Category: Le Canada

Premiers amours

Par , 30 juin 2011 11 h 10 min

Petit post à teneur yukonnaise – une fois n’étant pas coutume, avec deux vidéos trouvées au hasard de mes pérégrinations:

Une histoire de train et de White Pass:


Et une autre de promo, tournée et produite par mes coupains de l‘Afy


Ca sera tout pour aujourd’hui !

PS: Le millième commentaire approche dangereusement. Kiki qui l’aura ?

Edit: Mumu d’Ici et là étant la grande gagnante du 1000ème post, elle a choisi comme cadeau de pouvoir écrire de sa main propre un texte (forcément) fabuleux et (obligatoirement) génial que vous pourrez lire ici dès demain !

 

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L’émerveillé – Volume 3

Par , 24 mai 2011 21 h 15 min

Gros ressortage de vieux sujets que je croyais abandonné: mes 7 merveilles du monde n’à moi et dont vous trouverez pas plus loin que juste après les deux premiers volumes, consacrés respectivement à Tombstone et Arches.

Voici donc venu le temps de la Merveille N°3 et qui va nous ramener du côté de Terre Neuve:

Cape Spears

Vous vous rappelez sans doute que la fin de mon PVT m’avait amené du côté de cette ile paumée où je n’ai rien fait d’autre pendant un mois que de chasser les lapins de la colloc’, bouffer de la poutine maison, errer dans les pubs irlandais, écumer les musées locaux et déposer beaucoup de cvs.

Toutes ces activités, bien que chronophages, n’ont jamais réellement assouvi  l’ennui relatif et la nostalgie ambiante des derniers jours d’un long voyage, d’autant plus que celui-ci a méchamment tourné à l’introspection et aux questions rituelles sur l’ultime mois.

Il se trouve par ailleurs que je ne savais pas absolument pas quoi ce que j’allais bien pouvoir trouver à Saint John’s en dehors des bons vieux clichés: des marins, des toutous, la mer et des bateaux. Inutile de dire que j’ai bien été servi pour cette partie, ayant même eu l’honneur, le privilège, le plaisir de rouler un palot à un saumon gelé tout en déclamant un texte barbare faisant de moi un vrai Newfie (le screechin’ que ça s’appelle…), roux, barbu et velu.

Mais là n’étant pas la question, j’en viens donc à aborder Cape Spears.

J’avais balancé à tout hasard sur le groupe CS de Terre Neuve une requête de lift pour aller errer sur ce petit bout de terre qui se trouve avoir cette particularité:

Panneau explicatif...

C’est donc une fortement gironde demoiselle locale qui nous a accompagné, moi et la canadienne habitant là depuis cinq ans et qui n’avait jamais mis les pieds là-bas… et qui paraissait même ignorer l’existence de ce truc.

Le trajet, rapide, nous a amené en bord de mer où nous avons pu admirer:

- Une mer salement démontée
- Un vent carrément féroce
- Des récifs indubitablement coupants

Et, dans cette atmosphère marine de désolation, j’ai su/compris/réalisé que c’était là une forme d’adieu que je faisais  à mon Canada. Sachant que c’était mon avant dernier jour là-bas, que je repartais pour la grisaille francilienne le lendemain soir, que je m’apprêtais à aller boire my last pint et que la nuit allait être consacrée à la longue agonie du rangement des affaires, j’ai compris que la fin était là, pour de vrai.

Alors certes, cela m’a pris ensuite longtemps pour saisir la réalité d’un retour à la vie d’avant, à retrouver des repères/repaires perdus, à revoir des choses oubliées mais c’est aujourd’hui, avec le recul et la douce ironie d’une année passée en France que je me rends compte de l’intensité de ce moment, que je croyais de prime abord n’être qu’un émerveillement typique du Cedric moyen mais qui était en fait un cheminement affectif vers l’Au revoir.

Alors voila pourquoi ce petit bout de terre ilien paumé, n’ayant d’autres attraits à la base que d’être septentrional à en mourir est une de mes merveilles:

Car là où on a dit “Au revoir”, on revient forcément dire Bonjour, me revoila !

