Category: Terre neuve

Coup de tempête

Par , 2 avril 2010 0 h 02 min

Ca vogue, ça tangue et les tripes sont au bord de la bouche.

La tempête est terrible, fracassante, monstrueuse, pleine d’amertume et de rancœur probablement enfouies depuis bien trop longtemps. Et de gauche à droite, de bâbord à tribord, les pauvres marins tentent tant bien que mal de s’accrocher à de futiles morceaux de réalité bien ballotés eux-aussi.

C’est marin, c’est maritime, c’est un ouragan, un cyclone, un typhon: c’est le bordel régnant dans tout ce qui gravite autour de moi. Et ce n’est nullement un hasard si je t’utilise une métaphore cataclysmique pour ouvrir ce trois cent douzième article.

Car, mes chers lecteurs, le goût de l’embrun et le bruit du ressac me titillent. Les longues balades en solitaire sur les hauteurs de Saint John’s, à crapahuter dans la neige fraiche de la veille, cherchant à lier conversation avec les vieux marins du coin, ces finnois qui se rassemblent au pied de Signal Hill, non loin de Quidi Vidi et qui, tels des clichés vivants, font et refont entre eux une vie entière consacrée à la mer et aux bateaux de pêche.

Je garde un souvenir tendre et ému d’un petit moment partagé avec l’un d’entre eux, qui m’avait expliqué avec son anglais et sa voix rocailleuse, métallique, des histoires de naufrage, de secours et de noyés. Il me désignait du doigt les navires s’échappant vers le large, me disant avoir vu un tel dans les chantiers, un tel revenant chargé ras les soutes et autre tel dont c’était probablement l’une des dernière sorties. Je ne suis pas sur d’avoir tout saisi à ses paroles. Il débitait et ne finissait jamais ses phrases, sautant d’un sujet à un autre, heureux de voir que l’on s’intéressait encore aux histoires d’autrefois.

Je suis finalement parti continuer ma promenade hivernale et il est resté à regarder cette mer. Plusieurs fois, pendant ma montée, je me suis retourné pour le voir. Et il était là, vaillant, toujours au poste. Et finalement, après un dernier virage, je l’ai perdu de vu.

Je suis revenu plusieurs fois sur ce même chemin mais je ne l’ai jamais recroisé. Peut-être est-il retourné dans un de ces pubs de George Street, peut-être est-il allé recoudre une enième fois un filet de pêche usé. Ou peut-être n’est-il plus simplement de ce monde.

Saint John’s a été la fin de mon escapade canadienne. Je regrette de ne pas avoir pu y séjourner plus longtemps, de ne pas avoir pu explorer en profondeur cette ile. Mais comme l’heure est toujours à une vague nostalgie et malgré que cela fera grogner quelques uns de mes lecteurs, je terminerais sur mon éternelle pirouette habituelle:

J’y retournerais (aussi !).

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A l’Est de l’Ouest

Par , 21 janvier 2010 4 h 43 min

J’ai enfin pu aller cet après-midi, grâce à la diligence d’une couchsurfeuse locale, explorer Cape Spears, qui était l’une de mes raisons pour viendre à Terre Neuve.

J’ai donc bouffé de la vague énorme, des gros rouleaux se fracassant sur les récifs acérés de la côte septentrionale canadienne (Voyage-Yukon: 2 – 0 Chateaubriand !).

Une espèce d’atmosphère assez démente avec cette mer déchainée, semblant vouloir envoyer paitre l’innocent bateau de pêche que nous distinguions au loin, moi et mes deux pas super girondes acolytes. Juste au-dessus de nous, un phare et quelques restes de bunker de la seconde guerre.

Et pas un chat à l’horizon – excepté celui dont je tolère exceptionnellement la présence dans ma chambre ce soir.

Affûtée comme pas deux, notre Alési locale nous a ensuite amené du côté Petty Harbor, un petit village de pecheurs tout ce qu’il y a de plus néofinnois: son port, ses bateaux, ses vieilles maisons penchées, son pub et… ses phoques !

