les épreuves écrites (avec réponses) des 30 derniers examens

Chaque examen se compose de quatorze sujets:.

Tout d’abord, quatre épreuves écrites: dictée, problème, rédaction, dessin. Puis neuf épreuves orales: analyse grammaticale et logique, arithmétique et système métrique, histoire, géographie, morale, Instruction civique et droit usuel (plus économie domestique pour ces dames), enseignement scientifique et leçon de chose, agriculture et horticulture. Viennent enfin les deux dernières épreuves: chant et gymnastique.

Pour rappel, je cite Wikipedia et l’article associé:

En 1882, le Certificat d’études primaires est institué par la loi Jules Ferry du 28 mars 1882. Par cette loi, l’instruction primaire devient obligatoire de 6 à 13 ans. L’article 6 précise :

« Il est institué un certificat d’études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l’âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d’études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. »

C’est ainsi que pendant longtemps, pour la majorité des lauréats, il marque la fin de l’instruction obligatoire et l’entrée dans la vie active. Le certificat d’études primaires sanctionnait une scolarité primaire plus longue que celle d’aujourd’hui (2006). Il couronnait un cursus de sept ans : après les deux années de cours moyen, il y avait encore deux années de Classe de fin d’études primaires, suivies par des élèves qui n’étaient pas entrés en enseignement secondaire.”

Je vous propose donc de passer en ce lieu un petit examen comme les faisaient nos arrières grands parents, il y a cent ans de cela.

Mais avant de d’arriver aux choses sérieuses, pensez bien à vous mettre dans la peau d’un écolier des années 1900 et à vous rappeler le contexte politique, sociologique et historique de l’époque, entre deux guerres (1870, 1914), du fait que la campagne existait encore pour de vrai et tout le toutim.

Nous sommes donc dans une salle de classe, quelque part dans la France rurale, les encriers sont pleins, les plumes sont prêtes. Le silence règne et le Maitre prend la parole:

1° La dictée (donnée bien sur à titre indicatif !).

L’âne est le serviteur du pauvre, pour qui il remplace avantageusement le cheval. Il se contente d’une nourriture très frugale, et chacun sait qu’il aime à se repaître de chardons. Sa robe est très propre, si on la soigne. Quant à sa voix, il faut bien avouer qu’elle est peu agréable. L’âne  conserve rancune aux personnes qui le frappent sans mesure; mais si on ne le maltraite pas, il reste toujours docile. Les coups seuls le rendent têtu. Cela nous indique la manière de le conduire. J’ai vu un âne obéir, comme un chien, à la parole de son maître.

2° Problèmes

1 – Un magasin est éclairé de 58 becs de gaz de 6 heures à minuit; chaque bec consomme 1 hl. 35 de gaz par heure. Le mètre cube de gaz coûte 0 fr. 35. On demande quelle sera la dépense d’éclairage pendant le mois de janvier, sachant que le magasin a été fermé les 4 dimanches du mois.

2 – Une école se compose de 4 classes. La 1ère a 9 élèves de moins que la 2ème. La 2éme, 7 de moins que la 3ème. La 3ème, 17 de moins que la 4ème. Sachant que la 1ère classe contient 38 élèves, combien y en-a-t-il dans toute l’école ?

3° Rédaction

Un de vos camarades vous a raconté qu’à la suite d’une discussion survenue entre deux de ses parents, son père avait conclu en disant: “Vous n’avez pas l’esprit de famille.” Il vous a demandé ce que cela veut dire. Vous lui répondez et vous lui expliquez le sens de cette expression

Sujet alternatif (page 66)

Quelques jours avant la révision, un jeune conscrit s’est mutilé volontairement pour échapper au service militaire. Une punition sévère lui a été infligée. Dans une lettre à un ami, vous racontez le fait et vous exprimez toute l’indignation qu’une pareille faute vous inspire.

4° Dessin

1 – Dessinez un échiquier ayant la forme d’un carré divisé en 64 cases égales. Dimensions: Om,096 de côté. Le carré sera encadré d’un filet simple placé  à Om, 096 de distance avec quarts de ronds aux angles. Les cases noires seront ombrées  au moyen de lignes verticales.
2 – Dessinez à vue une cruche.

– Épreuves orales –

5° Analyse grammaticale et logique

On est toujours mécontent de sa situation, quand on la compare à une meilleure.

1 – Indiquez dans la phrase qui précède: un adverbe, une conjonction, deux prépositions

2- Comment reconnaît-on que la seconde proposition de cette phrase est subordonnée ?