 

 

 

 

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La mère veille, une !

Par , 16 janvier 2011 15 h 21 min

Premier volet de cette nouvelle série (sans fin ou pas, c’est selon) consacrée aux merveilles, avec un petit voyage nostalgique vers mes terres de rêve, d’émotion, de génération futures, toussa toussa (copyright vousavékoi).

Tombstone – Yukon, Canada

Une route gravillonnée, fruit du labeur de l’être du nord pour relier un trouduku – Inuvik – au reste du monde. 650 bornes de caillasse démentielle, serpentant au creux d’une espèce de vallée préhistorique, dans le cœur d’un des plus beaux parcs du Canada.

J’ai attendu quasiment six mois pour y faire ma première excursion, accompagné des légendaires Pieréniko, sur le chemin de notre RT Nordique déjà légendaire.

Quelle baffe ! Le temps maussade, pluvieux, semblait n’exister que pour souligner la masse lourde et immuable de ces montagnes, où l’on devine sans les voir des chemins, des creux et des vallées oubliées depuis Rahan, où les noms eux-mêmes sont géologiques ou animaux: Grizzly Lake, Diamond Lake and co.

Le long de cette (auto)route, des lacs Moosesques où se baignent les animaux éponymes, regardant d’un oeil soupçonneux les voitures vomissant toutes portières ouvertes des flots de touristes photographes, éblouis par ces quadrupèdes somme toute très stupides.

Un Campground sert de lieu de base aux randonnées, vague espace où les humains se rassemblent autour d’un poêle, dans un shelter ouvert aux quatre vents.

TNP est une ode à la Nature dans sa splendeur, une invitation à la rêverie paresseuse, comme un voyage dans un temps incertain, loin de toute certitude de civilisation et de repères préprogrammés. On y accepte la fatalité de l’accident avec une relativité toute spéciale, on apprend à ne plus compter les kilomètres et à subir passivement les éventuels contretemps, sachant que les questions ne se posent pas en si mais en quand.

Tombstone, monument en péril, joyau menacé, souvenir éternel.

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Un p’tit salon

Par , 17 novembre 2010 17 h 16 min

Retour sur le salon Destination Canada où j’ai eu le privilège d’être invité suite à une sélection sur CV.

Pour faire (très vite), la matinée a été longue. Très longue. Trois heures à entendre une zentille demoiselle de l’Ambassade expliquer les différents processus d’émigration temporaire ou définitive au Canada, alors que vous maitrisez le sujet, y a de quoi vous faire compter les carreaux qui composent la troisième rangée de la huitième colonne (ce que j’ai fait en fait).

Ensuite, et plus intéressant, le temps du salon en lui-même: j’ai revu avec grand plaisir quelques anciens yukonnais et, surtout, tous mes potos de l’asso’ francophone de Terre Neuve. Le mec avait grillé que je le regardais avec un grand sourire pendant tout son speech et a du me prendre pour un psychokwak mais les doutes ont été vite levés et je suis reparti avec un Macareux Moine Miniature.

Beaucoup de contacts intéressants, notamment avec les TNO et le Nouveau Brunswick, à développer plus avant dans les prochaines semaines.

En fait, le vrai scoop de la journée, ça a été mon interview pirate du patron de PEI (Pôle Emploi International), qui rodait à l’extérieur en se grillant une clope. Après tout le mal que j’ai dit de ses services, le minimum était d’aller le confronter à mes questions, auxquelles il a fort aimablement répondu.

Voici donc, pour la toute première fois dans l’histoire de VY.net, une interview exclusive (et retranscrite selon ma bien faible mémoire. Il se peut donc et même fortement que les propos ne soient pas exactement ceux prononcés mais le sens est conservé).

Moi: Je peux vous poser une question ?

Lui: Bien sur.

M: Vous savez que votre site est vraiment immonde ?

L: Oui ! Nous disposons d’un siège fabuleux à Bastille, avec des pc équipés de webcam pour la vidéoconférence, d’une équipe efficace mais en effet, le site est vraiment inadéquat. D’ailleurs (scoop !), une équipe d’informaticiens est en train de travailler sur la prochaine version.