Oui. Des phoques. Des Harp Seal (ou phoques du Groenland).

L’un des bestiaux qui manquait à mon bestiaire canadien.

Telles de grosses larves, Madame et son petit végétaient/digéraient allongés de tout leur long, battant lamentablement des nageoires et nous regardant d’un air incontestablement bovin.

J’en déduis donc par la présente que le Phoque est à la mer ce que la Vache est à la terre. Un gros bestiau super inoffensif mais qui attire immanquablement la sympathie des touristes de passage (moi par exemple !).

J’ai donc mitraillé les deux bestiaux à coup de Phoque You et d’appareil photo.

Puis tout dans ce bas monde ayant un terme (sauf les impôts en ayant quatre paraît-il), nous avons du nous en retourner vers Saint John’s.

Bilan de la journée: des gros bestiaux, un lieu de plus à mon atlas canadien et un bon gros hamburger que je me suis ingurgité au Follys ce soir pour me faire plaisir.

Vous pourrez profiter de la petite galerie de photos que j’ai ajouté – toujours au même endroit !

Pour conclure ce bien bel article animalier, veuillez prendre note d’une probable absence de nouvelles en ce lieu for a couple of days, cela du à un gros bordel ambiant à coup de billets d’avions et de transit montréalien futur.

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Ras à la vacation

Par , 15 janvier 2010 8 h 54 min

Et autrement dit…

Rien à raconter ! Le temps suit lentement son cours de par ici, me rapprochant chaque jour un peu plus de la fin de mon pvt.

J’essaie de me faire à cette idée qui est très loin de me plaire mais n’ayant guère le choix, j’essaie de vivre avec quand même.

Finally, excursion Cape Spearienne reportée pour cause de rage de dent de la part de ma présumée gironde conductrice.

A suivre…

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L’appât malin de l’Arsène Lapin…

Par , 13 janvier 2010 8 h 02 min

Je le cherche toujours.

Impossible de choper ces foutus bestiaux qui passent leur temps à grignoter et à gambader joyeusement dans le salon. J’ai pourtant une sublime recette de civet qui n’attend qu’un de ces quadrupèdes pour être essayée et ravir mon estomac demandant.

Autrement et loin de tout délire lapinesque, je commence à sentir vraiment approcher le sapin pour mon Pvt. Plus que trois semaines de présence légale autorisée sur le territoire canadien. Et j’ai un mal fou à concevoir cela.

Si une certaine partie de mon anatomie se réjouit à l’idée de renouer gastronomiquement avec ma patrie natale, plusieurs autres protestent et leur leader charimastique fait son maximum pour trouver un échappatoire à cette triste fin de joyeux drille.

Je coule autrement des jours heureux de par ici, menant une vie de larve bienheureuse, marchant bon an mal an une dizaine de bornes par jour selon mon bon vouloir. J’ai également trouvé une bonne âme bien charitable et apparement fortement gironde pour m’emmener voir Cape Spears, ce qui vous promet déjà un billet mythique à ce sujet.

Pour conclure, la rénovation de ce lieu va bientôt être effective et il se pourrait bien que vous ayez une surprise lors de votre visite que je présume fortement quotidienne !

Au plaisir de vous lire !

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La Poutine n’est pas qu’un président

Par , 12 janvier 2010 8 h 07 min

Recette gastronomique

Un kilo de frites.

Un sachet de Gravy

Un sachet de fromage à Poutine.

Un gros steack.

Vous foutez les frites au four, la sauce dans la casserole et le steack dans la poele, avec du jus de citron par-dessus et du persil.

Vous shootez les chats qui essaient de vous piquer votre bouffe avec n’importe quel truc contenant de l’eau jusqu’à que ce que la place soit déserte.

Vous attendez le temps que tout ce bordel soit prêt.

Vous servez et vous vous baffrez comme un gorêt – comme le soir d’avant !

