Athol ou à cri

Perdu dans l’immensité des montagnes, le charmant bled d’Athol, constitué de deux cafés, d’un magasin de pêche et d’une caserne de pompiers est probablement l’endroit le plus improbable où j’ai pu mettre les pieds depuis trois mois.

En effet, qu’est ce qui a bien pu me pousser à accepter l’offre faite par l’HelpX local d’aller bosser chez eux pour quelques deux semaines ? Pourquoi ai-accepté ce contrat démoniaque qui semblait si attractif ?

Il est vrai que me contacter en chantant mes louanges et en insistant fortement sur le fait que mes talents de bucheron étaient urgemment requis est probablement le meilleur moyen de me voir débarquer dans la minute, surtout quand je suis bloqué dans Queenstown la démoniaque, l’expensive, la maudite et qui a réussi à me faire claquer une somme indécente en seulement 4 jours.

Toujours est-il que j’en suis donc à mon quatrième jour de par ici et que je ne me suis jamais autant emmerdé dans un HelpX so far. J’en ai effet eu l’insigne et indicible privilège d’exercer depuis lundi un travail hautement qualitatif, absolument passionnant et définitivement ajoutable à mon CV:

  • Ratisseur de feuilles mortes.

Et je peux vous dire que ces satanées feuilles, comme dans la chanson éponyme, se ramassent vraiment à la pelle, à la brouette, à la remorque. Nous n’en voyons pas la fin avec mon rosbeef de collègue, jeune helper qui découvre ici les joies du travail non-rémunéré.

Heureusement, l’accomodation est plutôt acceptable avec un grand bâtiment tout de bois vêtu, une belle cuisine (sans ampoule) et une vue vraiment pas dégueulasse sur le décor environnant. De même, les hôtes, Liz et John, quand ils ne se foutent pas sur la gueule (verbalement parlant), sont de charmants personnages tous les deux sauf un, le John, plus porté sur la bouteille que sur le boulot, parlant avec un accent aberrant et se planquant pour fumer (après XX² années de voyage).

Bref !

Je ne passerai ici qu’une semaine, retournant sur les routes de la NZ et montant probablement vers Wanaka, trimballant avec moi cette solitude grasse qui me colle à la peau, pellicule cutanée dont j’ai le plus grand mal à me débarrasser mais qui est quelque part ma signature et mon envie de vivre, loin des hordes touristiques que j’abhorre et qui sont, de toute façon, vouées aux gémonies éternelles et à la damnation assurée !

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