M: Etes-vous une branche indépendante de Pôle Emploi ?

L: Tout à fait. Nous disposons d’un réseau d’agence uniquement internationales dans toute la France.

M: Est ce que l’inscription sur le site envoie votre dossier sur un lieu aléatoire ?

L: Non. Vous êtes affectés à la zone géographique dont vous dépendez.

M: Donc ce n’est pas normal que résidant à Paris, mon dossier se soit retrouvé à Pontarlier ?

L: Bug informatique. Je ne vois que ça.

M: Comment se passe l’inscription sur le site ? Est-ce un script ou une validation humaine ?

L: Chaque dossier est étudié au cas par cas et cela nous arrive de refuser des inscriptions, comme dans le cas d’un CV inadéquat, d’aucune langue parlée en-dehors du français… Mais nous ne sommes pas figés et pouvons revenir sans souci sur une décision.

M: Les Cv sont-ils gardés sur une base de données ? Archivés ?

L: Ils sont gardés un mois puis tout est effacé en fonction de l’activité de l’utilisateur.

M: Comment est jugée cette activité sachant qu’il n’y pas besoin de login pour accéder au site ?

L: Le Webmestre étudie les connections et décide de l’activité, selon la fréquence de la connection, des recherches d’emplois…

M: Et d’autres moyens ? Le mail ?

L: Aussi. Si vous répondez aux mails, vous êtes considérés comme actifs.

Ça a été la dernière question de cette interview surprise et inattendue mais dont je me suis délecté pendant un petit moment (même s’il n’y pas forcement de quoi…).

Fini pour aujourd’hui !

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Les blagues de Titine

Par , 17 novembre 2010 2 h 29 min

Tu te rappelles sans doute, ô toi mon fidèle lectorat, que j’ai eu la chance de posséder pendant quelques mois le plus bel engin motorisé ayant jamais roulé sur cette terre.

Rutilant, brillant de mille feux, les rugissements de son moteur endiablé se faisaient entendre à des kilomètres à la ronde et la Nature elle-même semblait se mettre en veille pour que tout-un chacun puisse l(admirer déboulant sur les routes du Yukon et d’ailleurs.

Son profil technologique doté de toutes les innovations possibles, ses options HDG (Haut de Gamme), sa tenue de route légendaire et sa vitesse de pointe affolante, tout cela faisait de mon véhicule une voiture de légende.

Et puis j’ai regardé mon compte en banque, les annonces du Yukon News et je me suis décidé à acheter Titine.

300 000 bornes au compteur, aucune pièce d’origine, un parebrise fendillé, des fuites de partout, un moteur bridé à 120 bornes à l’heure, 30 en montée, interdiction de dépasser les 3000 tours/minutes. Bref, une litanie de dysfonctionnement, un gros clin d’œil à la RMCP disant “Viendez m’arrêter, je suis totalement, absolument et définitivement Hors la loi !”.

Voici donc pour vous, plus ou moins chronologiquement, le Best-Of de ce gros Ta2Boo, le long des 18 000 et quelques kilomètres passés en sa compagnie !

Avant le départ

Une Timing Belt à changer, un puis deux puis beaucoup de mails de personnes m’incitant à réfléchir avant d’acheter ce truc (dixit), un coffre qui ferme pas, un bouchon de liquide de refroidissement paumé, pas de plaques d’immatriculation, un Cruise Control en rade et des sièges indélogeables. La tête de Georginou lorsqu’il vit Titine pour la première fois, garée sur le Parking de l’Aéroport est l’un de mes plus beaux souvenirs.

Haines Junction, avant de prendre le ferry pour Skagway

Sgiiiiiing, crouiiiiiiiiik, tchoooooooong, sliiiiiiiiiiiiirp. Regards très dubitatives et hilarité retenue du personnel de bord. En fait, c’était juste une courroie qui avait des envies d’indépendance. Pouf, 40 dollars.

