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Le 700ème

700 articles.

Qui aurait pu croire, quand j’écrivais  The Neverending Story, le tout premier de la série, en février 2009, que ce blog continuerait à vivre aussi longtemps après ? Qui aurait pu penser que son existence irait bien au-delà de ce PVT canadien pour lequel il avait été conçu, programmé, créée ? Qui d’autre que moi, en fait, pensait réellement qu’il pourrait devenir quelque chose d’autre, quelque chose de différent, quelque chose de conséquent ?

De vous à moi, j’en suis presque autant le premier surpris que le premier ravi. C’est donc pourquoi, en lieu et place du nouvel épisode de la série #LostInMoravia, je vous propose une petite plongée en ma compagnie, dans les méandres et abysses de ce lieu, à la découverte sous-bloguine de quelques pensées, réflexions et autres songeries propres à chaque auteur, blogueur, écrivain ou autre.

Dans tous les cas:que vous lisiez une seconde ou une heure, que vous restiez ou que vous vous enfuyiez, que vous soyez un fidèle de la première heure ou un conquis de la dernière minute: merci à vous d’être encore et toujours là !

Le 700ème (et surement pas le dernier !)

Au commencement

Quand j’ai créé ce lieu, j’avais déjà derrière moi un certain passif de blogueur. J’avais tenu, pendant deux années, un premier blog nullement thématique, où je m’épanchais en long et en large sur ma vie estudiantine, mes premiers amours irlandais (déjà !) et où je racontais inlassablement les épisodes de mon existence. Il fut hébergé sur blogspot puis sur free et dotclear, avant d’obtenir son propre domaine et de vivre de belles histoires et de mourir de sa belle mort, entre lassitude et hébergement non renouvelé.

(…)

Bien plus tard, mon départ au Yukon fut l’occasion rêvée de repartir dans une nouvelle aventure, avec une partenaire de choc (PPDO, que je salue bien bas au passage d’ailleurs) qui me briefa très vite sur WordPress et les différents plugins. En 5 minutes et des brouettes, « Un Voyage au Yukon » était né, templaté, pluginé et ready for da big adventure. Son but, à l’époque, était bien simple: tenir mon cercle proche au courant de l’épopée, foutre des photos et parloter, gentiment, de ce qui se passait au quotidien dans les latitudes extrêmes vers lesquelles je me dirigeais. Ce que je n’avais pas du tout prévu, ni même envisagé, c’est que mes écrits allaient, toutes proportions gardées, dépasser de loin ledit cercle proche.

J’ai ainsi découvert (ou pris conscience) que je pouvais attirer et même conserver des lecteurs qui prenaient gout à lire ce que je produisais et qui m’encourageaient même à continuer, à aller plus loin, à raconter encore et encore.

Une page s’est tournée

Une fois le PVT terminé et mon retour en France effectif, il a bien fallu que je décidasse.

Que faire de ce blog ?
Le garder, le conserver, l’idolâtrer et pleurer des larmes de sang sur les épisodes du passé ?
L’effacer, le rayer, le détruire et le faire disparaitre à jamais de ma vie ?

Aucun des deux mon capitaine et vogue la Galère !  J’ai continué, comme si de rien n’était, à le remplir de mes racontars, de mes récits, de mes histoires, de mes états d’âme, de mes coups de sang et de mes coups de cœur. Et le pire, c’est que ça a marché: ceux qui me lisaient au Canada ont continué à le faire, mon lectorat n’a pas chuté en masse et le petit navire a gaiement flotté vers de nouveaux rivages.

Le seul souci, en fait, qui se posait, c’était le nom: « Un voyage au Yukon », alors que je n’étais plus vraiment là-bas: argument de vente ou élément négatif ? J’ai choisi de le conserver et de ne pas repartir à zéro, histoire de conserver mon beau ranking google en état.

Une transition aussi douce que bordélique

Entre la fin du Canada et le début de la Nouvelle-Zélande, j’ai sévèrement ouvert le rayon de mes contenus. D’un blog de PVTiste nordique, UVAY est devenu un blog de voyage(s), se diversifiant toujours un peu plus. Les errances en Islande, Russie, Estonie ont donné lieu à de belles séries, entrecoupées par le (gros) trou de la saison d’hiver 2010/11 où j’ai bien cru arrêter le blogging (trop de boulot). Heureusement, mon choix de partir en WHV Kiwi a relancé la machine pour de bon et m’a redonné l’envie d’écrire et de partager.

Ce qui est marrant (ou pas) d’ailleurs, c’est que ce voyage chez les Hobbits n’aurait jamais du être raconté ici. J’avais en effet prévu de créer un nouveau site voisin, intitulé « Danse avec les Kiwis » et hébergé sur le même domaine. Finalement, et grâce aux conseils avisés d’une certaine Mumu, tout est resté ensemble au même endroit, permettant ainsi que conserver une ligne narrative du meilleur aloi et d’éviter une dispersion qui eut été malencontreuse.

Une fois le WHV achevé, un nouveau dilemme s’est posé: continuer ou arrêter, sachant bien que « continuer » signifiait simplement passer à une nouvelle étape, celle de la professionnalisation et de la précarité dans toute sa splendeur !

Entre vouloir et pouvoir

Si j’en crois ma vie actuelle, il semblerait que ma plume puisse, dans une certaine mesure, convenir et me permettre de (sur)vivre. Cependant, entendons-nous bien: entre vouloir vivre d’icelle et le pouvoir, la marge est immense, démesurée, incalculable. Je suis certes rémunéré pour écrire des choses. Il semble même que ces choses correspondent à des attentes puisqu’on me propose régulièrement de nouvelles collaborations. Mais, cela est-il une preuve irréfutable que je dispose d’un quelconque talent, d’une quelconque facilité, d’une quelconque capacité ?

Je ne détiens pas la réponse malheureusement.
Ce que je sais, a contrario, c’est que j’aime ce que je fais et que j’aime écrire, sans que cela ne constitue un argument décisif.

Et le futur dans tout ça ?

Doucement, tout doucement, les choses avancent.

Les voyages sont toujours là, les communautés sont actives et le contenu semble se diversifier. La ligne éditoriale ne bouge pas et je continue à ne pas écrire lorsque ça me fait chier, lorsque ça m’emmerde, quitte à passer une semaine à me torturer avant d’entamer la rédaction d’un nouvel article.

Bientôt, en août, ce sera la Belgique puis, dans un laps de temps plus lointain, ce fameux retour au Yukon qui tient tant à cœur.

En attendant de voir et de lire tout ça, je vous donne rendez-vous dans X temps, pour le millième article !