Vous fêtes l’anniversaire de votre colloc’ en buvant de la sangria.

Et voila.

Au fait, la Poutine, c’est du fromage qui fait squik squik sous la dent avec frites recouvertes de sauce brune. C’est québécois et ça déchire.

Ps: Travaux bloguesques à prévoir tantôt et refonte du lieu pour son premier anniversaire. Ca va être le bordel mais pas d’inquiétudes, il souffrira pas.

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Tilapia m’a tué.

Par , 11 janvier 2010 7 h 55 min

Ce charmant poisson vendu en filet et en réduction au supermarché local et que j’ai consommé pour mon repas de ce soir était absolument délicieux. Son assaisonnement au Cajun l’était également. Les pates accompagnaient royalement le tout.

Donc ou le problème ?

La sauce que j’ai cuisiné avec amour, moitié crème fraiche, un quart mayo, un dixième jus de citron et plein d’épices bizarres soupoudrées de chili et de curry.

Elle était tellement bonne cette sauce que j’ai tout mangé comme un boeuf bourrin basique et que c’était juste trop.

Et du coup, soirée comatage absolu dans ma chambre tout en regardant la neige continuer à tomber dans la rue.

Autrement, des fortes possibilités de changements dans l’emploi du temps cette semaine.

Probablement plus d’informations demain.

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Clichés

Par , 10 janvier 2010 7 h 18 min


Un samedi soir à Saint John’s

- Un musicien joue de la musique irlandaise.

- Je bois une Black Horse.

- Je fais mon Screech’in.

(It is the only way that those not lucky enough to be born a Newfoundlander can become as close as possible to being a Newfoundlander, without having to die and be reincarnated as a Newfoundlander).

- Long may your big jib draw.

- Je tape la bise à un saumon gelé.

- Un groupe joue du folk anglophone.

- Je parle Terre Neuve et Dublin avec mon musicien.

- Je déambule dans la tempête de neige.

- J’arrose les chats qui miaulent pendant que je mange.

- J’écris.

Bonne nuit !

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Les mouches se terrent

Par , 8 janvier 2010 7 h 19 min

Un qui tousse. Donc tousse pour un.

Voici l’introduction la plus brillante de tous les temps, de quoi se faire se retourner Mr Dumas dans sa tombe.

Le fait étant que l’embrun marin inhérent à ma vie ilienne m’a rendu quelque peu enrhumé, je justifie donc par la présente cet hilarant jeu de mot qui va encore me permettre d’atteindre des sommets de popularité.

Ceci étant dit et certifié conforme à la bonne morale, appréhendons donc ensemble ce qui m’est arrivé en cette pluvieuse journée terre-prédixienne.

L’objectif travail étant validé depuis Lundi – je suis embauché comme Kitchen Helper mais seulement on call -, je continue mes prérégrinations locales, l’objectif de ce jour étant d’aller présenter mes plus respectueuses salutations à l’association en charge de la francophonie locale.

J’ai donc gentiment bourlingué sur le long de quatre kilomètres bitumés, me refusant toujours à prendre le bus, pour arriver aux locaux de l‘Association des Francophones de Terre Neuve. Comme à l’habitude dans de telles circonstances, l’accueil fut chaleureux et très courtois. Il faut dire que cela fait depuis novembre que je spamme le pauv’ responsable – l’Yvette local – en prédisant mon arrivée prochaine.

N’empêche que le fait est qu’il m’a reconnu et a su qui j’étais avant même que je me présente. Si c’est pas la classe ! On a pas mal parlé de mes pérégrinations, de la vie locale et le m’sieur m’a même envoyé voir la Directrice de l’école d’à côté pour me trouver un job ponctuel… Ils ne doivent pas avoir énormement d’immigration Pvtiste dans ce coin-la – mais je vais pas m’en plaindre !