Vancouver, en plein milieu d’Hastings

* Vieux bruits de rouages qui grincent plus des masses *
* Lumière rouge clignotante sur le tableau de bord *

Y plus d’huiiiiiiiile ! Arrêt en urgence à un carrefour où on a manqué de se faire écraser deux fois (enfin Georginou surtout, moi j’essayais de localiser le coin du rendez-vous avec PPDO et Pascalounette).

Alberta, pas loin de Golden

140 dollars d’amende et Safety Check à passer dans les 30 jours: pare brise pété, fuite de jsépaou et divers clignotants ne clignotants plus. Titine est officiellement baptisée ce jour “Ta2Booo”.

Sortie de Jséplukelparc aux USA, dans la zone interdite à l’arrêt, ou paissent les troupeaux de Moutain Goat et dévalent les éboulis

- Dis Georginou, elle a un truc bizarre Titine…
- Arrête-toi, je vais regarder.
- Ana Crevééééé !
(…)
- Do you need help ? No ? Okay !
(…)
- Putain de cric de merde !
(…)
- Putain, ça se décrouïse comment ces écrous ?
(…)
- Hey Ranger, we’ve a problem…

Death Valley

La montée fatale, de zéro à quatre mille feet. Titine a pas aimé. Pschout qu’elle nous a dit et arrêt absolu, sans aucune négociation du genre grève à la française. Mais comme ce n’était qu’une crise temporaire, elle est repartie dix minutes après toute guillerette.

Après la Death Valley

De la fumée dans l’habitacle, le cockpit, le siège avant. Des freins ayant décidé de prendre leur retraite. Et Georges qui me regarde du genre “Avoir acheté ce truc sans m’avoir prévenu, tu me le paieras un jour mon Coco”.

J’ai saisi l’ampleur du désastre quand, vitres fermées, j’ai demandé audit Georginou s’il entendait les cigales dehors: “Ce ne sont pas des cigales, c’est ce qu’il reste des freins de ta maudite bagnole”.

On aurait dit un guitare mal accordée couinant encore et encore…

Verdict: 200 dollars et une nouvelle plaquette

San Francisco

Voiture apparaissant volée, arrestation par les keufs, fouille (très très) relative et libération sans conditions quelques minutes après: en effet, on ne peut décemment pas voler un truc pareil. Pour la petite histoire, ma plaque yukonnaise a fait conflit avec le super ordinateur équipant les véhicules de la SFPD (Bug dans le jargon local et aucune possibilité de savoir si ça pouvait se reproduire).

Voila, l’épopée, les riches heures, ce qui fut la vie, la gloire et la fin (à la casse ou en pièces détachées) de la plus belle caisse que j’ai jamais possédé (la seule aussi).

Titine, où que tu sois, nous ne t’oublierons jamais !

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Les nuits du Yukon

Par , 11 novembre 2010 14 h 16 min

Plongé dans la contemplation de la bien triste skyline de la capitale, bordurée d’immeubles obscènes, tels des majeurs dressés dans mon horizon, me disant “Dégage d’ici, ce n’est pas pour toi, nous ne te voulons pas parmi nous”, je repense avec nostalgie à certaines de mes nuits yukonnaises, passées dans un espace temps probablement différent et tant pis si la métanalogie est foireuse.

Ainsi, les plus fidèles d’entre vous, premiers parmi les premiers, se rappelleront que j’ai été à l’occasion Gardien de camping et que je dormais allongé sur une table de pique-nique, cramé d’un côté par un poêle surchauffé et glacé de l’autre par les courants d’air glacés de l’hiver. Il m’arrivait de sortir par moments errer dans la forêt, chaussé de raquettes et sautant tel le caribou moyen dans la neige fraichement tombée. Je m’arrêtais alors au détour d’un chemin, cherchant à apercevoir ce ciel si étoilé qui est celui du Grand Nord, restant à l’aguet d’éventuels bruits d’animaux dans le silence de la nuit.

Seul au monde et seul dans mon monde.