6° Arithmétique et système métrique

1 – Que devient le produit de deux nombres si l’on multiplie le multiplicande par 10 et que l’on divise par 10 le multiplicateur ?
2 – Écrivez 1848 en chiffres romains.
3- Je dois au boulanger 84 fr. 70, je lui donne 100 fr. Combien me redevra-t-il de pain de 2 kilog. à 0 fr 325 le kilogr. ?
4 – Quel est le poids de 225 centilitres d’eau supposée pure ?

7° Histoire

1 – Racontez l’histoire de la commune de Laon au onzième siècle.
2 – Quels profits la France a-t-elle retiré des guerres d’Italie au seizième siècle.

8° Géographie

1 – Quelles sont les principales villes arrosées par la Loire ( préf. et s.pref.) ?
2 – Dans quelle partie de la France est le plus grand bassin houiller ?

9°Morale

1 – En quoi consiste la fidélité d’un apprenti envers son patron ?
2 – Que veut dire le mot patron ?

10° Instruction civique, droit usuel

1 – Quelles sont les attributions du Ministère des finances ?
2 – Qu’est ce qu’un adjudicataire ?
3 – Par le ministère, de quelles personnes les ventes publiques ont-elles lieu ?

10° bis (pour les filles) Économie domestique (p.30)

1 – Où est la place de la bonne ménagère ?
2 – En quoi le bavardage, les cancans sont-ils nuisibles ?

11° Enseignement scientifique et les leçons de choses

1 – Quelle est l’effet de la chaleur sur les corps ?
2 – Comment le charron s’y prend-t-il pour mettre un cercle de fer à une roue ?
3 – Quelles sont les parties principales d’une plante ?
4 – Qu’est ce que le pétrole ?
5 – Que veut dire ce mot ?
6 – Indiquez où on le trouve.
7 – Parlez de l’essence minérale.
8 – Dangers de ces huiles minérales; précautions à prendre.

12° Agriculture et horticulture

1 – Qu’appelle-t-on instruments aratoires ?
2 – Quel est le principal instrument aratoire ?
3 – Qu’est-ce qui distingue les charrues ordinaires des charrues simples ou araires ?

13° Chant

1 – Chant à volonté
2 – Solfiez l’exercice suivant
3 – Qu’est ce qu’une quarte ? – Exemple.

14° Gymnastique

- Porter les bras en avant, et ensuite tendus sur les côtés , en marchant au pas accélérés; en quatre temps.

Voila.

Si certains d’entre vous veulent tenter leur chance, vous êtes les bienvenus, je posterais (peut-être !) les réponses demain…

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C’est un poil le bordel

Par , 23 mai 2010 23 h 29 min

Un grand bonjour à tous en ces temps de disette blogesque (et pas que d’ailleurs…).

Le retour du Canada et la réadaptation à la France, depuis maintenant quatre mois, s’avèrent infiniment plus casse-gueule que prévus et je me dois de tirer quelques conclusions.

Je suis rentré blindés d’illusions et de volonté, prêt à en découdre et à refaire le (mon) monde pour de bon. Je pensais que l’année passée en Amérique du Nord serait un terreau fertile et propice pour planter et faire pousser la plante des mes ambitions (Paie ta métaphore gros !). Mais celle-ci n’est pour l’instant qu’un modeste bonsaï pas spécialement décidée à grandir vite vite.

Une partie de ce (relatif) échec peut m’être imputable. Trop rêveur peut-être, trop naïf probablement avec des petites tendances à vouloir superposer ici ce qui marchait là-bas et surement d’autres choses à côté.

Mais, il y a définitivement quelque chose de pourri au Royaume de France.

Le pays (mon, notre, votre pays…) est sclérosé, bloqué, effrayé.

Sclérosé par des mentalités d’outre-temps. Bloqué par des traditions et des structures inadaptées. Effrayé par la nouveauté.

Aucune possibilité de tenter une aventure professionnelle si les diplômes ne sont pas adéquats. Fermeture d’esprit totale et absolue sur tout parcours inhabituel. Recherche permanente de celui qui confortera l’entreprise dans sa routine, celui qui ne changera rien et ne risquera surtout pas d’introduire une seule once de chaos dans un monde propre et ordonné.

La motivation et la volonté sont des armes qui semblent s’émousser sur la rigidité d’une structure intouchable. Quand d’un côté de l’Atlantique, chance t’es donnée te faire tes preuves, à charge à toi de bosser durement, de l’autre, tu es refoulé car surqualifié, trop instable, inadapté…

Faire grève est toujours un sport national. Aux JO, nous serions les rois, médaillés inattaquables.  Trente cinq heures, j’écris ton nom !

Bref (et très gros bref !), je suis blasé, emmerdé, embêté, lassé et un poil démoralisé.

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