Toujours est-il que la vadrouille aller/retour m’a permis de continuer ma moyenne de 7/8 bornes pédestres quotidienne et que j’ai donc découvert la face nord de Saint-John’s, guère remarquable si ce n’est un zoli lac en bordure de route. Et un cimetière ou j’ai vu la surprise de voir une tombe avec une date de naissance mais pas encore de décès…

Autrement et dans la série “les petits détails que vous aimez”, j’ai rompu mon régime végétarien en cette belle soirée en faisant péter un beau saumon cuit dans une sauce bien grasse et accompagné de grosses patates bouillies.

Et les chats ont cherché pendant une demie-heure d’où pouvait bien venir la fort délicieuse odeur – d’un point de vue félin – maritime s’échappant de mes doigts. Faut dire que pour éviter de me faire piquer ma poiscaille, je me suis frotté le bout des doigts sur l’emballage et je leur ai fait sentir. Sont devenus dingues à fouiner partout – dans la poubelle ! -, sauf là où était ladit régal.

Enfin et ce sera probablement la seule fois où je mettrais un mot pour un décès mondain, rendons hommage à la mémoire de Philippe Séguin, fan de foot, du Psg et qui avait voté l’Abolition en 1981.

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Quidi Vidi !

Par , 7 janvier 2010 3 h 17 min

C’est le nom du charmant petit bout de bonheur que je suis allé visiter cet après-midi, histoire de passer le temps et de continuer mes découvertes de la région…

A trois bornes de Saint John’s, un port enclavé dans une anse naturelle assimilable au Narrow situé de l’autre côté de la ch’tite montagne, on dirait que le temps s’est arrêté dans un village d’Angleterre du XIXème siècle.

Au pied de la falaise, des cabanes de pêcheurs, un vieux ponton branlant et croulant et quelques barques attachées là depuis semble-t’il des décennies.

Un chien joueur court dans les rues et lèche les mains des étrangers de passage se dirigeant vers le Pub local – pas moi nonobstant.

Car mon trajet du jour avait pour but d’explorer la Quidi Vidi Brewery, autrement dit la Brasserie locale, ouverte en 1996.

Et j’ai eu un vrai morceau de chance car ce machin-la étant en rénovation à l’intérieur, j’ai eu le droit à une visite guidée extra exclusive par un ouvrier. Et j’ai même pas payé – il a pas voulu de mon tip . Et il m’a offert trois bières du coin. Je les garde amoureusement.

Petit retour par un trail rejoignant Signal Hill, tapage de discut’ avec un vieux Newfie ex-marin et intéressante discussion sur la pêche au large, tout en regardant l’océan.

Et comme c’était la journée Culture, j’suis allé squatter le Musée local, The Rooms, situé juste au-dessus de ma maison.

Bah j’ai été déçu. Le bâtiment est splendide mais la collec’ permanente casse pas trois pattes à un bipède. Et les expos temporaires sont pas ultimes non plus.

Mais j’m'en fous.

C’était gratuit !

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Est-ce aux Esses ?

Par , 4 janvier 2010 7 h 32 min

Bon il n’y a strictement aucune raison de venir secourir un Cedric à Terre Neuve mais le titre me faisait rire.

Donc.

Tout se passe pour le mieux quoique ce dimanche fut légèrement boring, du à mon flemmardise légendaire et à temps de cochon dehors.

J’ai juste mis le nez dehors pour aller choper du Kawa et des Kookies au Tim Horton’s adjacent puis pour aller acheter une très nutritive pizza à côté du Tim Horton’s suscité pour son plus grand bonheur.

Demain, une journée qui va – déjà – m’en dire long sur mon avenir dans ce coin-ci avec cet entretien décroché le lendemain de mon arrivée pour donc demain après midi. J’ai bien spécifié que je ne restais qu’un mois mais ils ont peut-être un truc à me proposer.

Et pis, cochon qui s’en dédit, j’ai contacté la Mafia Francophone du coin, ocazoo ils auraient un ch’tit quelque chose pour moi.

Prochain flash d’informations demain, même lieu, même heure.

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