Il fut une autre fois où un certain ND avait eu la riche idée d’aller passer un week-end aux Liards Hotspring, aux confins du Yukon, quelque part à l’extrême-nord de la BC. Nous étions alors en mai, j’avais arrêté de bosser à Xtra Foods, le soleil brillait et nous partions entre potes en excursion. Mais (vous l’attendiez ce mais hein !) l’inattendu s’est produit: une tempête de neige a décidé de s’incruster et de pourrir notre ma nuit. Il se trouve que je n’avais emmené avec moi pour toute protection, non pas une palissade de bois mais bel et bien ma chère et tendre douillette au lieu d’investir dans un duvet adéquat. Et dans ma tente montée par je ne sais pas quel miracle, je me suis réveillé recouvert par une fine pellicule de neige qui avait réussi à pénétrer l’espace supposé clos de ladite tente. Autant vous dire que je n’ai pas fait long feu et que j’ai couru me réfugier dans le Hall du chalet/hôtel tout proche où un fauteuil m’a accueilli pour de brèves demie-heures de semi sommeil.

Plus du tout seul au monde mais au chaud dans leur monde !

La troisième (et dernière) nuit dont je vais vous parler pour ce jour nous renvoie au mois d’août 09, après mes premières armes de Bucheron. PPDO n’habite plus la colloc’ légendaire et est partie s’occuper de plein de toutous quadrupèdes tireurs de traineurs et chieurs – au premier sens du terme – devant l’Éternel. Me sachant attiré par toutes les expériences chelous possibles (et voulant aussi probablement soulager ses pauvres bras endoloris par le portage de plein de seaux remplis de têtes de poissons pourries et de morceaux de viande congelés), elle m’a donc cordialement invité à venir passer une journée ou deux avec elle, ce que j’ai accepté avec moult gratitude.

J’ai été logé dans une petite cabine, dans la taille en m² était probablement inférieure à celle de ma chambre actuelle, dénuée de tout confort moderne: ni eau ni électricité mais dotée d’un lit merveilleux et ultra confortable. Et là, à la lumière d’une bougie, confortablement blotti, chauffé par le pôele, lisant un quelconque roman venu d’un autre siècle, je me suis senti reviendu cent vingt ans en arrière, quand les goldrushers s’escrimaient à fouiller encore et encore le sol fertile du Yukon à la recherche d’une bien illusoire richesse.

Seul au monde mais plus seul dans mes mondes !

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J’ai un grain

Par , 5 novembre 2010 12 h 40 min

Ou plutôt… du fromage en grain !

J’ai en effet eu ce matin l’immense plaisir de recevoir ce matin par la poste une enveloppe plus ou moins marron, envoyée depuis le Québec par une bien aimable lectrice (que je salue bien bas au passage), tamponnée du signe Radioactif et dégageant une odeur bien particulière, me rappelant vaguement celle qu’ont les pieds ayant marinés toute la journée dans – par exemple – des chaussures de ski. Ou bien encore celle de certains de mes collocs vancouveriens quand ils rentraient bourrés tard le soir…

Mais fi de disgression, cette enveloppe ne contenant ni plus ni moins qu’un sachet de fromage en grain, c’est à dire l’ingrédient principal d’une Poutine et pour lequel j’étais prêt à sacrifier mon âme à la Belle Zébuth et autres Ça t’ennuie si on mange ?

Je vais donc pouvoir faire moult ripaille, libations, orgies et me rappeler des sensations orgasmiques du fromage faisant Kwik Kwik sous la dent, bien étalé sur une épaisse couche de frites bien grasses, bien recouvert d’une généreuse louchée de sauce brune, celle-là même qui fond la bouche et qui glisse lentement le long de glotte, allant envahir la luette et noyer les amygdales…

Je vais enfin (re)connaitre le sacro-saint mal de bide qui me fait jurer tous les saints de la Divine Création que c’est vraiment la dernière fois que je me bourre autant la panse à en couiner, que ce n’est vraiment pas sérieux, que je vais encore passer la nuit à ruminer comme le premier bovidé venu.

Je vais pouvoir me rappeler de mon cheminement poutinien, de Montréal à Trois Rivières (où se situe le Graal !) , des tentatives exotiques, canadiennes,nationales et  internationales.

En bref, je vais baffrer comme un gorêt, à m’en faire péter le ceinturon et ce ne sera que Justice

Et si d’aventure, un jour, on m’ouvrait le cœur, je me dis qu’on y trouvera une poutine miniature…

Bon appétit bien sur !

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Du travail au Canada

Par , 18 septembre 2010 0 h 16 min

Que ce soit dans un certain forum où j’ai la chance d’être un GM, dans les soirées thématiques ou dans les courriels que je reçois, revient souvent la même question:

Mais comment as-tu fait pour trouver autant de boulot en une année ?

Je ne prétends pas détenir de recette miracle mais force est de constater que je suis totalement sorti du cercle vicieux de l’animation pendant une année entière et que j’ai appliqué, avec un certain succès par moment, mes petites méthodes personnelles.

Voyons donc ensemble, et au cas par cas, les cheminements de cette année professionnelle canadienne.

Gardien de camping – Veilleur de nuit – 3 nuits et demies – 350 dollars

Simplement en allant taper à la porte de l’AFY et en demandant s’ils avaient pas du travail pour moi à court terme. Le fait d’être francophone et prêt à être abandonné dans un refuge enneigé pendant des nuits entières a du jouer également.

Grocecy Clerc – 1 mois et demi – 11,84 dollars/heure

Un français m’avait mis sur le coup dès mon arrivée. J’ai attendu de voir si je ne trouvais vraiment rien d’autre, suis ensuite allé demandé un dossier de candidature puis j’ai relancé la machine deux jours après le dépôt. Le Patron m’a alors fait passer un entretien express puis m’a embauché du jour au lendemain.

Qu’est ce qu’il faut en tirer ? Que relancer ses interlocuteurs pour se rappeler à leur existence est une composante majeure de la société nord-américaine !

Newspaper Stuffer – 1 mois – 9 dollars/heure

En répondant simplement à une petite annonce dans le journal et en me déplaçant ensuite dans les locaux. Même pas eu besoin de passer une interview, la job étant con à en crever la bouche ouverte. Mais c’est typiquement le genre d’extra à temps partiel qui permet de mettre du beurre dans la poutine à la fin du mois.

Banquet Server – 3 banquets – Salaire indéfini mais pas dégueu

Incrusté par une française qui avait besoin de main d’œuvre en urgence.

Le dépôt de CV dans le même hôtel et pour le même job n’avait rien donné… D’où l’extrême importance de développer un network local efficace.

Vendeur de Fish’n'fish – Un mois – 10 dollars/heure

A l’intox, sans aucune annonce nulle part. Je suis allé voir le patron et lui ai demandé s”il avait besoin de monde pour bosser avec lui.

Réponse positive et salaire négocié “sous la table” pour un job sympa, nourrissant et m’ayant permis de voir du festival.

Ne pas hésiter donc à solliciter et à se renseigner, ça ne coûte rien !

Woodstacker – Deux semaines – 18 dollars/heure

J’ai déjà causé longuement du boulot à divers endroit, notamment ici (ça va encore me faire un auto-ping ça…) donc je vais juste revenir sur les circonstances de l’embauche: pur hasard qu’un français bossant dans le coin m’ait entendu dire pendant une soirée que je cherchais du travail. Un coup de fil à son patron et j’étais pris le lendemain pour commencer deux jours plus tard.

Je réinsiste donc sur l’importance de créer, garder et entretenir des contacts un peu partout.

Tennis Coach – Un mois et demi – 10/13 dollars/heure

J’ai vu l’annonce sur Craiglist, y ai répondu en utilisant une Cover Letter adaptée (et copiée sur un modèle préexistant), passé un entretien (in English, of course !) puis une semaine de formation avant d’être lâché en autonomie.

Ce que j’en tire: ne jamais rater une occasion de tenter sa chance dans des domaines où l’on a tendance à se dire “c’est foutu, j’ai aucune chance” !

Kitchen Helper on Call – Guide on Call  – jamais – j’en sais rien

Entretiens passés et embauche garantie mais l’opportunité de travailler ne s’est jamais présentée. J’avais dans les deux cas cherché des contacts dans différents endroits (musées, restos) puis envoyé des mails pour me présenter et enfin été sur place pour une rencontre informelle. Ça aurait pu déboucher sur du concret avec un peu plus de chance…

Donc, mes petites recettes persos pour survivre dans la Jungle du travail canadienne:

- Ce qui est vrai en France ne l’est pas forcément là-bas: motivation, confiance en soi et culot paient bien plus souvent que ce que l’on croit.

- Rien n’est impossible. Et chaque offre où l’on se dit “Je postulerais bien mais…” est une opportunité potentielle gâchée.

- Balayer tous les réseaux possibles et ne rien négliger (journaux, internet, bouche à oreille).

-Vive les candidatures spontanées suivies de relances.

- CV local obligatoire, english spoken and understood, please !

- Les Job Fair, Job Area et Career Zone sont des mines d’or pas uniquement réservées aux canadiens.

Voila, vous savez tout (ou presque) donc…

Que le travail soit avec vous !

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Les endroits improbables

Par , 14 septembre 2010 17 h 41 min

Petit retour (nullement en noir et blanc) sur l’un des aspects les plus enchanteurs de mes voyages nord-américains: les endroits les plus improbables de la Création, situés en dehors des itinéraires préconçus, loin de toute Interstate et qui ne se découvrent qu’après avoir crapahuté des centaines de miles dans un Ta2boo légendaire.

Ils ne méritent pas le détour, ne seront probablement jamais recommandés ailleurs qu’ici et ne valent leur mise en valeur qu’à un sentimentalisme aigüe de ma part couplé à cette volonté éternelle d’aller se planquer in the middle of nowhere.

Here we go donc découvrir ces endroits improbables (et pourtant problés !).

Quiet Man Creek

Situé quelque part le long de l’Alaska Highway, introuvable sur Google Maps, déjà évoqué à deux reprises sur ce blog, c’est un trésor perdu dans la cambrousse yukonnaise, qui nécessite de rouler quelques kilomètres sur une route caillasseuse, sans aucune indication autre que les traces de pneus dans la boue. On y trouve un espèce de camp de prospection minier, deux caravanes abandonnées avec des vêtements encore pliés sur une chaise, un stand de tir à la carabine signalé par un amas de bouteilles cassées et surtout des WC avec pour porte-pq… des bois de caribous. Une inscription sibylline sur le mur d’une des baraques: This camp is your. Use but don’t abuse.

Pieréniko ont ainsi résumé cet endroit: L’un des seuls coin où un serial-killer pourrait rester planqué des années.

Le positif: Y a de quoi se poser pépére et c’est vraiment pas fréquenté vu que c’est introuvable.

Le négatif: C’est introuvable et y a des drôles de bruits la nuit par moment.

Coulee City

Georginou et moi voulions découvrir l’Amérique profonde, ses petites villes perdues dans l’immensité des plaines, ses équipes de Foot US, ses brasseries locales et tout le toutim habituel. Et bien nous l’avons fait, avec ce bled paumé au beau milieu de l’Etat de Washington, ses 600 et quelques habitants , son collège et son unique supermarché. On y est arrivés, on a visité (sans sortir de Titine) et on est repartis aussi sec.

Pourquoi alors vous en parler ? Parce que c’est probablement la ville donc on se souviendra longtemps vue la crise de fou-rire qu’on a eu en y arrivant et qui a mis un sacré moment à nous lâcher (Gros morceau de Private Joke Inside).

Le positif: Une brasserie locale et UN réseau wifi.

Le négatif: Le reste.

Le site off’ de la ville

Quelque part entre Townsend et Ringling (Montana)

Après une dure journée de voiture, on se décide à chercher un coin où dormir. Vous connaissez la suite de ce passage légendaire… Porte de Titine mal fermée, Barbacedric gelée, eau gelée et Ta2boo transformé en frigo géant. On se barre donc très tôt (6 heures du mat’ !) après avoir prié pour que le froid n’ait pas tué les rouages du Monstre. Jusque là, tout allait – relativement – bien. Ca a commencé à partir en quenouille lorsqu’on s’est aperçus de la présence d’une lueur rougeâtre sur le tableau de bord qui n’était autre que le témoin d’essence nous rappelant gentiment que nous avions omis de faire le plein la veille.

On a donc roulé tout doucement, tout calmement sur les routes enneigées, en compulsant de manière frénétique la carte routière à la recherche d’une pompe hyper illusoire dans ce coin des US où la population de bestiaux est supérieure au nombre d’habitants.

Finalement, la lumière est venue, non pas de Laurent Blanc mais bel et bien d’un arrêt chasseur situé Jsépazou( d’où l’imprécision géographique) où nous avons mangé le plus délectable des petit-déjeuners, à base de saucisses, de tomates et de Jséplukoi mais qui était super bon et qui nous a permis de repartir de bonne roue vers Yellowstone.

Le positif: La famille – jamais sortie du Montana – super sympa tenant le lieu.

Le négatif: La température…

L’aire d’autoroute de Bismarck, North Dakota

Si vous vous rappelez correctement, nous avons traversé les n’Usa avec PPDO et son Aerostar béni des dieux. Mais qui dit traversée dit arrêt qui dit nuit qui trouver un endroit où dormir. Or, fort déplumés que nous étions, c’est logiquement que nous avons utilisé l’aménagement intérieur de la Titine virginienne (côtée 4* par moi-même). Mais le problème se posait pour trouver un endroit où garer ce truc (j’suis en manque de synonymes…) sachant que les aires de repos sur les Interstates sont aussi rares que les castors vivants dans l’entourage immédiat d’un certain Mr. Evadéo (nouvelle Private Joke Inside).

Mais un soir, nous sommes tombés -sans trop de bobos – sur cette perle: une aire propre, avec plein de documentation, du wifi gratuit, un grand parking pas trop éclairé et des sanitaires juste parfaits.

Le positif: La meilleure aire de tous les USA.

Le négatif: C’est dans la Dakota du Nord…

Cortez, Arizona

Un bled classique, bourré de fastfood bien ricains, de quelques brocantes et d’une multitude de garages. Ce qui a nous a valu d’aimer cette ville: on y a trouvé, avec Georginou, le vendeur de pneus le plus cool de tout le continent. Ce qui nous a permis cette rencontre: le fait d’avoir crevé la veille à la sortie de Mesa Verde et de penser (à tort) que le pneu de rechange avait lui aussi crevé entre temps…

Bref, après une nuit mémorable passée quelque part sur le bas côté d’une route départementale (ou son équivalent US…) à écluser les multiples packs achetés pour l’occasion, à envisager la suite du voyage si Titine venait à ne pas repartir et à finalement (bien mal) dormir, nous sommes partis explorer Cortes et tenter de sauver notre Titine.

La scène une fois le vendeur rencontré et le problème expliqué:

- Hum… Vous vous allez où avec… ça ?
- San Francisco !
- Je présume que vous voulez pas un pneu neuf  ?
- Euuuuuh… Nan ?
- Bon alors, on va mettre l’arrière gauche à l’avant droit, l’avant gauche en roue de secours et je vais essayer de vous trouver l’option la moins chère… en espérant que ça tienne jusqu’en Californie…
- Merciiiiiii !

Au final, cinquante dollars de facture et une bonne tranche de rigolade avec notre pote le vendeur (moult et moult fois remerciés entre temps !).

Le positif: Big’O Tires, ce sont les meilleurs.

Le négatif: Rien à voir en Cortès en dehors de ça…

Voila, c’est fini pour l’épisode premier des lieux improbables, rubrique qui reviendra surement tantôt, en fonction des souvenirs.

C’était Cedric, à vous les Studios !

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Si vous me faisiez partir ?

Par , 29 avril 2010 15 h 12 min

Une fois n’est pas coutume, je vais faire appel à votre inconditionnel soutien pour un jeu très bête mais qui peut déboucher sur un truc bien marrant: un tour du monde en 80 jours.

C’est organisé par France Soir et ma page se trouve quelque part par là:

http://reportour.francesoir.fr/CedricTinteroff

Alors n’hésite pas, faites tourner (comme disent les jeunes…) ou sinon oubliez simplement ;)

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